ACTUS LOCALESSANTÉ À l’hôpital de Raiatea, des renforts d’urgence pour « assurer la continuité du service » Charlie Réné 2025-05-30 30 Mai 2025 Charlie Réné Après l’alerte lancée par la CSTP-FO à propos du manque d’effectifs à l’hôpital d’Uturoa, passé « tout près du préavis de grève », la Direction de la Santé a pris ses dispositions pour éviter que les urgences ou d’autres services ne subissent des fermetures momentanées. Trois contrats d’infirmiers, en attente depuis des semaines, ont fini par être validés, des renforts d’urgence sont attendus dans les jours à venir, et des recrutement au plus long terme sont prévus, notamment sur cinq postes de médecins. Les autorités estiment aussi que la réforme des établissements publics de santé, qui doit bientôt être étudiée à Tarahoi, permettra des recrutements plus réactifs à l’avenir. Lire aussi : Nouvelle alerte sur les effectifs à l’hôpital d’Uturoa À Uturoa, « on est passé tout près du préavis de grève », souffle-t-on à la CSTP-FO. Le syndicat avait relayé mercredi l’inquiétude, si ce n’est la colère, des soignants de l’hôpital de Raiatea, qui observaient des « trous béants dans le planning ». Le Dr Philippe Dubois, secrétaire général du syndicat du personnel soignant des îles Sous-le-vent, affilié à la CSTP-FO dénonçait la vacance de plusieurs postes d’infirmiers et de médecins dont certains avaient pourtant fait l’objet de candidatures et de transmissions de dossier vers les services administratifs du Pays. Résultat : l’établissement, selon le syndicaliste, risquait d’être privé de service d’urgences dès ce weekend, et durant les nuits la semaine prochaine, voire même de service de chirurgie. Trois contrats débloqués Le Pays tient ce vendredi à rassurer les habitants de Raiatea : « Tout est mis en œuvre pour assurer la continuité des soins, en particulier celle du service des urgences », écrit le ministère de la Santé, qui a beaucoup échangé, ces derniers jours, avec le personnel d’Uturoa, la CSTP-FO, mais aussi le Ministère de la Fonction Publique et la Direction des talents et de l’innovation (DTI), où certains contrats, semble-t-il, étaient bloqués. La Direction de la Santé assure ainsi que deux infirmières prendront bien leur poste ce lundi 2 juin pour éviter une rupture de service, qu’une troisième commencera son contrat le 9 juin pour une durée d’un an… Et que des renforts temporaires d’infirmiers diplômés d’État (IDE) seront mises en place à l’hôpital « afin de soutenir l’effectif soignant dans les services, fragilisé par plusieurs facteurs non maîtrisables en matière de ressources humaines ». Des renforts d’urgence et des embauches entre juin et septembre Du côté des urgences, les trois médecins présents ont tenté d’absorber au maximum les gardes, vu les absences sur certains postes, mais « dans le respect de la règlementation en vigueur », assure le gouvernement. « Grâce à l’engagement de ces médecins, ce service est resté malgré tout opérationnel depuis le 26 mai jusqu’au 29 mai 2025, précise la direction de la Santé. De même, une organisation spécifique a été mise en place, en concertation avec les médecins de l’hôpital toutes spécialités confondues pour garantir une permanence de l’offre de soins sur la journée du 30 mai 2025, de la prise en charge médicale à l’accueil du service des urgences de l’hôpital ». Un médecin vacataire a été sollicité pour venir en renfort des urgences la semaine prochaine. Au plus long terme, les autorités sanitaires assurent que « cinq nouveaux médecins rejoindront l’établissement entre juin et septembre 2025 pour des missions de 6 mois à 1 an ». Bientôt des recrutements plus réactifs ? Pour expliquer la tension des effectifs à l’hôpital d’Uturoa – pas une nouveauté dans cet établissement qui a connu plusieurs préavis de grève ces dernières années sur ce sujet – la Direction de la Santé met en avant la « tendance croissante des professionnels à rechercher des missions courtes », alors que le Pays privilégie des « engagements de longue durée ». Les procédures administratives de recrutement, qui « peuvent s’étendre sur plusieurs semaines », sont aussi en case, reconnait la direction, pas seule sur ce sujet, puisque les dossiers passent par la DTI. « Pour y remédier, une réforme des établissements publics de santé (EPS) est en cours, précise le gouvernement. Le passage du texte à l’Assemblée de Polynésie française est prévu prochainement. Elle vise à permettre aux hôpitaux périphériques, dont celui d’Uturoa, de faciliter le processus de recrutement et de réduire les délais ».