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À l’aéroport de Tahiti-Faa’a, derniers préparatifs avant la réouverture du ciel

Le premier vol ouvert au tourisme en provenance des États-Unis est attendu lundi à l’aéroport. Mais dès ce samedi, un nouveau protocole sanitaire, plus contraignant que celui qui avait été appliqué lors de la réouverture des frontières au mois de juillet, sera en vigueur. Ce matin, Dominique Sorain et Édouard Fritch passaient en revue le dispositif à Tahiti-Faa’a.

Répétition générale, ce matin, à l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Sur scène, le personnel d’ADT, de la direction de la Santé, de l’Arass, les services de l’État ou encore les équipes de l’Institut Malardé, tous en place pour « simuler » l’arrivée des premiers voyageurs soumis au nouveau protocole sanitaire, en application ce samedi 1er mai.  La ligne Tahiti – Los Angeles – Tahiti, assurée par ATN à raison de trois fois par semaine dans un premier temps, est la seule sur laquelle il sera possible de voyager pour des raisons de tourisme, d’évènement ou d’investissement. « Mais quelle que soit la provenance ou le motif, le protocole sanitaire s’applique », précise Hervé Varet. Depuis les portes du terminal, donnant sur le tarmac, jusqu’aux tapis à bagages, en passant par les douanes, le directeur de l’Institut Malardé détaille le parcours de chacun des arrivants.

Garde-fous

Depuis le 15 juillet dernier, tous les voyageurs sont tenus de fournir un test RT-PCR négatif pour pouvoir monter dans l’avion, et ce document, de même que les informations communiquées via la plateforme numérique Etis, et la plateforme de l’État qui autorise les voyages, seront dûment vérifiés à l’arrivée. Mais la nouveauté, c’est le test antigénique rapide pratiqué par les équipes de l’Institut Louis Malardé à la sortie de l’appareil. Des petites cabines individuelles ont été installées dans le terminal pour procéder aux prélèvements, qui serviront de base à un deuxième test, RT-PCR cette fois, dans les laboratoires de l’ILM. « Tout le monde y est soumis y compris les personnes vaccinées ou immunisées », insiste Hervé Varet. Ces derniers, s’ils présentent les justificatifs nécessaires et sont bien confirmés comme négatifs, pourront sortir librement, avec en poche un kit de prélèvement à retourner quatre jours après leur arrivée. Ce « Cov-check » qui a permis, entre juillet et février, de dépister une centaine de cas positifs chez des arrivants, reste donc un autre « garde-fou ». « On a leur itinéraire de voyage, il n’y aura pas de problème pour les rattraper », assure Édouard Fritch.

Les vols d’ATN depuis les États-Unis étant annoncés comme pleins pour les premières semaines, ce seront près de 300 personnes qui devraient débarquer en même temps. Comment, dans ces conditions, s’assurer qu’un cas positif ne transmette pas le virus à tous les autres passagers ? Pour Jean-Michel Ratron, le risque est limité, par le test à J-3 et la proportion de voyageurs déjà vaccinés. « Et les gestes barrières seront respectés, explique le PDG d’ADT. Sur le port du masque, bien sûr, mais on a aussi mis en place un sas qui permet de gérer les flux à l’entrée de la zone de test » et ainsi respecter au maximum la distanciation sociale.

En cas de test antigénique positif, une zone est également prévue dans l’aéroport pour mettre les passagers à l’isolement – avec un parent s’il s’agit d’un mineur – avant qu’ils soient orientés vers un centre d’isolement dédié.

Phase de transition

Malgré toutes ces mesures, ni Dominique Sorain ni Édouard Fritch, probablement vaccinés par la première réouverture du pays en juillet dernier, ne se risquent à des promesses sur l’imperméabilité du protocole. « Avec la Covid, tout est possible », relativise le président du Pays, pour qui cette reprise du tourisme sur le marché américain est autant un « premier pas » qu’un test pour une « réouverture plus large ». « Si on avait tenu le même raisonnement que pour les États-Unis avec la métropole, on aurait eu à gérer un afflux massif de touristes, complète le Haut-commissaire. Compte-tenu des taux de contamination, on aurait risqué beaucoup plus ».

Le protocole, très lourd au niveau logistique et financier, ne pourra pourtant pas être laissé en place ad vitam eternam. Les autorités le répètent : pour l’alléger, il faut avancer dans la protection des Polynésiens, par la vaccination. Mais hors de question, à ce stade, de faire des pronostics sur la levée complète des motifs impérieux. « Tout dépendra de la situation sanitaire sur place », répondent en chœur les représentants du Pays et de l’État. La décision de réouverture du tourisme américain a été prise alors que le taux d’incidence était à 135 cas pour 100 000 habitants sur 7 jours sur place. Il est aujourd’hui à 110, ce qui confirme la bonne dynamique de l’épidémie côté américain. En France, l’incidence oscille autour de 300, avec des pics à plus de 400 dans certaines régions. Autre différence majeure : 55% des adultes américains sont vaccinés, contre 22,2% des Français.

Étudiants : « Vous pouvez faire revenir vos enfants »

Édouard Fritch a profité de cette visite pour rassurer les parents sur le retour des étudiants métropolitains, qui devraient finir leur année universitaire entre le mois de mai et le mois de juin. « Vous pouvez faire revenir vos enfants », assure le président, qui avait déjà précisé qu’un retour au foyer était interprétable comme un motif impérieux de voyage. Mais le protocole sanitaire, lui, est beaucoup moins souple : les étudiants n’étant pour la plupart pas vaccinés puisque la campagne de vaccination métropolitaine se fait par tranche d’âge, ils devront aller en quarantaine à leur arrivée. Beaucoup de foyers ne permettant pas d’assurer un isolement de voyageur, le président « propose » donc aux étudiants d’être orientés, à leur arrivée, vers le CHE d’Outumaoro, délaissé par les étudiants de l’UPF pendant les vacances. Ils pourront y être vaccinés dès le lendemain de leur arrivée avec le vaccin monodose Janssen. Si le test à J+4 confirme leur négativité, ils pourront terminer leur isolement au domicile familial, « toujours en respectant l’isolement et sous surveillance ». Comme les autres, ce ne sera que le test à J+8 qui leur permettra de sortir.

 

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