ACTUS LOCALESMISS TAHITI Après le « choc » du sacre, Hinaupoko Devèze en plein marathon médiatique Charlie Réné 2025-12-07 07 Déc 2025 Charlie Réné ©Miss France Devenue samedi, après un face-à-face final 100% Pacifique, la sixième Miss Tahiti à remporter le concours Miss France, Hinaupoko Deveze a déjà fait l’objet de centaines d’articles, et enchaîne les interviews, notamment sur le plateau du 13 heures de TF1 où elle a étrenné sa couronne. Devant chaque micro, elle dit vouloir faire « rayonner » le fenua, revendique son héritage marquisien comme son lien Sud de la France, elle parle de son rapport aux réseaux sociaux, où de se succèdent d’éphémères polémiques, ou de santé mentale, thème qu’elle a choisi de mettre en avant. Retour sur la soirée d’élection et sur un premier weekend de « règne » éprouvant. Lire aussi : Leïana Faugerat : « Elle m’a demandé de la pincer parce qu’elle ne réalisait pas » Classée deuxième par le jury, Hinaupoko sauvée par le public À la présidence, « on avait déjà mis Miss France sur les banderoles » La soirée minute par minute [MàJ 07/12] Grande favorite du concours national ces derniers mois, Hinaupoko Devèze n’a pas déçu ce samedi. Radieuse dans les tableaux, au dessus du panier en danse, impeccable lors des passages au micro, et de plus en plus soutenue, au fur et à mesure de la soirée organisée au Zénith d’Amiens, dans la salle et sur les réseaux sociaux, la Miss Tahiti 2025 a tout simplement signé un sans-faute. Et a surtout su faire oublier les polémiques qui avaient entouré son « comportement » lors du stage de préparation en Martinique. « On est avant tout humain, on tombe parfois, mais on se relève et on avance », a-t-elle lancé sur scène pendant la soirée d’élection, comme un clin d’œil à cette phase de doute. Les cigales et le ukulélé Certes, son « costume régional », imaginé par Hélène Coudret et qui mêlait Patutiki et plumes multicolores, n’a pas convaincu tout le monde. Le comité Miss Tahiti a même appelé ses soutiens à se remobiliser sur les réseaux sociaux après ce passage, et rappelé que c’est le comité Miss France qui avait la main sur le choix des tenues. Mais les débats ont été de courte durée tant ses interventions ont fait l’unanimité. Hinaupoko, née à Tahiti d’une mère Marquisienne, mais qui a déménagé à l’âge de 5 ans dans les Cévennes et fait ses études à Montpellier, s’est présentée devant le public comme « le fruit d’un amour entre la Polynésie et le Sud de la France », « bercée par le chant des cigales que par la mélodie du ukulélé ». Elle a servi du « Bonjour la France et Iaorana Porinetia » aux millions de téléspectateurs, et a rappelé, après une question posée par Mareva Georges sur les valeurs française, qu’elle était comme beaucoup d’autres Français « un peu d’ici et un peu d’ailleurs ». Le croquis du costume décrié signé Hélène Coudret, diffusé par le comité. Dix écharpes en 13 éditions Ses principales rivales dans les pronostics, Miss Nord-pas-de-Calais et Miss Provence, avaient été écartées avant même la demi-finale. Et Hinaupoko faisait face, dans le « top 5 » de la fin de soirée, à Miss Roussillon, finalement élue quatrième Dauphine, Miss Guadeloupe (3e dauphine), Miss Normandie (2e Dauphine), et la représentante calédonienne Juliette Collet. Les deux reines de beauté ont offert au public un duel final 100% Pacifique, remporté donc par la Polynésienne, sixième Miss Tahiti à devenir Miss France après Vaimalama Chaves, Mareva Galanter, Mareva Georges, Thilda Fuller et Edna Tepava. Depuis 2012, la Polynésie a placé dix de ses représentantes parmi les finalistes du concours nationale. Outre Vaimala Chaves, qui était la dernière Miss France tahitienne en 2019, Hinarani de Longeaux, Mehiata Riaria, et Hinarere Taputu avaient été élue première dauphine en 2012, 2013 e 2014, Vaimiti Teiefitu et Vaea Ferrand avaient été deuxième dauphine les deux années suivantes, comme Matahari Bousquet en 2019. Tumateata Buisson avait été élue quatrième dauphine en 2021 et Ravahere Silloux sixième dauphine en 2023. « C’est pour tout un peuple » La vie de la jeune femme de 23 ans a donc basculé à 0h44 précise. Ont suivi quelques larmes, puis beaucoup de flash, et déjà des messages de félicitations par millier. D’abord trop émue pour parler au micro de Jean-Pierre Pernault, elle s’est rapidement reprise : « J’ai un cocktail d’émotions, je n’arrive pas à réaliser », a-t-elle confié, parlant d’une « victoire collective » et même une victoire « pour tout un peuple », « pour toutes les personnes qui ont été à mes côtés ». C’est avec les 29 autres miss régionales, et en particulier la Calédonienne Juliette Collet, qu’elle