ACTUS LOCALESJUSTICE Ivre mort sur la voie publique il s’en prend aux pompiers venus le réanimer Pascal Bastianaggi 2025-05-22 22 Mai 2025 Pascal Bastianaggi Une famille de plaisanciers a été condamnée, ce jeudi, à des amendes pour outrage et rébellion envers des personnes dépositaires de l’autorité publique. Après une soirée bien arrosée à Papeete, le père de famille avait fait un malaise à l’angle de l’avenue Prince Hinoi et alors que les pompiers l’examinaient, il a tenté de les frapper. Les autres membres de la famille se sont opposés, à coup d’insulte, de coups et de tentative de morsure, aux policiers qui tentaient de le maîtriser. C’était en juillet 2024. Après une soirée plutôt bien arrosée dans un bar, une famille de plaisanciers dont le taux d’alcool oscillait entre le gramme et les deux grammes dans le sang, décident de rentrer à bord de leur voilier. Arrivés à hauteur du Maitai Express, à l’angle de l’avenue Prince Hinoi, le père chute lourdement face en avant. Un attroupement se forme attirant l’attention d’une patrouille de la police passant par là. Une patrouille composée de gardiens de la paix assermentés et de policières adjointes. Les représentants de l’ordre s’approchent et voient l’homme inconscient, face contre terre. Les pompiers arrivent et se penchent sur lui tentant de le réanimer. Et ils y arrivent plutôt bien, puisque la victime reprenant ses « esprits », les repousse brutalement et en frappe un. C’est alors que les policiers interviennent et tente de le calmer puis de le maîtriser. Des actes qui déclenchent des insultes à l’égard des pompiers et des policiers. « C’est quoi ces pompiers et flics à la con » commence le petit ami de la fille du couple, rejoint par la mère, « espèces de connes et de connasses » puis la fille qui en rajoute une couche, « bande de connes, bande de connasses. » Les adjointes de police essaient de les calmer, mais la fille tente de les mordre, les frappe et finit menottée comme la mère et le petit ami. Le père est envoyé au CHPF où il refuse de se soumettre au test d’alcoolémie puis rejoint le reste de la famille en garde à vue, après avoir fait un tour en cellule de dégrisement. « Vos clients se mettent ‘minables’ sur la voie publique » Ils étaient plus calmes ce jeudi à l’audience, bien qu’ils contestent les faits. Le père, au casier chargé d’infractions pour conduite en état d’ivresse et de permis annulés, ne se souvient de rien. La mère et la fille nient avoir proféré des insultes et seul le petit ami avoue avoir proféré « C’est quoi ces pompiers et flics à la con », mais précise-t-il, « je m’adressais à la famille. » Interrogé le père estime que s’il s’est montré agressif c’est peut être que « les pompiers étaient agressifs, je suis quelqu’un de responsable » précise-t-il, comme si le tribunal en doutait au vu de son CV judiciaire. Les deux policières adjointes appelées à la barre affirment toutes deux avoir été insultées et agressées, ce qui ne satisfait pas l’avocat de la famille, qui met en doute leurs compétences. Il les interroge sur leur formation puis leur demande leur avis sur l’incident qui s’est déroulé en septembre 2024 où un handicapé avait été frappé par un policier. « Vous avez eu un complément de formation suite à cela ? » « Non. » Pour lui, l’enquête n’aurait jamais dû être confiée aux collègues des plaignants. « Les enquêteurs ont été animés par leur loyauté envers leur supérieur hiérarchique. » Il demande la nullité de la procédure. Des allusions qui ne passent pas auprès de la partie civile. « Je trouve de mauvaise foi que mon confrère mette en cause mes clientes en faisant allusion à cette affaire. C’est insultant. Ce sont elles qui ont appelé les pompiers et ce sont vos clients qui se montrés hostiles envers les pompiers et la police. Vos clients se mettent minables sur la voie publique, ça dépasse les limites. » « La parole de la police a valeur juridique, elle ne s’amuse pas à faire des procédures pénales » La procureure monte au créneau : « La parole de la police a valeur juridique, elle ne s’amuse pas à faire des procédures pénales et des gardes à vue sur des faits qui n’existent pas. Ils n’ont pas à être insultés. » Elle réclame à l’encontre de la famille trois mois avec sursis. Mais la défense n’en démord pas, pour elle, il y a une défaillance dans le dossier, « sous prétexte que les policiers sont assermentés, ils disent la vérité ». Il remet sur le tapis les violences policières sur l’handicapé, « là, les policiers ont menti. » Ultime argument, désignant les policières adjointes, il s’exclame : « Elles ne sont que deux, les autres policiers présents ce soir-là auraient pu venir, mais peut-être qu’ils sont suspendus ? » avance-t-il, sous-entendant que les représentants des forces de l’ordre suspendus quelques semaines plus tard pour avoir violenté un handicapé accompagnaient les policières adjointes ce soir-là. Il l’assure, « les policiers adjoints sont vus par leur collègues comme des gens inexpérimentés, mal formés et dangereux car porteurs d’armes. » Il demande la relaxe pour ses clients. Une demande que n’a pas entendue le tribunal, puisque le père a été condamné à une amende délictuelle de 30 000 francs et 20 000 francs de dommages intérêts, quant aux autres à des amendes de 20 000 francs avec sursis et 20 000 francs de dommages intérêts.