ACTUS LOCALESSPORTS 32 contrats pour « structurer, professionnaliser et démocratiser » le sport Alexandra Perrini 2026-02-27 27 Fév 2026 Alexandra Perrini Après de longs mois d’attente , 32 fédérations sportives ont signé leur contrat de délégation de service public (DSP), ce vendredi soir, pour la période du 1er mars 2026 au 31 décembre 2031. Des conventions qui listent 17 missions de service public à remplir, en matière de promotion sportive, de formation de la jeunesse, de sélection pour les jeux et le haut-niveau, de sport-santé, ou de prévention des addictions, en échange d’un financement annuel du Pays. Seuls cinq sports manquent à l’appel dont le volley et l’haltérophilie, qui devraient signer dans les prochains mois, et la boxe, où l’attribution prévue à la fédération de Tauhiti Nena risque de faire encore débat. Lire aussi : DSP sportives : 32 dossiers validés, quelques autres à « accompagner » Surf, équitation, aïkido, handisport… Au total, 32 fédérations ont signé ce jeudi leur contrat de délégation de service public (DSP) pour la période du 1er mars 2026 au 31 décembre 2031. Ces contrats confèrent à ces structures associatives le droit — et le devoir — d’organiser et de développer leur discipline dans tout le fenua et de représenter la Polynésie à l’étranger. Les conventions listent 17 missions de service public allant de la délivrance des licences à la sélection des athlètes pour les Jeux du Pacifique 2027, en passant par de la prévention sur la drogue, l’organisation de compétitions, le développement du sport-santé ou la formation des jeunes. « Un travail de fond, discret mais essentiel, qui trouve aujourd’hui sa traduction concrète », indique dans un communiqué le Pays, qui s’engage en contrepartie à un soutien financier annuel prévu sur le long terme. Si certains manquent à leurs obligations, les financements pourront être suspendus. Pour le ministre des Sports Kainuu Temauri et le directeur de la Direction de la Jeunesse et des Sports (DJS), Laurent Heinis, ces signatures marquent l’achèvement d’un long processus de réforme et « dont l’ambition est de structurer, professionnaliser et démocratiser le mouvement sportif polynésien ». Pour accompagner cette transition, les agents et juristes de la DJS ont suivi individuellement chaque fédération candidate durant plusieurs mois : relecture de statuts, conseils juridiques et aide à la constitution des dossiers de candidature. « C’est un aboutissement », félicite Alexandre Dubocage, agent de la Jeunesse et des Sports. « On a pu voir enfin la finalité, qui s’est conclue par la signature d’un contrat », poursuit-il en expliquant qu’il s’agit aussi d’une victoire « à titre sportif ». « Cette cellule est composée d’agents qui pratiquent des disciplines. Et de voir nos disciplines respectives avancées dans le bon sens c’est aussi une satisfaction personnelle et professionnelle », indique-t-il. Anticiper les besoins financiers Ces DSP, traditionnellement renouvelées après les Jeux du Pacifique, auraient dû être réétudiées en 2023. Nahema Temarii, ancienne ministre des sports, avait choisi de réformer le cadre réglementaire, et donc de les proroger jusqu’à ce que les nouvelles règles soient fixées. La nouvelle loi du Pays allonge la durée des délégations, introduit des contrats d’objectifs signés avec le Pays et rend les fédérations officielles incontournables pour bénéficier de subventions associatives. La réforme a été votée fin 2024 et l’entrée en vigueur des nouvelles DSP étaient prévues pour le 1er janvier 2026 puis pour le 1er mars, les recours, l’organisation des mini-Jeux et le changement de tête au ministère, ayant ralenti la marche. « On donnait déjà des délégations de service public. La vraie nouveauté pour ce renouvellement c’est la création du contrat de délégation », rappelle Kainuu Temauri. On a demandé aux fédérations, de se projeter sur un projet fédéral pluriannuel, que l’on puisse avoir une visibilité suffisante sur leurs actions tout au long des années, ce qui nous permet de pouvoir anticiper plus facilement leurs besoins financiers puisqu’on construit un budget à l’échelle du pays en juin-juillet. Et le fait d’avoir suffisamment à l’avance ces éléments nous permet de pouvoir mieux construire notre budget. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/Kainuu-Temauri-DSP-.wav Cinq sport manquent pourtant à l’appel : le volley, l’haltérophilie, l’escrime, le football américain et la boxe. Les deux premiers, présents aux Jeux du Pacifique, n’ont pas réussi à remplir les conditions de fonds, ou à respecter l’exigeant formalisme et le calendrier serré de la constitution de dossier. Le ministère des Sports promet de ce côté là un accompagnement particulier dans les semaines à venir pour aider les fédérations à se structurer et à recandidater. Anticiper les besoins financiers Deux autres sports, pas présents aux Jeux de 2027, n’ont pas eu de candidature enregistrées, bien qu’ils soient réglementairement éligibles à une DSP. Il s’agit du football américain qui disposait jusqu’à présent d’une DSP, mais dont la fédération a fait le constat qu’elle ne répondait pas au nouveau cadre, en termes d’activité, d’adhérents ou de structuration. Même constat pour la Fédération tahitienne d’escrime, qui est, en plus contestée par une fédération ma’ohi, très active, mais trop jeune pour prétendre à une délégation. Dans l’un et l’autre de ces sports, une candidature pourra être portée plus tard aux autorités, et instruite à part, pour être recalée sur le calendrier des autres DSP. Enfin, pour la boxe, au terme de l’instruction menée par la Direction de la Jeunesse et des Sports, seul le dossier de candidature de la Polynesian Boxing association (PBA) présidée par Tauhiti Nenaa a été considéré comme assez solide pour être porté devant la commission consultative d’attribution des DSP. Un avis favorable a été rendu, mais pas à l’unanimité : le représentant du comité olympique de Polynésie française, où c’est la la Fédération de boxe de Polynésie française (FBPF) de Ismael Tahiata qui siège depuis 2016, a pointé que la PBA n’est aujourd’hui pas affiliée aux fédérations internationales reconnues par le comité olympique international, ce qui allait compromettre la participation des boxeurs polynésiens aux jeux de Tahiti 2027. Une analyse qui est contestée par l’administration du Pays, qui compte tout de même attribuer la DSP à la fédération de Tauhiti Nena dans les semaines à venir. Une décision qui provoquera probablement de nouveaux recours en justice.