ACTUS LOCALESJUSTICE Trois voiliers expulsés sous astreinte de leur mouillage de Vairai Charlie Réné 2025-05-27 27 Mai 2025 Charlie Réné Pas de miracle pour l’Adamek, du Shangy Shamuet du Shark, trois voiliers mouillés depuis de longs mois à l’ancre en baie de Vairai. Le port autonome a obtenu, devant le tribunal administratif un ordre d’expulsion sous 5 jours. Faute de quoi les propriétaires, dont certains avaient expliqué à l’audience n’avoir « aucune autre solution » de mouillage, devront payer 10 000 francs par jour. Plutôt que ces longues procédures, le Pays cherche à obtenir de l’État le droit d’appliquer des amendes forfaitaires. Lire aussi : des amendes forfaitaires contre le mouillage illégal Voilà deux semaines, le rapporteur public avait déjà conclu à l’expulsion des trois navires, stationnés à l’ancre dans une zone interdite au mouillage gérée par le port autonome. Tous avaient reçu des mises en demeure demandant leur départ, à partir de 2023. Des injonctions qu’ils devront appliquer dans les cinq jours suivant la notification du jugement – même en cas d’appel, pas suspensif en matière administrative – faute de quoi ils devront payer une astreinte de 10 000 francs par jour de retard. Aux termes de la décision du tribunal, le port autonome pourra en outre « faire procéder à leur expulsion en recourant, si nécessaire, au concours de la force publique ». Le 13 mai dernier, les propriétaires d’un des bateaux, le Shangy Shamu, avaient pris la parole devant les juges pour décrire l’impasse dans laquelle ils se trouvaient. Un navire qui est « la maison » de toute une famille, arrivée depuis bientôt trois ans en Polynésie et disposant d’emploi, aucun corps mort légal disponible pour leur voilier de plus de 15 tonnes, « aucune autre solution viable » proposée par le port autonome, une marina qui ne souhaite plus accueillir les bateaux habités… Les voileux avaient exprimé leur volonté de « trouver un emplacement légal, payer nos poubelles, notre eau, participer normalement à la communauté ». Le président du tribunal avait alors interrogé la représentante du port, qui avait rétorqué, en substance, qu’on ne s’installait pas dans une zone interdite pour demander ensuite aux autorités de trouver une solution. Sur le plateau de Radio1 la semaine dernière, Moetai Brotherson avait expliqué vouloir passer à la vitesse supérieure sur la lutte contre les mouillages illégaux, qui concernent des dizaines d’autres bateaux, rien qu’à Tahiti. Le président a demandé à l’État d’ouvrir la voie à des amendes forfaitaires qui pourraient être appliqués par les autorités plutôt que de lancer de longues et coûteuses procédures. Il indiquait aussi vouloir réduire le temps d’escale règlementaire des voiliers de passage, pour libérer des mouillages et places en marina pour les plaisanciers locaux.