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Avion, tarifs, fréquence, équipe… Tahiti Air Charter prépare son décollage aux Marquises

La piste de Ua Pou, réputée très difficile, de son orientation, son dénivelé, ou encore des vents cisaillants… Elle nécessite une qualification spécifique des pilotes. ©E.Bonifait

Le 1er juillet la compagnie du groupe Degage remplacera Air Tahiti sur les vols inter îles aux Marquises. Les précisions de son directeur d’exploitation, Emmanuel Bonifait, de retour d’une mission de présentation et de repérage à Nuku Hiva, Ua Pou et Ua Huka. 

Coup de tonnerre, en décembre, dans le ciel polynésien : Air Tahiti, seul acteur historique de la desserte domestique? allait laisser sa place à un concurrent sur les lignes inter-Marquises. Au terme d’un appel d’offres, le Pays a attribué sa délégation de service public pour la desserte de Ua Pou et Ua Huka à la société Tahiti Air Charter. Pas une inconnue, puisque la compagnie du groupe Degage (Aremiti, Ratere, Moana voyages, Recypol…) exploite déjà depuis 2018 un Cessna amphibie – un hydravion qui peut se munir d’un train d’atterrissage classique – aux Îles Sous-le-Vent. Un nouvel envol, donc, pour la jeune compagnie, qui s’est déjà essayé au transport sanitaire, touristique, et même aux lignes régulières, en fin d’année vers Maupiti, et dont les dirigeants « n’ont pas hésité » à solliciter le marché. « Cela faisait sens, explique Emmanuel Bonifait, directeur d’exploitation de la compagnie. Ce type de vol, ce type d’avion, cela correspond exactement à ce que l’on sait déjà faire ».

Tahiti Air Charter va tout de même se doter d’un nouvel appareil, un Cessna 208 Grand Caravan – similaire à celui qu’elle exploite déjà mais doté de 9 places et dénué de flotteurs. Commandé au constructeur américain Textron, il doit entrer en production la semaine prochaine pour une livraison prévue en « avril ou mai ». Côté maintenance ou exploitation, la compagnie « peut compter sur son expérience ». Et n’a pas l’intention d’arrêter là son développement : « si d’autres opportunités se présentent à nous, on n’hésitera pas à les étudier et à y répondre au besoin« , précise le responsable.

À 5 mois du décollage, Emmanuel Bonifait et son équipe ont donc présenté, la semaine dernière, les détails de leur desserte aux élus marquisiens et à la population. Avec une petite surprise dans les cartons : si c’est bien Tahiti Air Charter qui exploitera la ligne, l’appareil, nommé Pihiti sur proposition des maires de Ua Pou et Ua Huka affichera la « marque » Enata, dédiée à l’archipel. « On a eu un excellent accueil », assure Emmanuel Bonifait, qui a tout de même pu se rendre compte des « attentes fortes » des Marquisiens.

Emmanuel Bonifait, directeur d’exploitation et cadre responsable de Tahiti Air Charter, et directeur des opérations touristiques du groupe Degage. ©C.R.

« Il y a eu beaucoup de questions », reprend le responsable. Sur les horaires, le fret, mais aussi l’emploi. Tahiti Air Charter prévoit d’installer deux pilotes en permanence aux Marquises, est en discussion avec les mécaniciens déjà présent dans l’archipel, et doit recruter du personnel d’escale, de vol et des bagagistes… Une « petite dizaine de personnes » au total, dont le recrutement « est en cours ». Le directeur d’exploitation a aussi beaucoup été interrogé sur la « régularité » et la « stabilité » de la desserte. Après des années marquées par les pannes récurrentes des Twin Otter d’Air Tahiti, les usagers demandent avant tout une desserte « sans surprises ». Le responsable l’assure : la priorité sera donnée à ce nouveau marché. Et les périodes de maintenance de Pihiti seront couvertes par le Cessna des Raromatai,

5 500 francs le siège

Parmi les questions posées, il y avait aussi, bien sûr, celle des tarifs. La délégation de service public, qui accorde 50 millions de francs de rémunération annuelle à Tahiti Air Charter, lui impose aussi un tarif fixe de 5 500 francs hors taxe par adulte entre Ua Pou ou Ua Huka et Nuku Hiva. Bien moins que le prix actuel. Pour rentabiliser son avion et répondre à la demande, la compagnie compte voler davantage que les 7 allers-retours hebdomadaires qui lui sont imposés. Si le programme de vol n’est pas encore officialisé, Emmanuel Bonifait parle de « 6 vols par jour, 5 jours sur 7 ».

À noter que si Air Tahiti a été écartée du « lot 2 » de l’appel d’offre du Pays sur l’aérien – le lot marquisien, donc -, elle devrait être de nouveau la seule à répondre sur le lot 1 qui concerne tous les autres archipels. La procédure a été relancée par le Pays, en décembre, les propositions de la compagnie étant trop éloignées du cahier des charge mis sur la table. Les deux délégations de service public doivent être mises en œuvre le 1er juillet, en même temps qu’un système de péréquation sur le prix des billets d’avion pour financer les dessertes déficitaires.

D’ici cette date, Air Tahiti, qui a reçu une deuxième aide de 450 millions de francs de la collectivité, a été désignée pour poursuivre les liaisons inter-Marquises. Mais ce ne sont pas ses Twin Otter, en « fin d’exploitation » d’après le gouvernement, qui effectuerons les rotations. À partir de ce 1er février et pour 5 mois, un prestataire suisse, la société Zimex Aviation, prendra le relais avec ses propres appareils. Un intérim dont les conditions financières n’ont pas été rendues publiques, mais qui a été validé hier par le conseil des ministres.

 

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