a d’abord fêté ce titre. Mais dès sa descente de scène, c’est la cohue. Anciennes miss, dont Mareva Georges, qui est montée sur scène pendant la soirée, ou Vaimalama Chaves, qui lui a souhaité la « bienvenue dans la famille, membres du jury et du comité, personnalités invitées à la soirée… Le selfies s’enchaînent, et les articles se multiplient déjà dans la presse nationale pour rappeler le parcours de cette ancienne étudiante en psychologie, qui disait au micro de Radio1, alors qu’elle était encore candidate à Miss Tahiti, vouloir « toucher les gens avec [s]on coeur ». Après la fin de l’émission, Hinaupoko est toujours sous le choc au micro du comité Miss France : « Je n’arrive pas à réaliser, je n’ai même pas d’émotions tellement que je suis sous le choc, et en même temps, je me dis que c’est déjà la fin de cette magnifique aventure, et je suis aussi assez triste de quitter toutes mes copines que je me suis faites lors de ce parcours pour Miss France. Et je suis très honorée d’avoir été choisie pour ce titre et je remercie toutes les personnes qui ont été sur mon chemin. Merci d’avoir été là, merci de m’avoir soutenue, je vous aime fort ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/HINAUPOKO-reaction.wav Camille Cerf comme chaperonne La Miss France 2026 n’a pas encore de calendrier officiel. Ni de date de retour au fenua. Mais son agenda médiatique est déjà très chargé. Pour l’aider, Hinaupoko Devèze pourra compter sur sa marraine officielle – une première, annoncée par le comité national : Camille Cerf, qui d’après Voici a déjà bien encadré la Tahitienne le soir de l’élection. La Miss France 2015 et membre du jury cette année, a notamment rappelé à la gagnante du concours qu’il fallait toujours répondre « comme si c’était la première fois » aux questions, même redondante. Hinaupoko, elle, préférait ne pas cacher sa lassitude face à un journaliste qui l’interrogeait sur son émotion : « Alors vous êtes la vingtième personne à me poser la question » avait-elle lâché. Fenua, réseaux, santé mentale… Et c’est loin d’être la dernière fois que la question lui a été posée dans le weekend. Miss France 2026 a enchaîné les interviews, à commencer par le plateau du journal dominical de 13 heures de TF1, une des émissions françaises les plus suivies, où elle a parlé du fenua, de mana, et de son envie de faire rayonner la Polynésie : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/MISS-TAHITI-TF1-faire-rayonner-la-Polynesie-1.wav Une interview sur la première chaîne de France pendant laquelle elle a parlé de ses complexes passées – des camarades la surnommait « la girafe » du fait de sa grande taille et sa voix grave a aussi été moquée – et de ses moments de « doute voir de déprime », ces dernières années. La diplômée de psychologie a fait des questions de santé mentale la « cause » de son élection, un des grands thèmes qu’elle veut mettre en avant : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/MISS-TAHITI-TF1-sante-mentale.wav Des messages répétés lors d’autres interviews, notamment auprès du journal Le Parisien à qui elle a aussi expliqué qu’elle ne comptait pas « jouer l’influenceuse » et faire suivre sa vie heure par heure sur les réseaux sociaux. « Je ne serai pas forcément celle qui aura son téléphone pour tout filmer, dit-elle. Il faut savoir se détacher de tout ça, vivre ce qui se passe sous vos yeux, rester concentré sur l’échange avec les personnes (…) C’est l’expérience humaine avant tout que je cherche à travers mon expérience miss France ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/MISS-TAHITI-Le-Parisien-1.wav Des réseaux sociaux où, comme à chaque élection, sont lancés d’éphémères polémiques. La mannequin a ainsi dû se justifier à plusieurs reprise durant le weekend sur son apparition, à l’âge de 19 ans, dans un clip des rappeurs Koba LaD, actuellement incarcéré pour avoir été impliqué dans un accident mortel après avoir consommé du paka, et Naps, qui doit être jugé en février pour viol. Une actualité que ne semble pas connaitre la nouvelle Miss France : « C’était une expérience sympa, les gens en ont fait un buzz, je n’ai pas trop compris pourquoi », a-t-elle expliqué à Télé Loisirs. Elle a aussi dû répondre à ceux qui l’accusait d’utiliser un « faux nom », puisque beaucoup la connaissait de ses années en métropole, et avant sa réinstallation progressive au fenua entre 2020 et 2023, sous le prénom de Céline. « C’est commun que les Polynésiens aient un prénom français et un polynésien a-t-elle rappelé au même magazine. Par fierté et reconnaissance de nos racines, on utilise notre prénom Polynésien quand on est à Tahiti. »