ACTUS LOCALESÉCONOMIE « Dans le tourisme, des bas salaires, il y en a, et on fait pas grève tous les quatre jeudis » Charlie Réné 2025-07-15 15 Juil 2025 Charlie Réné Une délégation de professionnels du tourisme a été reçue par Moetai Brotherson quelques minutes avant son round de négociation sans avancée avec la Fraap. Pensions, prestataires, transporteurs… Tous font part de leur ras-le-bol vis-à-vis des menaces de grève répétées des pompiers d’aérodrome. L’Association du tourisme authentique de Polynésie menace toujours de poursuites contre le syndicat de Jean-Claude Urima après le mouvement déclaré illégal en juin. Lire aussi : Aucune avancée entre la Fraap et le gouvernement, la grève se profile ce jeudi Des « pertes énormes », une « image écorchée », un danger pour « un secteur qui est la première source de revenu du pays »… Ce mardi soir, quelques minutes avant les négociations officielles – et, sans surprise, stériles – entre la Fraap et le gouvernement, c’est une délégation de professionnels du tourisme qui fait part de son mécontentement au président du gouvernement et ses ministres. Voilà huit mois que la fédération de Jean-Paul Urima menace d’une grève illimitée, et vu l’ancrage de la fédération chez les pompiers d’aéroport – qui ont mené plusieurs mouvements pour des revendications propres ces dernières années – cette épée de Damoclès pèse avant tout sur le secteur touristique, et sur les petites îles en particulier. Même quand les préavis sont suspendus, annulés ou reportés, le marché est fragilisé et les réservations s’en ressentent, ont fait valoir les entrepreneurs. Et en cas de déclenchement du mouvement ce jeudi, ce seront encore les mêmes îles (toutes, à l’exception de Moorea, Bora, Rangiroa et Raiatea, dont les aéroports gérés par Egis, et non pas par la DAC) qui seront touchées. « La grève est un droit, peut-être, mais nos îles, nos entreprises ne peuvent pas systématiquement être prises en otage », s’agace ainsi Mélinda Bodin. La présidente de l’association du tourisme authentique de Polynésie française rappelle que le mouvement de juin, déclaré illégal en référé, et qui fait doit être étudiée sur le fond par la justice dans les mois à venir, pourrait toujours faire l’objet de poursuite de la part de son collectif. « Nous sommes en train de demander à tous nos membres qui ont subi une perte, peu importe combien, de faire des récapitulatifs, dit-elle. Et on a demander à ce que les chefs d’entreprise se rassemblent pour demander des dédommagement au tribunal, why not ? ». Annick, autre patronne d’entreprise touristique, qui ne souhaite identifier ni son nom ni son établissement, confirme que tous les recours possibles seront lancés. Et elle interpelle plus directement la Fraap. « Il faut arrêter de penser que seuls les fonctionnaires sont dans une situation précaire. Dans le tourisme, des bas salaires, il y en a énormément aussi et nous, on fait pas grève tous les quatre jeudis pour annoncer que nos salaires sont trop bas, et ils pourraient peut-être entendre qu’on a besoin tous de travailler et de nourrir nos familles ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/FRAAP-2-annick.wav