ACTUS LOCALESCULTURESOCIAL Grève de la Fraap : les agents de TFTN veulent préserver le Heiva Charlie Réné 2025-07-07 07 Juil 2025 Charlie Réné La troupe Manohiva, très applaudi samedi. ©TFTN Si la Maison de la Culture – Te Fare Tauhiti Nui fait bien partie des services concernés par le préavis de grève de la Fraap qui doit être déclenché ce mercredi, beaucoup de ses agents ne comptent pas se joindre au mouvement. Les représentants du syndicat dans l’établissement expliquent qu’ils pourraient « soutenir » mais pas « participer » à la grève, pour ne pas perturber – voire faire annuler – les trois dernières soirées de compétition du Heiva. « Rien n’est figé », prévient tout de même un représentant du personnel, qui parle de discussions en interne ce mardi, en cas d’échec des négociations de ce lundi soir à la présidence. [Mise à jour 20 heures : après une réunion au sein de la Fraap et la rencontre du syndicat à la présidence, Toarere Avaemai, un des représentants de la Fédération à la Maison de la Culture, assure finalement que le syndicat fera en sorte de mobiliser au sein de TFTN si la grève est déclenchée mercredi. Lire notre article sur les déclarations de la soirée] C’est une des craintes les plus audibles depuis la reprise du conflit entre la Fraap et le Pays. La perturbation – voire même l’annulation – du Heiva avait été une première fois évitée de justesse par la signature d’un protocole de fin de conflit à la Maison de la Culture – Te Fare Tauhiti Nui le 1er juillet. Les trois premières soirées se sont depuis déroulées sans accroc, en fin de de semaine dernière, avec un très bel accueil réservé, à Hei Tahiti ou Manohiva, pour ne parler que des groupes de danse en Hura Tau. Sauf que la compétition, comme tous les ans, s’étend sur deux semaines et doit reprendre ce jeudi 10 juillet, au lendemain du déclenchement du nouveau préavis de grève de la Fraap, déposé une semaine plus tôt, après le jugement déclarant illégal son premier mouvement générale dans la fonction publique territoriale. Or TFTN fait bien partie de la liste des services concernés par le préavis, comme l’avait immédiatement dénoncé le président du Pays Moetai Brotherson. Si les agents de l’établissement public repartent en grève, ce sont les trois dernières soirées du Heiva – où doivent notamment se produire, en ‘ori catégorie « professionnelle », Tamariki Poerani, Temaeva, et Teva i Tai – qui sont donc menacées. De même que la soirée de remise des prix du 16 juillet et les deux soirées des lauréats programmés le weekend suivant. « Rien n’est figé » L’édition 2025 va-t-elle connaître une fin abrute ? Probablement pas. Dans les rangs de TFTN, beaucoup se disaient, dès la fin de la semaine dernière, pas convaincus par ce nouveau mouvement. Et certains dénonçaient même l’inscription du nom de l’établissement sur le préavis de la Fraap, « sans l’accord des agents ». Les représentants du syndicat au sein de la Maison de la Culture démentent : ils ont bien été consultés par la Fédération et précisent que « le protocole signé la semaine dernière ne couvre que 13 des 16 points du cahier de revendication » initial. Un cahier qui citait aussi l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires, seul objet du préavis en cours de la Fraap. Et pourtant, les mêmes militants, expliquent que les agents de TFTN pourraient ne pas arrêter le travail. « On soutient le mouvement », précise un représentant du personnel, mais pour l’instant il n’a pas été décidé d’y « participer », pour préserver le Heiva, plus grand rendez-vous culturel de l’année, pour lequel des milliers de personnes ont réservé des places depuis des semaines et des centaines de chanteurs et danseurs s’entrainent depuis des mois. « Rien n’est figé », prend soin de préciser le même représentant. Une réunion doit avoir lieu vendredi entre les agents pour confirmer ou non cette position. Et peut-être laisser, d’ici là, un moyen de pression supplémentaire au syndicat de Jean-Paul Urima dans ses négociations avec la présidence, qui doivent reprendre ce lundi soir.