ACTUS LOCALESÉCONOMIE Guerre au Moyent-Orient : le Pays veut mobiliser 4 milliards pour éviter l’inflation Maia Galot 2026-03-11 11 Mar 2026 Maia Galot Alors que le conflit entre l’alliance israélo-américaine et l’Iran semble connaitre une escalade au Moyen-Orient, Moetai Brotherson a présenté en conseil des ministres la stratégie du Pays pour « préserver le pouvoir d’achat des Polynésiens » face aux conséquences de la guerre. Quatre milliards de francs seront mobilisés lors du prochain collectif budgétaire, entre autres pour intervenir sur les prix à la pompe, tandis que l’approvisionnement en hydrocarbures est surveillée de près. Le pays s’inquiète aussi des fluctuation du cours du baril pour ATN, déjà très fragile financièrement. Le Président a présenté ce mercredi 11 mars en conseil des ministres une communication relative à la stratégie du Pays pour « préserver le pouvoir d’achat » face aux conséquences de la Guerre au Moyen-Orient. Même si les approvisionnements en hydrocarbures du fenua proviennent principalement de Singapour et de Corée du Sud, la situation au Moyen-Orient est une préoccupation « majeure » pour le Pays. « L’escalade du conflit entre l’Iran et l’alliance israélo-américaine a entraîné de fortes perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial » rappelle ainsi le gouvernement dans un communiqué. Une situation qui provoque une hausse des coûts logistiques et une forte volatilité du prix du pétrole : le baril de Brent a approché des 120 dollars le 9 mars, avant de repasser sous la barre des 100 dollars après des déclarations de Donald Trump sur une « issue rapide » au conflit. Sauf que les bombardements américains et israëliens visant le régime de Teheran, comme les contre-attaques iraniennes contre les émirats tout proche se poursuivent, laissant craindre des perturbations au long cours de cette région capitale de production et de transport d’hydrocarbures. Stocks et ravitaillement : des informations disponibles « rassurantes » Le gouvernement a donc prévu de rencontrer cette semaine les principaux acteurs du secteur, pour « affiner les informations » sur les ravitaillements prévus et en cours, et préciser l’état complet des stocks. « À ce stade, les informations disponibles sont rassurantes » affirme la présidence, « un navire transportant plusieurs millions de litres d’hydrocarbures est actuellement en route vers la Polynésie française et les stocks actuels permettent d’assurer plus de trois mois d’approvisionnement pour les services essentiels, notamment les services de secours, les infrastructures aéroportuaires et les établissements de santé. » De plus, le Président a affirmé que « le Pays engage toutes les mesures économiques pour contenir les effets de la crise sur le territoire, protéger le pouvoir d’achat des Polynésiens et amortir les effets de la hausse des prix de l’énergie« . Pour cela, ce sont donc 4 milliards de francs qui seront mobilisés « dès le premier collectif budgétaire » de l’année. L’objectif étant de prévenir les effets d’un éventuel bond de l’inflation. En parallèle, le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) continuera de jouer son rôle de stabilisation des prix à la pompe, assure l’exécutif, qui dit aussi rester également « attentif à la vulnérabilité de la compagnie Air Tahiti Nui, particulièrement exposée aux fluctuations du prix du carburant« . Selon Moetai Brotherson, cette crise internationale « confirme la nécessité de renforcer la résilience économique du territoire » ainsi que son autonomie alimentaire, un dossier sur lequel son gouvernement est régulièrement critiqué à l’assemblée ou par les professionnels du secteur primaire. Le gouvernement assure toutefois avancer, avec le programme Tama’a maita’i, pas encore mis en place, et lui aussi critiqué, les mesures tendant à la gratuité de la cantine scolaire et d’une meilleure pénétration des produits locaux dans les menus et un soutien renforcé aux pêcheurs côtiers et hauturiers ainsi qu’aux agriculteurs.