ACTUS LOCALESJUSTICEPOLITIQUE Recours contre l’État : Géros persiste, Brotherson ne partage pas la « méthode » Charlie Réné 2025-05-27 27 Mai 2025 Charlie Réné Tony Géros, Oscar Temaru, Teua Temaru, Moetai Brotherson et le Haut-commissaire Éric Spitz, le 29 juin 2023 à la stèle de Taravaro à Faa’a. ©C.R. Le tribunal administratif s’oriente bien vers une annulation de la « délibération Géros », votée en décembre à Tarahoi et qui autorisait le président de l’assemblée à attaquer l’État en justice pour manque d’action sur la décolonisation. Il est reproché à Tony Géros, qui entend bien continuer son action devant la justice, d’empiéter sur les compétences du président du Pays. Interrogé sur le sujet, Moetai Brotherson indique qu’il n’a pas l’intention de se joindre à l’action de l’assemblée et du Tavini. Il préfère tenter de « convaincre l’État » de discuter « sans passer par les tribuneaux ». « J’attends beaucoup de mes rencontres lors de mon prochain déplacement à Paris », indique le président du Pays. Le tribunal administratif étudiait ce matin le recours du Haut commissariat contre la « délibération Géros ». un texte voté en décembre à Tarahoi, et qui autorisait le président de l’assemblée à ester en justice contre l’État, et au nom du Pays, pour le contraindre à lancer le dialogue de décolonisation auquel Paris se refuse toujours. Le tribunal n’a pas donné sa décision, elle ne sera connue que dans deux semaines, mais elle ne fait désormais aucun doute : le Conseil d’État, saisi pour avis avait recommandé, il y a quelques semaines déjà l’annulation du texte. Le rapporteur public est allé dans le même sens ce matin à Papeete : le président de l’assemblée, en s’arrogeant ce droit à attaquer l’État, empiète sur les compétences du président du Pays. Ça n’a pas empêché, la semaine dernière, Tony Géros de déposer son recours devant le même tribunal administratif. « Au nom de l’assemblée, et non pas de la Polynésie » précisait hier Richard Tuheiava. Ce qui ne change pas grand chose, d’après le rapporteur public : « la délibération en litige invite à provoquer un dialogue avec les institutions de la Polynésie française », relève-t-il, et pas seulement avec l’assemblée. Qu’importe pour le Tavini qui a aussi fait déposer par le même avocat, Me Millet, un recours formulé au nom du parti, et plusieurs autres signés par des élus bleu ciel en leur nom propre. Bref, l’idée dans le camp bleu ciel est de poursuivre coûte coûte cette offensive judiciaire, qui doit s’exporter, une fois les voies de recours nationales épuisées, à l’international, et notamment devant le Haut-commissariat et le comité des Nations-Unies aux droits de l’homme. Le président du Pays, pourtant désigné comme compétent par l’analyse du rapporteur public à Papeete et par la juridiction suprême administrative à Paris, ne s’est, lui, pas joint à la procédure. Et ne compte pas le faire, comme il l’a réaffirmé ce matin. « Ça n’est pas dans mes intentions, ça n’est pas la méthode que j’ai décidé d’adopter depuis que je suis élu, explique Moetai Brotherson. C’est ce dont j’essaie de convaincre l’État : qu’il faut y arriver sans passer par les tribunaux. Maintenant, j’attends beaucoup de mes rencontres lors de mon prochain déplacement à Paris ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/TRIB-ADMINISTRATIF-1-Moetai.wav Moetai Brotherson, déjà en visite en métropole voilà une dizaine de jours, repart pour l’Europe début juin. Pour participer à la Conférence des Nations-Unies sur les océans de Nice, mais aussi à plusieurs rendez-vous officiels et diplomatique, dont le sommet France – Pacifique, qui doit se tenir dans la foulée de l’Unoc.