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Jeux, aérien, et « crise politique »… L’exécutif face à des questions de fond à Tarahoi

Programmée spécialement pour faire voter la proposition d’abrogation de la réforme du RNS, la séance plénière de ce jeudi 21 mai sera aussi l’occasion pour les élus de l’assemblée d’interroger le gouvernement Brotherson sur des débats brûlants. Au menu : les doutes persistants sur les annonces concernant les bassins de Tahiti 2027, l’avenir de la DSP sur le transport aérien inter-îles, les moyens de la Diren pour contrôler les installations potentiellement polluantes, les pesticides… Et l’avenir du gouvernement lui-même. Après le Tavini, c’est le Tapura qui demande au président du Pays de « tirer les conséquences politiques de son isolement » pour mettre fin à la « crise politique et institutionnelle ».

Si la proposition de loi du Pays sur l’abrogation du RNS devrait, malgré une majorité acquise entre le Tavini, le Tapura et Ahip, faire l’objet de nouveaux débats ce jeudi, la séance plénière de l’assemblée sera aussi l’occasion pour les élus d’aborder plusieurs débats épineux au travers des questions au gouvernement. À commencer bien sûr par le dossier rocambolesque des piscines de Tahiti 2027. C’est Édouard Fritch et Tahuhu Maraeura qui interrogeront le gouvernement sur ses nouveaux plans sur le terrain Aorai, annoncés après une pression du PGC pour faire reconsidérer les annonces précédentes qui localisaient les épreuves à Tipaerui. Les élus autonomistes, étonnés par le calendrier de 9 mois présenté samedi, demandent une « transparence totale, sans passe-droit, sans marché déjà ficelé, et que chaque étape sera réellement conforme aux principes qu’il proclame« . Vu les errements passés, ils exigent du président qu’il s’engage « solennellement devant cette Assemblée à ce que l’ensemble de la procédure fasse l’objet d’une information détaillée et d’un contrôle strict de la représentation du pays, afin que les Polynésiennes et les Polynésiens ne découvrent plus les décisions a posteriori, mais puissent enfin connaître, en toute transparence, la réalité de ses actes« .

Même vigilance du côté de Nicole Sanquer qui relaiera l’inquiétude des archipels concernant la prolongation de seulement deux mois la DSP d’Air Tahiti du transport aérien inter-îles, avant d’envisager un renouvellement limité à une année. « Le gouvernement envisage-t-il de revoir sa position, interrogera la députée et présidente de A here ia Porinetia, afin de garantir une prolongation pluriannuelle de la DSP, d’une durée minimale de trois à cinq ans, permettant d’assurer la stabilité nécessaire aux populations, aux investisseurs et aux salariés concernés, dans l’attente de la mise en œuvre des orientations définitives du futur schéma directeur ? »

Poti marara, internats, ICPE et pesticides

D’autres questions sont moins polémiques. Teremuura Kohumoetini-rurua, suite au décès de Léonard Deane, demandera au gouvernement d’engager une démarche officielle de reconnaissance patrimoniale et de protection juridique du poti marara comme « invention emblématique de notre Pays », ainsi qu’un soutien à la « transmission de cet héritage » et au travail de mémoire. La représentante Tavini originaire de Moorea reprendra également la parole au sujet du suivi des installation classées pour la protection de l’environnement (ICPE) au fenua, citant plusieurs sujets de Radio 1 sur la fosse à ciel ouvert de la Punaruu qui n’a quasiment pas été contrôlée en plus de quarante ans d’existence, dont une bonne partie sans autorisation valable. Une question qui touche à la stratégie d’inspection de la Diren, mais plus globalement aux moyens du pays pour faire respecter son droit environnemental.

Maite Hauata-ah Min, toujours côté Tavini, interrogera la ministre de l’Éducation sur les marchés publics lancés sur les dispositifs Wei (Week-ends éducatifs en internat) et Plei (programmes de loisirs éducatifs en internat), dont les cahiers des charges inquiètent les associations. Edwin Shiro-Abe-Peu du groupe A Fano Ti’a, questionnera le ministre de l’Agriculture sur les budgets alloués aux formations phytosanitaires, et à la protection de la production locale contre des denrées importées de pays moins regardants sur les pesticides.

Une « crise politique et institutionnelle depuis plusieurs semaines que nul ne peut désormais ignorer« 

Enfin, le Tapura apportera la dernière touche à cette séance de questions relevée, avec Édouard Fritch et Tepuaraurii Teriitahi qui interpelleront Moetai Brotherson sur la « crise politique et institutionnelle que nul ne peut désormais ignorer« . La question semble rapprocher le groupe autonomiste, qui a jusque là refusé de participer à l’instabilité en faisant tomber le gouvernement, des demandes du Tavini sur une démission du président du Pays, désormais chef de file de A Fano tià. « Comptez-vous enfin tirer les conséquences politiques de votre isolement et de l’absence de majorité pour engager une nouvelle gouvernance capable de rassembler, ou choisirez-vous de vous maintenir au pouvoir coûte que coûte avec entêtement et obstination au risque d’enfoncer davantage notre pays dans une crise institutionnelle et politique dont personne ne veut ?« 

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