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Grève de la Fraap : pour Vannina Crolas « l’effort a déjà été fait »

Interrogée ce vendredi sur le nouveau préavis de grève de la Fraap, et donc sur le nouveau round de négociation qui doit être organisé avant le 17 juillet, la ministre du Travail et de la Fonction publique ne semble pas envisager de changement dans la position du gouvernement. Les discussions sur le point d’indice de fonctionnaires, toutes décevantes soient-elles pour les syndicats, ont été faites en avril, et attendront 2026 pour être relancées, les mesures spécifiques aux catégories D ont été longuement débattues puis actées… Et même si la Fraap n’en voulait pas, le « guichet social » pour les agents en difficultés va bien être créé à la vice-présidence.

Lire aussi : La Fraap annule son préavis… Et en redépose un pour le 17 juillet

En fin de matinée, ce vendredi, le gouvernement attendait toujours la réception du nouveau préavis de la Fraap. Gérard Barff et Jean-Paul Urima avaient annoncé, un peu plus tôt, le dépôt de cette nouvelle menace de mobilisation, la quatrième depuis décembre, après l’annulation par leur soin de la grève lancée, pour quelques minutes seulement avant d’être suspendue, dans la nuit de mardi à mercredi. Le document aurait été transmis d’après le syndicat, dans l’après-midi au gouvernement. Rendez-vous donc le 17 juillet – après la remise des prix du Heiva, mais en pleine visite ministérielle de Manuel Valls – pour un mouvement qui « va impacter le monde économique », comme l’a prévenu la Fraap.

Pas de nouvelles discussions sur le point d’indice…

Une façon, donc, de remettre la pression sur l’exécutif et relancer des négociations, qui, ces dernières semaines, n’ont jamais réellement décoller. Et à entendre Vannina Crolas, rien n’indique qu’une autre issue est possible lors des rencontres qui devraient avoir lieu dans le courant de la semaine prochaine. La ministre le rappelle : les négociations du point d’indice des fonctionnaires ont été clôturées, malgré la déception de l’ensemble des syndicats sur la revalorisation de 20 points arrêtée par le gouvernement, en avril. « Aujourd’hui aucun agent de l’administration n’est au Smic, rappelle la ministre du Travail et de la Fonction publique, le salaire minimum brut dans l’administration, c’est 192 000 francs, tandis que dans le privé, le smic est à 173 000. Il y a déjà eu un effort, et on ne voit pas pourquoi les agents équivalents à la catégorie D dans le privé devraient gagner moins qu’un agent qui ferait le même travail dans l’administration ». Pas question, donc de reparler du point d’indice, et surtout pas avec un seul syndicat : les organisations représentatives du secteur ont rendez-vous en « mars-avril 2026 » pour les négociations annuelles, désormais « sanctuarisées » par la réglementation.

… Ni sur les rémunérations des catégories D

Le gouvernement pourrait-il orienter, de nouveau, les discussions, justifiées avant tout sur les « difficultés » de certains fonctionnaires face à l’inflation et aux pertes de pouvoir d’achat, vers des revalorisations spécifiques aux plus bas salaires de l’administration ? Non, répond la ministre, qui estime que le pouce aux grilles des catégorie D de janvier remplissait déjà ce rôle. « On ne va pas refaire ce qu’on a déjà fait », appuie la ministre. Elle rappelle en outre que certaines catégories d’agents – notamment les infirmiers, assistants sociaux éducatifs, conseillers sociaux éducatifs et cadres de santé – ont bénéficié, en début d’année, de reclassement catégoriels attendus depuis longtemps. Et que des discussions avec l’ensemble des syndicats ont permis de généraliser la rémunération des astreintes – principalement pour les catégories C et D – en fin d’année dernière, en même temps qu’un changement dans le calcul des heures supplémentaires en cas de jour férié pour les soignants des îles.

Le « guichet social » va bien être lancé

Vannina Crolas explique en revanche que le gouvernement allait bien lancer on « guichet social » proposé aux agents lors des dernières discussions avec la Fraap, qui avait associé ce dispositif à de la mendicité institutionnalisée. Car en dehors de la question des revenus, « il y a peut être des agents publics qui ont des situations familiales compliquées, dont on peut prendre connaissance, détaille-t-elle. C’est dans ce cadre qu’on ouvre ce guichet social, pour l’instant à la vice présidence (le troisième jeudi de chaque mois, ndr), pour appréhender vraiment les difficultés de nos agents et de nos familles. Et on voit ensuite les réponses adaptées qui pourraient être proposées à ces familles de notre fonction publique. Sans pour autant les privilégier par rapport à d’autres familles qui pourraient être dans la difficulté ».

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