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Dépénalisation : la stratégie du chanvre

CP/Radio1

Alors que l’Assemblée nationale vient d’autoriser, le 25 octobre, une expérimentation de l’usage médical du cannabis en métropole, en Polynésie des militants veulent attirer l’attention des pouvoirs publics sur les multiples bénéfices de la culture du chanvre. Ils ont rencontré lundi Moetai Brotherson, lui-même favorable à un changement radical du cadre législatif.

Tahiti Herb Culture, qui milite pour la légalisation du cannabis en Polynésie depuis plusieurs années, change de tactique. Sans oublier son objet principal, la dépénalisation du cannabis, elle veut promouvoir la culture du chanvre au fenua et la fabrication de ses nombreux dérivés. « Se loger, se vêtir, et se nourrir. Et puis se soigner aussi, » résume Karl Ahinia à propos des applications du chanvre. Edouard Legeay souligne que la filière chanvre est en train de se mettre en place à La Réunion, et souhaite qu’il en soit de même en Polynésie :

La culture du chanvre est permise dans l’Union européenne si son taux de THC – le principe psychotrope du cannabis – est inférieur à 0.2%.  Édouard Legeay veut d’abord effectuer des cultures expérimentales, « pour voir si les graines qui sont labellisées pour rester en dessous du taux de THC de 0.2% en métropole, restent vraiment en dessous du taux,  parce que le taux de THC a tendance à augmenter en climat tropical. Il faut choisir les bonnes variétés de graines et les  bons lieux de culture. »

Moetai Brotherson, qui depuis longtemps est favorable à la légalisation des usages thérapeutiques du cannabis et du chanvre et à la dépénalisation des usages récréatifs du cannabis, fait partie des députés de l’Assemblée nationale qui ont voté pour l’expérimentation du cannabis médical en France. Les cinq membres de l’association qui sont allés hier à l’assemblée lui exposer leur projet aimeraient avoir son aide et son appui pour défricher le maquis de la réglementation douanière et phytosanitaire, sur l’importation des graines et la culture du chanvre.

« Le chanvre est probablement la plante la plus polyvalente connue de l’humanité », et c’est le ministère de l’Agriculture à Paris qui le dit sur son site Internet. Ses utilisations sont multiples, rappellent les membres de THC :

Moetai Brotherson les a prévenus qu’il faudrait sans doute attendre les résultats de l’expérimentation en France mais, a-t-il dit, « en attendant c’est une bonne idée de se structurer ici. En Polynésie française il y a un maximum d’hypocrisie autour de ce dossier de la part des politiques et de la société en général. Si je peux les aider, je le ferai, » a déclaré le député à l’issue de la rencontre.

Du côté du Pays, ainsi que l’ont souligné nos confrères de Polynésie La 1ère, on indique que l’Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) travaille sur une évolution des textes, mais que si jamais des expériences thérapeutiques étaient tentées, ce serait avec de produits fabriqués à l’extérieur de la Polynésie. Ce qui laisserait une association comme THC hors jeu.

Moetai Brotherson souhaiterait qu’une conférence sur le sujet soit organisée ici :

Moetai Brotherson, qui sera la semaine prochaine en mission d’information au Portugal, où la dépénalisation du cannabis est une réalité depuis 10 ans, rappelle que sur ce sujet, la France est « de loin le pays le plus en retard ».

Il a l’intention, dit-il de transmettre au gouvernement local le fruit de ses recherches sur le sujet quand il aura terminé ses différents voyages d’étude.

 

 

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1 Commentaire

  1. Tan
    30 octobre 2019 à 7h53 — Répondre

    Maururu Moetai pour tout ce que tu fais pour le nunaa. Tu es le seul député qui travaille et par lequel on peut suivre toute les actions et les projets que tu fait ici ou en métropole. Merci pour ton investissement pour le nunaa maohi et aussi pour la France. Faaitoito e ia haamatai mai te mana hope ia oe e to utuafare

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