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Inflation, hausse du Smig, emploi… Fritch prend la température à Tipaerui

Le président du Pays, accompagné de ses ministres Yvonnick Raffin et René Temeharo, a visité ce matin plusieurs entreprises de la zone industrielle de Tipaerui. L’occasion de prendre le pouls d’une reprise économique freinée par l’inflation. Et de discuter des mesures à prendre, selon les entrepreneurs, pour relancer l’emploi.

Un président, trois ministres, et beaucoup de communication, ce matin, dans les allées de Tipaerui. La délégation gouvernementale a visité, toute la matinée, plusieurs entreprises, de la TSP à Plastiserd en passant par Fenua Wood, Pacific Alu ou Somalu. L’occasion de se renseigner sur les projets de chacun, mais surtout de prendre la température de l’activité. Et chez les entrepreneurs, le constat est le même : la reprise post-covid, tant espérée, est freinée par la hausse des prix. Celle des matières premières bien sûr – +40% sur certains matériaux de base, expliquent les entrepreneurs -, celle du fret maritime, mais aussi, plus généralement, celle des biens de consommation, qui pèse sur la consommation des ménages polynésiens. L’analyse est d’ailleurs partagée par Édouard Fritch, surtout inquiet par le caractère imprévisible de cette inflation : « C’est comme la Covid, on sait pas à quel niveau on va s’arrêter ».

Certains entrepreneurs se montrent tout de même optimistes. C’est le cas Mathieu Fiori, qui s’apprête à racheter, avec quelques associés, l’entreprise Mana Wood, qui valorise le bois local – et notamment des morceaux non utilisés en grande menuiserie – en réalisant des produits de décoration, de signalétique ou d’agencement. Son objectif : lancer de nouveaux produits, trouver de nouveaux marchés, du côté du secteur touristique en pleine relance notamment, et embaucher davantage. Malgré les difficultés d’approvisionnement ou de transport international, « si les choses tournent dans les autres secteurs d’activité, on peut envisager un développement ».

Et pour que « ça tourne », les entreprises visitées ce matin ont multiplié les demandes de mesures de soutien à l’emploi au gouvernement. Car la hausse du Smig en décembre, et la nouvelle revalorisation annoncée pour le 1er mai (une revalorisation automatique, et qui doit permettre de suivre l’inflation) inquiètent : « Bien sûr que ça fait plaisir aux salariés, et notamment aux petits salaires, mais je sais aussi que c’est une charge pour les entreprises », convient Édouard Fritch. Aucun doute, face à l’augmentation de la masse salariale, et au passage des cotisations sociales, « il faut trouver des solutions pour accompagner les entreprises ». Le président du Pays, s’il exclut de baisser les charges sociales « tout de suite » – l’exécutif veut attendre d’avoir un retour précis sur le rendement de la TVA sociale et sur les besoins réels de la PSG – évoque des mesures d’aides à l’embauche. « Les discussions sont en cours », assure-t-il.

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