ACTUS LOCALESJUSTICE Échecs et baffes à Nuutania Pascal Bastianaggi 2025-09-25 25 Sep 2025 Pascal Bastianaggi Deux détenus de Nuutania comparaissaient ce jeudi pour des faits de complicité de violence avec préméditation ou guet-apens : ils avaient rossé un codétenu. Ils ont été condamnés à des peines de 30 et 18 mois de prison. Ariimoana C. jouait tranquillement aux échecs à Nuutania avec un autre détenu. Son adversaire décide de quitter la partie, et Tuarii V., 27 ans, prend sa place. La partie débute quand soudainement Tuarii se jette sur lui pour le rouer de coups. D’autres détenus tentent de les séparer, mais ils en sont empêchés par Wendy T., 33 ans, un gars qui à la réputation d’être violent et qui visiblement est craint. « On me respecte là-bas. » Pendant ce temps Tuarii s’acharne sur Ariimoana à tel point que celui-ci finit par perdre conscience. Une scène violente qui a été enregistrée par les caméras de surveillance de la maison d’arrêt. Interrogé par le juge sur la raison de cet acharnement, Tuarii indique que la victime lui avait dit « des gros mots ». Ce que reconnaît Ariimoana. « Il n’arrête pas de me demander pourquoi je suis là d’une façon qui m’énerve, surtout que je ne le connais pas. » « Il m’a dit qu’Ariimoana avait violé sa nièce » Mais le matin de l’agression, Tuarii avait dit à Wendy qu’il comptait bien rosser Ariimoana et qu’il fallait qu’il empêche les autres détenus de s’interposer. « Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a dit qu’Ariimoana avait violé sa nièce. Moi je l’ai cru, c’est un ami d’enfance. Moi j’étais juste là pour non-assistance de personne en danger » déclare Wendy. Un viol qui n’a jamais existé. Le juge interroge Tuarii, « pourquoi vous avez inventé cette histoire de viol ? », « je n’étais pas bien, je fume du paka », « il y a du paka à Nuutania ? », « il y en a depuis la nuit des temps. » Tuarii à un casier bien rempli de condamnations qui remontent à quand il était mineur : recel, vols, outrage, destruction de bien d’autrui, et des violences sur conjointe. Wendy de son coté n’a rien à lui envier : 18 condamnations au compteur pour stups, vols, violences avec arme, rebellion. « Avant je rossais tout le monde, plus maintenant, mais il me faudrait une formation de maîtrise de soi », assure Wendy. Pour le procureur, « c’est de la violence gratuite sur une victime sans défense » notant au passage la carrure des deux prévenus par rapport à leur victime, plutôt fluette et surtout récemment incarcérée. Il réclame une peine d’un an pour Wendy et de deux ans pour Tuarii. Après délibération, Tuarii a été condamné à 30 mois de prison et Wendy à 18 mois.