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Candidat à Arue, Daniel Vana’a assume l’enjeu des ressources marines du Tavini

Gendarme pendant trente-deux ans, il se lance dans les municipales à Arue à la tête de la liste Tavini ia oe Arue. Il n’a pas réussi à convaincre les élus de conviction indépendantiste qui avaient fait alliance avec Teura Iriti en 2020 de rejoindre sa liste bleu clair mais il comprend que ces personnes souhaitent assumer leur bilan et continuer leur programme. Aujourd’hui retraité, il veut mettre sa longue expérience de militaire au service de sa commune. Il propose un programme de quatre piliers avec « une toiture » : éducation, économie, sécurité et aménagement, chapeautés par une gouvernance transparente et rigoureuse. Et il n’a pas peur de suivre la consigne du leader bleu clair de faire de l’exploitation des fonds marins une solution de financement de l’indépendance et un enjeu des municipales. 

Ce capitaine était commandant en second de la Compagnie des archipels, à la tête de quinze brigades, ce qui représente plus de cent gendarmes. Petite anecdote : il a participé à l’interpellation de Ben Benacek, le premier braqueur à main armée de Polynésie. C’était en l’an 2000. Daniel Vana’a est également engagé dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours et a occupé les fonctions d’évêque de la paroisse de Punavai Nui et de Punaruu. Il a 59 ans, est le père de trois enfants et grand-père de cinq petits-enfants.

Tout juste à la retraite, depuis le mois d’août de l’année dernière, c’était le bon moment pour s’engager en politique. Comme militaire, il a sillonné la Polynésie, « en long et en large », il dit avoir vu de « très belles actions », « de moins bonnes » aussi et qu’il veut désormais mettre cette expérience au service de la population de Arue. Il dit être prêt à devenir maire. « Vous savez, la carrière de gendarme, c’est un engagement, on est disponible tous les jours, toutes les nuits et puis pendant pratiquement toute l’année. Pendant trente-deux ans, j’ai vu la détresse et j’ai vu la joie chez les gens, j’ai vu les inquiétudes, donc c’est quelque chose qui ne m’effraie pas. C’est la raison pour laquelle je m’engage avec une équipe solide. »

Une liste ouverte mais avec la vision indépendantiste

Une liste ouverte à toutes les sensibilités politiques mais qui portera officiellement les couleurs du Tavini. Daniel Vana’a n’a pas réussi à rapatrier les élus de sensibilité indépendantiste sur la liste de la maire Teura Iriti et qui avaient fait alliance avec la représentante autonomiste de l’assemblée en 2020, sur sa propre liste. « À cette époque, elle était membre du Tahoeraa de Gaston Flosse, qui parlait à ce moment-là d’indépendance associée. Et c’est comme ça que ce rapprochement a eu lieu avec le Tavini. » Et certains restent avec elle malgré cette liste bleu clair montée par Daniel Vana’a : « Je peux comprendre qu’ils restent avec elle. Ils assument le mandat qu’ils viennent d’effectuer pendant six ans, ils veulent continuer sur ce mandat-là, mais aujourd’hui, la liste qui est officiellement soutenue par le Tavini, c’est celle que je conduis. » Il doit présenter ses colistiers officiellement ce samedi.

Gendarme et indépendantiste ne sont pas forcément deux choses contradictoires pour Daniel Vana’a, qui reconnaît « avoir travaillé pour l’État français mais au bénéfice de la population polynésienne ». Pour lui l’enjeu est plutôt sur la manière, les conditions et le timing pour arriver à l’indépendance.

L’exploitation des fonds marins : une solution pour l’indépendance

Et l’une des manières d’y arriver se trouve dans l’exploitation des fonds marins. « C’est une solution à partir du moment où cette exploitation se fait de manière respectueuse et surtout de manière contrôlée. » Oscar Temaru y voit le financement de l’indépendance et a d’ailleurs annoncé que ce serait un point central de la campagne des listes Tavini aux municipales. Daniel Vana’a est d’accord avec cette vision même s’il n’a pas pour autant choisi son camp.  L’exploitation des fonds marins est un sujet de friction entre « progressistes » et « radicaux » selon les mots du candidat sur Papeete, Tematai Le Gayic. Où se situe Daniel Vana’a ? Plutôt Moetai, plutôt Oscar ? Il avoue que la question est difficile, il se reconnaît chez Moetai Brotherson mais appartient au Tavini, et suit donc « la ligne directrice du Metua ».

Quatre piliers et « une toiture » comme programme

Dans son programme pour Arue, il propose quatre piliers et « une toiture », c’est ainsi qu’il présente les choses pour symboliser « un fare ouvert sur le monde ». Premier pilier : l’éducation, la culture et le sport, pour proposer un ancrage aux jeunes avec notamment cette invitation à monter un conseil municipal des 18-25 ans pour les encourager à s’engager politiquement ; le deuxième : c’est le développement économique et la création d’emploi où il pense notamment à des projets sur le site du Taharaa, les terrains rétrocédés par l’armée ou encore les hauteurs de Arue ; troisième pilier : la sécurité et la préservation de l’environnement ; et enfin, quatrième pilier : l’aménagement communal et le « bien vivre ». Et pour chapeauter tout ça, donc, « une toiture » qui symbolise la gouvernance où il promet la transparence, la rigueur budgétaire et la performance.

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