ACTUS LOCALESPOLITIQUESECTEUR PRIMAIRE Édouard Fritch dénonce « la désinformation » du Tavini sur la pêche Caroline Perdrix 2025-06-12 12 Juin 2025 Caroline Perdrix Le président du Tapura, dans une question orale, a demandé au gouvernement de rappeler les faits sur la prétendue pêche illégale des flottes étrangères dans la ZEE polynésienne, accusant le Tavini de désinformation sur le sujet. Warren Dexter a rappelé que seuls les pêcheurs polynésiens sont autorisés à pêcher dans la ZEE depuis 2001, et que la surveillance maritime n’a relevé aucune infraction depuis 2007. « Il faudra que ce message soit transmis au Tavini », a conclu Édouard Fritch. « Qui pêche dans notre ZEE ? » a demandé Édouard Fritch au gouvernement ce matin à l’assemblée. Il accuse le Tavini de mener depuis plusieurs années une campagne de « désinformation, celle d’un prétendu pillage de notre zone économique exclusive par les flottes étrangères. » Une accusation qui « qui ne repose sur aucun fait vérifiable, sur aucune preuve », a martelé le président du Tapura qui demandait au ministre en charge des ressources marines, Taivini Teai, de « rassurer nos pêcheurs comme notre population. » En l’absence du ministre qui rentre demain de Nice, Warren Dexter a confirmé : seuls les pêcheurs polynésiens immatriculés localement sont autorisés par le Pays, en vertu de l’article 47 du statut, à pêcher dans la ZEE : « Depuis 2001 la Polynésie n’a délivré aucune licence de pêche à des navires étrangers, qu’ils soient chinois, européens ou métropolitains. » L’occasion de donner les chiffres : la pêche polynésienne se compose de 82 palangriers hauturiers, 24 bonitiers et environ 320 poti marara, qui pratiquent exclusivement une pêche à la ligne. Ils incarnent « un modèle de pêche sélective et durable », a rajouté le ministre. La Polynésie représente 0,2% de l’effort de pêche dans le Pacifique Sud En revanche, en vertu de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, les navires étrangers bénéficient d’un droit de navigation et d’un droit d’accès portuaire, « dans le respect des réglementations en vigueur », a précisé le ministre. Ce sont ces passages dans nos eaux qui « peuvent créer une inquiétude légitime », a reconnu le ministre, et illustrent une « pression croissante » des flottes étrangères aux frontières de la ZEE polynésienne. « Environ 2 500 navires étrangers opèrent dans la zone du Pacifique Sud », selon les organismes internationaux. Quinze pour cent des 4 millions de tonnes de poisson pêchées dans le Pacifique Sud et Est le sont en haute mer à proximité de notre ZEE, tandis que les pêcheurs hauturiers polynésiens réalisent 8 600 tonnes de prises, soit « 0,2% de l’effort de pêche dans le Pacifique. » Ces flottes étrangères utilisent « plus de 1 200 DCP dérivants par mois », a également rappelé Warren Dexter, dont certains entrent effectivement dans la ZEE et attirent les thonidés juvéniles. « C’est précisément pourquoi le président du Pays a créé une aire marine protégée. » « Une surveillance permanente et dissuasive » Warren Dexter a donné aussi les chiffres de la surveillance maritime, et affirme qu’il n’y a eu « aucune infraction constatée depuis 2007 » grâce aux moyens engagés par l’État et le Pays, qui assurent « une surveillance permanente et dissuasive ». Toutefois, « nous souhaitons que ces moyens soient renforcés », a-t-il rajouté. Édouard Fritch a exprimé sa satisfaction : « Je pense que la vérité est enfin dite. Il faudra que ce message soit transmis au Tavini Huiraatira qui dit exactement le contraire. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/FRITCH.wav