ACTUS LOCALESNOUVELLE-CALÉDONIEPOLITIQUE Nouvelle-Calédonie : l’accord de Bougival est une « impasse », estime le Tavini Caroline Perdrix 2025-07-15 15 Juil 2025 Caroline Perdrix ©Archives Radio1 Dans un communiqué, le Tavini Huiraatira, malgré son « soutien fraternel » au peuple kanak, met en garde contre les « compromis juridiques » et les « constructions institutionnelles ambiguës » qui sous-tendent l’Accord de Bougival, dont l’issue dépend du Parlement français marqué par l’instabilité. Le parti bleu ciel réaffirme qu’il n’y a pour Maohi Nui qu’une seule voie, celle des Nations Unies. Lire aussi : L’accord de Bougival « ambigü » et « mort dans l’œuf » pour Tony Géros Un peu plus de trois jours après la signature de l’Accord de Bougival sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, le Tavini Huiraatira a officiellement réagi. Une « impasse », dit le parti bleu ciel, suspendue « à l’instabilité parlementaire française ». Loin d’y voir une « avancée historique » qui « semble redéfinir les fondements institutionnels de ce territoire », le Tavini estime que, « à bien y regarder, cet accord est tout sauf une certitude. Il est une promesse conditionnelle, suspendue au bon vouloir d’une puissance administrante en proie à une instabilité sans précédent. » « Comment peut-on bâtir l’avenir d’un Pays sur des hypothèses institutionnelles aussi fragiles? » demande le Tavini. La révision de la Constitution que suppose l’accord « est loin d’être acquise » puisqu’elle requiert une majorité des 3/5es du Congrès, « un alignement politique » de l’Assemblée nationale et du Sénat, et « un calendrier législatif lisible ». Fidèle à sa ligne, le Tavini fait référence à la Charte des Nations Unies et à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, et affirme que l’exercice du droit à l’autodétermination d’un peuple « ne peut pas dépendre d’un calendrier électoral fixé exclusivement par la puissance administrante », « ne peut pas être suspendu aux équilibres précaires d’un Parlement en grande instabilité« , et « doit être garanti par un cadre neutre, équitable et international, celui des Nations Unies. » Si le Tavini « salue l’engagement au dialogue institutionnel entre les parties », et réaffirme son « soutien fraternel au peuple kanak dans sa marche vers la pleine souveraineté », il appelle à la vigilance face à un accord bâti sur des « compromis juridiques » et des « constructions institutionnelles ambigües ». Et pour ce qui concerne Maohi Nui, conclut le communiqué du Tavini, son accession à la souveraineté pleine et entière ne peut se faire que « sous les seuls auspices des Nations Unies », avant d’appeler encore la France à l’instauration du dialogue de décolonisation.