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Carburants : une hausse de prix « très probablement » dès ce mois-ci


Plus de deux mois après le début de la crise au Moyen-Orient, et alors que les cours des hydrocarbures restent au plus haut sur les marchés internationaux, le pays prépare une hausse des prix à la pompe. Leur maintien a déjà consommé une bonne partie de la subvention de 3,5 milliards de francs au FRPH, et si le gouvernement n’exclut pas de le réabonder, la révision des tarifs à la hausse devrait tout de même être actée « très probablement » ce mois-ci, et au plus tard au mois de juin. Moetai Brotherson parle d’un « effort collectif », mais aussi d’une augmentation graduée dans le temps, et modulée pour préserver les pêcheurs, agriculteurs et autres activités dépendantes aux hydrocarbures.

Voilà plus de deux mois que les opérations militaires ont débuté au Moyen-Orient, deux mois que le passage dans le détroit d’Ormuz, hautement stratégique dans le commerce mondial des hydrocarbures, est fortement perturbé, voire entièrement paralysé… Si la plupart des pays, à commencer par la France et la Nouvelle-Calédonie, ont connu des bonds dans les prix des carburants, en Polynésie, les pompes indiquent toujours le même prix : 150 francs le litre, essence comme diesel. Une stabilité due à l’intervention du Fonds de régulation du prix des hydrocarbures, déjà doté de 3 milliards de francs en début d’année, et dans lequel le Pays a réinjecté 3,5 milliards, dans la foulée des premiers bombardements. Moetai Brotherson avait toutefois prévenu dès le mois de mars : cette mobilisation des deniers publics pour contrer les hausses de cours, ne tiendra qu’un temps, surtout si le conflit lancé par les Etats-Unis et Israël tire en longueur.

« Ça a déjà augmenté partout ailleurs dans le monde »

Or, les hostilités – malgré les déclarations de Donald Trump devant son propre congrès, sont loin d’être oubliées au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz est loin d’être libéré, et le baril de brent est toujours au plus haut : 113 dollars ce lundi contre une soixantaine en début d’année. « Quand bien même il baisserait, il y a une espèce d’inertie qui fait que les effets qui ont déjà été engrangés par les grands acteurs économiques internationaux vont forcément arriver chez nous », précisait ainsi Moetai Brotherson sur le plateau de l’Invité de la rédaction ce lundi. Les calculs sont en cours quasiment jour le jour au niveau du ministère des Finances qui également en charge des énergies. Mais il faut s’attendre très probablement au mois de mai, ou au plus tard au mois de juin, à une augmentation du tarif à la pompe. Ça a déjà augmenté partout ailleurs dans le monde. Il n’y a que chez nous pour l’instant qu’on est préservé ». 

Un « effort collectif », des consommateurs… Et de nouveau du Pays ? 

Le gouvernement, qui a choisi de maintenir les tarifs des carburants au même niveau au 1er mai, pourrait donc ne pas attendre l’habituelle révision des tarifs de fin de mois pour commencer à la augmenter. Il faut dire que les subventions exceptionnelles au FRPH sont déjà « quasiment consommées ». « On estime que dès lors qu’on est en deça de la moitié des réserves totales, « il faut répercuter à la pompe ». Mais le président du Pays veut que l’augmentation se fasse de manière « graduelle » et « modulaire ». « Il faut préserver les acteurs économiques dont le métier, l’activité dépend très fortement de l’utilisation d’hydrocarbures, je pense aux pêcheurs, aux agriculteurs, et à d’autres professions… »

Reste à savoir aussi, si les prochains prix d’achat du carburant dans les port d’approvisionnement de la Polynésie – Singapour et la Corée – permettront de mener cette augmentation « graduelle » et « modulaire » sans épuiser les fonds restants du FRPH. Moetai Brotherson n’exclut pas une nouvelle subvention du Pays. « Il va falloir faire un effort collectif et cet effort peut se traduire par un nouvel abondement du FRPH conjointement avec une augmentation graduelle des prix. Et ça, ce sont des curseurs qu’il faut manier avec précaution ».

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