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Décès d’Ayden : le Pays reconnait des « carences », mais pas de faute

Interrogé, ce mardi en séance plénière de l’assemblée, sur les circonstances du décès de la fillette de 7 ans dans une famille où elle avait été placée, le gouvernement a expliqué que ce drame « confortait la dynamique de réorganisation » déjà en cours des services de protection de l’enfance. Vannina Crolas, qui répondait au nom de la vice-présidente Minarii Galenon, hors territoire pour « raison familiale », a précisé que le couple aujourd’hui mis en examen pour violences et maltraitance avait été désigné « tiers digne de confiance », et fait l’objet d’une évaluation positive par la DSFE. Outre les renforts d’équipe, elle a annoncé un travail sur le cadre légal de ces placements, et l’organisation « d’Assises de la petite enfance ».

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L’absence de Minarii Galenon à la tribune a engendré un certain murmure, ce mardi matin en séance plénière de l’assemblée. La vice-présidente, en charge de la Famille et des Solidarités devait être interrogée, dans une question orale transmise à l’avance, par Cathy Puchon sur le cas d’Ayden, fillette de 7 ans morte dans un contexte de maltraitance une semaine plus tôt à Taunoa. L’élue Tapura a beau préciser qu’elle ne cherche pas à « instrumentaliser la douleur », ni « chercher des responsables à la hâte », le fait est qu’elle demandait, a minima, des explications sur l’action de la DSFE dans ce dossier, et des justifications sur ses éventuels manquements. Sauf que Minarii Galenon, responsable de cette administration, est « hors territoire », comme l’a précisé Moetai Brotherson à la sortie de la séance : « elle a dû se déplacer pour le décès d’un membre de sa famille ».

Charge donc à Vannina Crolas de répondre en son nom sur ce drame qui a marqué tout le pays. La ministre de Travail reconnait, comme l’avaient fait la vice-présidente ou le président du Pays, des « carences du système de protection de l’enfance », mais pas de réelle faute. La DSFE a « agi suivant la réglementation », précise la porte-parole, qui lisait une réponse écrite par la vice-présidence. Le gouvernement n’entend tout de même « pas rester insensible à tout ce que soulève cette situation », mais ce drame ne fait que « conforter la dynamique de réorganisation », qui serait déjà en cours dans la direction des solidarités, de la famille et de l’égalité.

Le couple d’accueil avec des liens « d’attachement et de confiance » avec Ayden

Dans sa question, Cathy Puchon demandait des précisions sur les circonstances du décès survenu une semaine plus tôt. Mais pas question pour la porte-parole de l’exécutif de révéler des éléments de l’enquête pénale en cours. Les investigations ont pour l’instant abouti à la mise en examen du couple qui accueillait la fillette, son frère et sa soeur, pour « violences habituelles » et « privations de soin » ayant entrainé la mort, et à sa détention provisoire. La membre du gouvernement rappelle seulement que les trois enfants vivaient depuis 2020 dans cette famille, après des signalements de violences conjugales dans leur foyer d’origine et une décision du juge des enfants. Le couple avait été désigné « tiers digne de confiance », un statut normalement réservé à des adultes qui ont des « liens d’attachement et de confiance » préalable avec les enfants, et qui constitue donc une alternative au placement dans des foyers, familles ou services d’accueil « professionnels ». Vannina Crolas, lisant une réponse écrite de Minarii Galenon, ne précise pas, comme le demandait Cathy Puchon, si ce statut ouvre droit à une indemnité.

Elle explique en revanche que les « tiers dignes de confiance » – il s’agit, dans la vaste majorité des cas au niveau national, de grands-parents, membres de la famille ou voisins proches – sont « non-professionnels », et n’ont donc pas besoin d’agrément ou d’habilitation pour recevoir des enfants. Une évaluation est tout de même menée pour s’assurer de leur capacités matérielles et affectives. « Ce foyer a fait l’objet de cette évaluation et a été déclarée apte à accueillir des enfants, précise la ministre. Les équipes de la circonscription de Papeete de la DSFE ont assuré les opérations de contrôle conformément à la réglementation. Ces contrôles n’ont pas semble-t-il révélé de situation de maltraitance sur la petite Ayden ».

Des postes, des réformes, et des assises

Pas de réponses non plus sur l’absence de signalement médicaux – puisque la fillette avait été hospitalisée quelques semaines avant le drame – ou scolaires – puisqu’elle était présente en classe de manière très irrégulière ces derniers temps. Vannina Crolas donne en revanche des détails sur les premières réactions au drame. Une vingtaine de recrutement sont en cours à la DSFE, Minarii Galenon l’avait déjà annoncé du TNTV, la formation des accueillants familiaux va être renforcée grâce à un budget de 57 millions de francs pour 60 places déjà voté au premier collectif budgétaire 2025, les indemnités de ces accueillants, aujourd’hui trop rares, vont être revus à la hausse, « conformément au schéma d’action social » approuvé en avril.

Un schéma qui prévoit aussi la mise en place d’un « cadre juridique » au statut de tiers digne de confiance et de feti’i, aujourd’hui mal régulé. « Sa définition fera l’objet d’une collaboration entre la DSFE et l’Arass », indique la ministre. Enfin, des « Assises de la petite enfance » vont être organisées, sans calendrier pour l’instant affirmé. « Elles permettront de réaliser un état des lieux des réalités du terrain, de mieux coordonner les acteurs de l’action sociale, et d’élaborer des propositions répondant directement aux besoins ainsi relevés », précise la porte-parole.

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