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Il agresse une femme endormie auprès de son mari : 18 mois ferme

Un homme de 27 ans a été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis pour avoir agressé sexuellement une femme couchée auprès de son mari. Déclaré schizophrène en 2016, les experts ont toutefois affirmé que l’accusé ne souffrait pas d’abolition ni d’altération du discernement aux moment des faits.

Tony I., 27 ans, est du genre mutique.  Accusé d’agression sexuelle en 2019 à Maiao, il est peu prolixe et le traducteur appelé à ses côtés a bien du mal à lui tirer les mots de la bouche pour livrer des phrases cohérentes.

Pour autant, les faits sont simples et établis. Le 4 juillet 2019 à Maiao, l’île est en fête, la bière et le komo coulent à flots. Vers 23 heures, la victime et son mari décident de rentrer à leur domicile. Ils font l’amour puis s’endorment dans la chambre, fenêtre ouverte. Quelques temps après, la victime sent qu’on l’embrasse dans le cou. Soupçonnant des élans amoureux de son mari et toujours à moitié endormie, elle se laisse faire. Ce n’est qu’au moment où elle sent qu’on la pénètre qu’elle ouvre les yeux. Et là, c’est l’horreur et l’incompréhension. Au-dessus d’elle, ce n’est pas son mari, mais Tony, 21 ans au moment des faits. L’intrus prend aussitôt la fuite, laissant tomber son téléphone dans le lit.

Un téléphone qui lui servira d’alibi pour expliquer sa présence au domicile du couple. Interrogé, il n’en démord pas : il n’a pas commis de viol et s’il était bien présent dans la chambre, c’était pour récupérer son smartphone qu’il avait prêté à l’enfant du couple, âgé de deux ans. Les époux assurent ne pas avoir eu ce téléphone chez eux, et encore moins dans leur lit.

Des résultats ADN qui n’apportent rien

Si des prélèvements d’ADN ont été pratiqués, ceux-ci n’ont rien donné et pour cause : le mari de la victime et son agresseur partage une même ascendance. Les enquêteurs ne pourront donc rien tirer de ce résultat.

Tony fait alors l’objet d’une expertise psychiatrique qui révèle qu’il a des antécédents de schizophrénie depuis 2016. Quand il ne prend pas son traitement, ce qui lui arrive fréquemment, il entend des voix féminines qui l’insultent, et qui ont tendance à disparaître quand il est sous l’emprise de l’alcool.

Quoiqu’il en soit les experts s’accordent pour écrire que lors des faits, l’accusé ne souffrait pas d’abolition ni d’altération du discernement. Il est déclaré responsable de ses actes. Des actes que le prévenu ne reconnaît pas ni lors des confrontations, ni à la barre.

« À Maiao, on se répare tout seul »

Quant à sa victime, les actes, elle s’en rappelle très clairement. « Depuis des années, j’essaie de supporter tout cela et puis, quelque part, moi et mon mari nous avons accepté les faits. » Elle précisera que depuis que Tony est revenu à Maiao, elle n’a pas eu de problème avec lui. Pour la partie civile, le traumatisme qu’a subi la victime est encore bien présent d’autant qu’à Maiao, « on se répare tout seul » Elle réclame 1 500 000 fcfp au titre des réparations.

Quant au procureur, qui ne croit pas un seul instant à la thèse du téléphone, il réclame une peine de cinq ans de prison assortie d’un sursis probatoire de 18 mois et d’un mandat de dépôt. Il demande aussi que le prévenu soit inscrit au fichier des délinquants sexuels (Fijais). Après délibération, Tony a été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et il sera inscrit au Fijais.

 

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