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Fillon harangue ses partisans et renvoie sa famille politique « à son examen de conscience »

Paris (AFP) – François Fillon a harangué dimanche ses partisans réunis au Trocadéro, à Paris, les appelant à ne « jamais baisser les bras », et a invité « ses amis politiques » qui le poussent vers la sortie à faire leur propre « examen de conscience », sans réaffirmer toutefois qu’il irait jusqu’au bout de sa candidature.

« Mon examen de conscience, je l’ai fait et, croyez-le, je ne souhaite à personne d’avoir à le faire dans de telles circonstances. Aux hommes politiques de mon camp, je dirai à présent ceci: il vous revient maintenant de faire le vôtre », a lancé, sur un ton combatif, le candidat de la droite à la fin de son discours d’une trentaine de minutes.

« Laisserez-vous les passions du moment l’emporter sur les nécessités nationales? Laisserez-vous les intérêts de factions et de carrière et les arrière-pensées de tous ordres l’emporter sur la grandeur et la cohérence d’un projet adopté par plus de quatre millions d’électeurs? » a-t-il demandé aux ténors LR qui lui demandent de renoncer à la présidentielle.

« Je continuerai à dire à mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas. Parce que ce choix est le vôtre, celui de vos suffrages et à travers eux de vos espérances », a conclu l’ancien Premier ministre face à la foule l’ovationnant et rejoint sur la tribune par son épouse Penelope, drapeau tricolore à la main.

Auparavant, il avait reconnu sa « part de responsabilité » dans l' »épreuve » qu’il traverse et sa « faute » si le projet qu’il porte « rencontre de si formidables obstacles ».

– Fillon ne ‘désespère’ plus de la justice –

« J’ai commis la première erreur autrefois, je vous l’ai dit, en demandant à ma femme de travailler pour moi, parce qu’elle connaissait le terrain, parce que c’était commode. Je n’aurais pas dû le faire. Et j’ai commis la seconde en hésitant sur la manière d’en parler, de vous en parler, d’en parler aux Français », a-t-il expliqué. 

« Je ne vous demanderai pas de vous mettre à ma place. Mais croyez-le, lorsqu’on est, ce que je crois être profondément, un honnête homme, lorsqu’on a passé sa vie au service de l’intérêt général, essayant, un jour après l’autre, de prendre les décisions qu’on croit justes, il est difficile de faire face à une telle campagne », a-t-il ajouté.

Il a également modéré ses critiques contre la justice en affirmant qu’il  « ne désespère pas ». « Je me suis souvent raffermi en me disant que le jour où je serai reconnu comme innocent par une justice dont je ne désespère pas, quelles qu’aient été mes réserves sur ses premiers actes, mes accusateurs trop rapides auraient honte à leur tour. » 

« Le problème, c’est que ce jour-là, il sera trop tard. L’élection aura été faussée », a déploré M. Fillon, qui dénonçait jusqu’alors une justice « à charge » contre lui et même « un assassinat politique ».

En ouverture de son discours, le candidat avait remercié ses milliers de partisans brandissant des drapeaux tricolores et scandant « Fillon, tiens-bon, la France a besoin de toi », 

« Merci à vous qui ne baisserez jamais les bras. A vous qui refuserez toujours d’entendre les sirènes du découragement. Vous êtes une +certaine idée de la France+, cette idée éternelle est plus grande que moi, plus grande même que cette élection, oui, c’est cette haute idée française que je voulais inviter ici », a-t-il lancé, régulièrement interrompu par une foule scandant « Fillon président ».

© AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT
François Fillon lors d’un rassemblement au Trocadéro, à Paris, le 5 mars 2017

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