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Cinq ans de prison pour le proxénète toxicomane

Franck L., 39 ans, comparaissait ce mardi au tribunal pour proxénétisme. Des faits qui se sont déroulés entre 2014 et 2019. Il forçait sa compagne, de dix ans sa cadette, à avoir des rapports sexuels avec des personnes de son cercle d’amis, en échange d’ice, de cannabis et d’alcool, le tout avec séquestration, coups et humiliations. Il a été condamné à cinq ans de prison dont six mois avec sursis.

Quand Hine*, alors en terminale, rencontre Franck, elle était loin de se douter qu’elle allait vivre un véritable calvaire. Agée de 17 ans, c’était son premier tane, elle en était follement amoureuse et il en a profité.  Aussi quant il lui demande la première fois de coucher avec un de ses amis contre de l’ice, elle accepte. Franck aime se défoncer, et ne vit que pour cela. C’est lui qui l’initiera aux paradis artificiels. Mais au paradis se succède rapidement l’enfer. Si elle se montre réticente à échanger ses faveurs à la demande de Franck, il la frappe. Parfois il va jusqu’à la pénétrer violemment avec des sticks de déodorant par représailles. Ce qu’il contestera de manière peu subtile à la barre : « c’est faux, je n’ai jamais utilisé de déodorant, mais des godes ! »

De subtilité, il n’en a guère montré durant l’audience. Un rustre. Tatouages baveux de taulard qui montent jusqu’au cou, t-shirt défraîchi et short douteux, on est loin du souteneur beau gosse et beau parleur cher au cinéma français d’après-guerre. Si la justice estime entre quatre et dix rapports forcés par mois, Franck minimise et persiste, « elle était consentante, c’est elle qui a eu l’idée de se prostituer pour la drogue. »

Une affirmation qui ne transparaît pas dans les diverses auditions que le juge d’instruction a menées avec les clients de la jeune femme, la plupart des proches de Franck. Tous le disent, cela se voyait qu’elle le faisait sous la contrainte. Elle avait peur de Franck et le comble c’est que certains de ses amis se sentait obligés d’avoir des rapports avec Hine de peur de déplaire à Franck. À noter que le tarif « minimum » pour s’octroyer ses faveurs était de trois sticks de paka ou 3 000 Fcfp.

« C’est un féminicide moral »

Un Franck omniprésent qui assistait aux ébats et qui parfois les dirigeait, smartphone à la main, indiquant ce qu’il voulait ; il fallait que la victime se plie à ses ordres, sinon les coups pleuvaient. Elle recevait aussi des corrections si le client était déçu, sans compter les insultes, « pute, salope… » et l’introduction de divers objets dans ses parties intimes.

Quand il s’absentait retrouver des amis, il l’enfermait. Et quand parfois il en ramenait à la maison, il forçait Hine à coucher avec. Parfois, selon des témoignages, c’était au moyen de drogues type GHB qu’il la soumettait. Parmi son cercle d’amis beaucoup le soupçonnent d’en avoir mis aussi dans leur verre, ayant du mal à se remémorer certaines soirées.

De toutes façons, pour Franck, le ver était déjà dans la pomme. Selon lui, Hine n’était pas innocente quand il l’a connue. « Sa mère l’amenait en boite de nuit quand elle avait 16 ans, elle buvait et se prostituait. » En contradiction totale avec les déclarations de Hine qui affirmait que c’est avaec Franck qu’elle avait eu son premier rapport sexuel.

Pour la partie civile, « Hine est une jeune femme qui a rencontré son bourreau à l’âge de 17 ans (…) elle est morte dans son humanité… C’est un féminicide moral. » S’adressant à l’accusé, « vous n’avez aucune conscience et ce dossier est l’un des pires que j’ai eu à plaider », elle s’interroge, « comment peut-on vous qualifier monsieur ? » Une question que se pose aussi le procureur, qui estime que la jeune fille a vécu « l’horreur absolue avec des relations forcées, de quatre à dix par mois, et cela durant cinq ans. » Des faits « d’une gravité absolue » pour lesquels il requiert sept ans de prison avec mandat de dépôt.

Après en avoir délibéré, le tribunal à condamné Franck L. à cinq ans de prison avec un sursis de six mois. Le dernier mot lui revenant, Franck s’est borné à déclarer, « je lui ai demandé pardon lors de notre confrontation, mais récemment j’ai appris qu’elle continuait de se prostituer. » À noter que l’accusé a déjà purgé trois ans de prison en préventive pour ces faits entre 2019 et 2023 et que jusqu’à ce jour il était sous contrôle judiciaire.

* Prénom d’emprunt

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