ACTUS LOCALESENVIRONNEMENTSANTÉ Alerte à la prolifération de taramea à Moorea Arthur Fitoussi 2025-06-20 20 Juin 2025 Arthur Fitoussi Acanthaster ou taramea. © DR Restez vigilants : une prolifération de taramea, ces étoiles de mer épineuses également appelées « couronnes d’épines », est constatée depuis plusieurs semaines à Moorea, notamment du côté de Temae. Une espèce bien connue mais encore assez mal comprise par les scientifiques, qui s’avère être dangereuse et dégrade le récif. Depuis quelques semaines, une expérimentation entre « la Diren, le Criobe et avec l’aide des pêcheurs de Moorea » est menée pour limiter leur accumulation. Ces derniers jours, plusieurs personnes ont signalé leur présence de plus en plus nombreuse à Moorea. Sur les réseaux, une utilisatrice indiquait les avoir vues sur « la côte sauvage de Temae à proximité du ‘bain’ devant le golf ». L’Acanthaster planci, cette espèce venimeuse, est naturellement présente dans l’écosystème. C’est lorsqu’elle devient invasive qu’elle s’avère nocive pour les récifs, sa principale source de nourriture. Olivier Poté, directeur des services techniques de la mairie de Moorea, explique que la prolifération de cette espèce est encore assez mal comprise et relève d’une tendance observée ces dernières années : « Les taramea, ce n’est pas une espèce introduite récemment, elle a toujours été présente dans le Pacifique. Elle fonctionne par ce qu’on appelle la pullulation, c’est-à-dire qu’il y a une population qui va rester en permanence dans le lagon, et puis il y a des phénomènes qui vont déclencher des pontes massives, et c’est ce qui va entraîner cette prolifération qu’on peut constater sur certains endroits à Moorea. Mais c’est une tendance qu’on observe déjà depuis plusieurs années. La biologie de l’animal est encore bien connue, on comprend encore mal quels sont les effets environnementaux qui génèrent cette pullulation des taramea. Il y a quelques indices au autour de la température : on sait que quand la température est haute, on voit déclencher des pontes, mais la biologie est encore assez mal connu. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/OLIVIER-O1-ORIGINE-TARAMEA.wav Des dispositifs en cours Un phénomène encore mal connu, certes, mais Olivier Poté précise que depuis quelques semaines, une expérimentation est menée avec l’aide des pêcheurs de Moorea, pour tenter de limiter leur prolifération : « Depuis quelques semaines, une expérimentation est menée par la Diren, avec l’aide du Criobe et des pêcheurs de Moorea. Elle vise à injecter un produit très acide mais non dangereux pour l’environnement dans la taramea. Cette injection tue la taramea en une ou deux injections au grand maximum, et ça, c’est quelque chose de très simple, que la population se munisse de ces méthodes scientifiques pour pouvoir agir au quotidien. Dire, par exemple, que la Diren puisse retirer toutes les taramea, ce n’est pas possible. Par contre, en s’associant avec la population, on démultiplie l’impact de ces actions-là. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/OLIVIER-02-DISPOSITIFS-TARAMEA.wav Les gestes à adopter Les épines de la taramea « contiennent un petit poison » qui peut engendrer « des risques de nécrose ou d’inflammation ». Donc, « la recommandation principale, c’est de ne pas toucher aux taramea lorsqu’on n’est pas formé à la collecte », rappelle Olivier Pote. En cas de constat d’une prolifération de ces étoiles de mer, il faut directement le signaler : « soit à la Diren, soit à la commune, soit directement auprès du Criobe ou d’un comité de pêche », afin que « le site soit recensé et qu’une action soit envisagée » dit-t-il. « En cas de piqûre : si jamais une personne est piquée par une taramea, elle ne doit pas hésiter à se rendre chez le médecin ou si c’est très douloureux, à se rendre aux urgences. Il peut y avoir un bout d’aiguille cassé dans la peau, et ça peut être une source d’infection importante. Idem quand vous vous baignez dans une zone où vous savez, ou où l’on vous a dit, qu’il y avait potentiellement des taramea : faites très attention, surtout pour les enfants qui peuvent marcher dessus. Et aussi pour les animaux : on a régulièrement des chiens qui se font piquer parce qu’ils marchent sur des taramea. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/OLIVIER-03-EN-CAS-DE-PIQURES-TARAMEA.wav