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Grève fantôme dans le commerce : « Ça va aller crescendo »

La grève dans le secteur du commerce a pris effet ce lundi matin, et pourtant difficile de trouver des banderoles, des rideaux baissés ou même des grévistes dans la vaste majorité des magasins. Seule véritable action : Socimat, où une quarantaine de salariés ont tenu un piquet et semblent avoir posé les bases d’un accord avec la direction dans la journée. Échec de cette mobilisation centrée sur les jours de carence ? Non, assure la CSTP-FO, qui, aux côtés de Otahi, la CSIP et O Oe To Oe Rima, dit vouloir étaler le mouvement dans la durée par « stratégie ». L’idée serait de mener le conflit établissement par établissement.

Pas de piquets devant les supermarchés, pas de rideaux baissés devant les boutiques, ni de banderoles visibles devant les entrepôts, sans compter la grande discrétion des syndicats pendant toute la journée… La mobilisation annoncée par quatre des cinq centrales représentatives du pays est loin d’avoir perturbé le secteur du commerce ce lundi, date de départ du préavis transmis à la FGC, la CPME et plusieurs gros employeurs la semaine passée. Le groupe Carrefour, par exemple, ne comptait qu’une dizaine de grévistes déclarés parmi ses 1 200 salariés au fenua ce lundi, plusieurs autres groupes ne disent avoir enregistré aucun gréviste… Les organisations patronales parlent d’une mobilisation « epsilonesque ».

Peu de mobilisation, mais « une stratégie »

Ni l’objet principal de la mobilisation – la prise en charge des jours de carences lors du troisième arrêt maladie consécutif – ni les 16 autres revendications du cahier – allant de hausse généralisée des salaires à une taxe de 4% sur les ventes destinée aux salariés – n’ont semble-t-il suffit à faire lever les militants. Mais les centrales, elles minimisent ce démarrage en demi-teinte, d’après elles volontaires. Plusieurs responsables assure qu’il n’y a pas eu « d’appel généralisé » à la mobilisation, malgré l’entrée en action du préavis ce lundi. L’objectif serait plutôt d’inscrire le mouvement dans la durée, et de négocier des avancées entreprise par entreprise.

Une ligne « stratégique » notamment portée par la CSTP-FO, syndicat majoritaire dans le commerce. « C’était une stratégie de se consacrer d’abord aux délégués qui ont travaillé et qui ont compris l’intérêt de la grève », explique Patrick Galenon, secrétaire général du syndicat. « Nous avons déposé des préavis de grève, mais il y a d’autres préavis de grève qui vont prendre cours dans les jours qui viennent. Et il y en a tellement, je ne me rappelle plus », ajoute le syndicaliste.

Moeava Helme, permanent syndical de la CSTP-FO, détaille le calendrier de ces actions perlées : « Mercredi matin, tu as Champion Paofai qui rentre en grève et Monsieur Bricolage. Et demain, je dépose un autre préavis pour le groupe Shop Tahiti, comprenant Surfrider, Billabong, Vaima, Nike… Donc c’est grève effective lundi prochain. Et ça va aller crescendo, je pense, parce que t’en as d’autres qui vont rejoindre le mouvement en cours de route. »

« Une victoire pour Socimat »

Face à cette mobilisation en pointillés, certains cas sont toutefois mis en avant par les syndicats comme des réussites. C’est le cas de Socimat, où une quarantaine d’employés, issus de l’ensemble des sites, se sont rassemblés ce mardi devant le magasin de Faa’a pour un piquet de grève. « Par site, c’est près de 80 % des employés qui se sont mobilisés », assure Arthur, responsable de dépôt et délégué du personnel, également délégué syndical CSTP-FO. Des négociations ont été menées sur des revendications propres à l’établissement, et un terrain d’entente semble avoir été trouvé avec la direction. « Il y a 5 sites qui se sont rassemblés aujourd’hui pour négocier, trouver des accords en fonction des revendications. Actuellement, on a trouvé un accord, mais maintenant, il reste à signer le protocole pour la levée du piquet de grève, précise l’employé de Socimat. Normalement, si ça se passe de la bonne manière, on reprend le travail demain. »

Les négociations ont porté sur les quatre points principaux discutés depuis déjà quelques mois, « c’est-à-dire le délai de carence, qui ne sera pas appliqué dans l’entreprise. Ensuite, l’augmentation de 10 % sur les salaires, même si on a réussi à négocier que 5 %, c’est déjà une victoire, explique Arthur Puteitihou. Ensuite, le troisième point concerne l’indemnité de départ à la retraite. Donc, ils vont appliquer justement ce que les conventions nous proposent. Et enfin, le point numéro quatre, ce sera le harcèlement. »

Si la mobilisation de ce lundi n’avait pas de quoi impressionner, les organisations patronales entendent bien s’organiser pour faire face au mouvement. La FGC doit tenir un conseil d’administration ce mardi et décider ou non de reprendre les discussions avec les syndicats.

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