ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ

Le premier pompier de France au fenua pour parler de l’Epis et du CTA

En visite officielle en Polynésie, le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers Jean-Paul Bosland, vient à la rencontre des acteurs locaux de la sécurité civile. Entre tournées de casernes, réunions institutionnelles et l’inauguration de la caserne de Teva i uta vendredi, cette mission vise aussi à faire le point sur des projets comme l’extension du Centre de traitement d’alerte (CTA 987) à l’échelle du territoire et la création attendue depuis 2006 de l’Établissement public d’incendie et de secours (EPIS). Pour les professionnels locaux, il s’agit de « trouver des soutiens » au niveau national pour faire aboutir les projets polynésiens.

Le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, Jean-Paul Bosland, est arrivé lundi soir à l’aéroport de Faa’a, dans le cadre d’une tournée des territoires français. Après un passage en Nouvelle-Calédonie, il poursuit sa visite en Polynésie. « On va aller à la rencontre des collègues, on va échanger à la fois sur le réseau associatif, sur la fédération, sur l’accompagnement des orphelins avec le club des pupilles, sur l’organisation ou encore la mise en place d’un CTA sur l’ensemble du territoire, indique le chef des pompiers de France. C’est un des sujets qui est porté par la fédération, notamment d’avoir des plateformes uniques qui rassemblent l’ensemble des services de manière à être beaucoup plus efficientes dans l’engagement des secours ».

Cette visite « c’est un signe de soutien et de reconnaissance pour tous les pompiers de Polynésie, c’est-à-dire environ 700 personnes, dont la moitié sont professionnels et les autres sont volontaires », souligne la directrice de la protection civile et colonel Cécile Macarez.

Le programme de la semaine, partagé sur les réseaux de la Fédération polynésienne, s’annonce dense avec « une tournée des casernes de Tahiti et Moorea, une visite de la direction de la Protection civile 987, une rencontre avec les autorités — dont le président du Pays et le Haut-Commissaire Alexandre Rochatte — mais aussi avec les pupilles de sapeurs-pompiers de Tahiti, et l’inauguration de la nouvelle caserne de Teva I Uta (Mataiea – Papeari) », qui est prévue ce vendredi.

Faciliter les discussions sur la naissance de l’Epis

Parmi les sujets de discussion prioritaire de cette visite, le développement du Centre de Traitement des Appels  à l’échelle de toute la Polynésie. Aujourd’hui, un CTA existe bien, il est même installé aux côtés du centre 15 au Taaone, mais il s’agit administrativement d’un service de la mairie de Arue, auquel participe, humainement et financièrement, Pirae, Punaauia et Hitiaa o te Ra. Bora Bora a annoncé qu’elle rejoindrait dès novembre, « une fois que les structures seront mises en place et que le personnel sera formé », ce centre qui permet une meilleure coordination des secours, et la géolocalisation des alertes.

Mais l’objectif originel était beaucoup plus large : faire en sorte que l’ensemble du territoire polynésien puisse être couvert par le numéro d’urgence 18, comme c’est déjà le cas pour le 15 (Samu) et le 16 (secours en mer). Un élargissement qui est aujourd’hui lié à la naissance de l’Établissement public d’incendie et de secours, annoncé depuis 20 ans, et dont le ministre des Outre-mer Manuel Valls a annoncé la création par décret – en même temps qu’un financement de l’État et du Pays – lors de sa visite en juillet. Pour Gaston Tunoa, président de la Fédération polynésienne des sapeurs-pompiers, la naissance de cet « Epis », au centre d’intenses discussions ces deux dernières années, est un prérequis. « On a mis la charrue avant les bœufs. Il aurait fallu commencer par mettre en place cette structure avant de lancer le CTA, lance le chef de corps de Teva i Uta, mairie qui n’est pas adhérente au centre actuel. C’est aussi ça l’intérêt d’avoir toutes ces personnes ici, c’est de pouvoir discuter et essayer de se faire accompagner. Parce que derrière tout ça, il y a quand même un plan de financement ».

Un avis partagé par Cécile Macarez, qui souligne la nécessité de concrétiser un projet attendu depuis déjà près de deux décennies. « L’Epis est prévu depuis 2006, donc il est peut-être grand temps qu’on puisse amorcer un virage, explique la directrice de la Protection civile. On a la chance d’avoir installé un dialogue tripartite entre le pays, l’État et les communes depuis octobre 2023 au travers du Comité polynésien de sécurité civile pour se mettre d’accord justement sur ce à quoi il va ressembler et sur ses compétences ». Manuel Valls, lors de son passage, avait « annoncé dans son calendrier un aboutissement pour la fin de l’année ». « Nous sommes en train de consolider les derniers points dans le groupe de travail », explique la colonel.

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