ACTUS LOCALESÉCONOMIE La Brasserie de Tahiti va distribuer Heineken à la place de Kim Fa Charlie Réné 2026-01-25 25 Jan 2026 Charlie Réné Depuis six décennies, c’est la société Kim Fa qui représente le groupe Heineken en Polynésie, et y distribue ses produits de façon exclusive. Y compris les célèbres bouteilles et cannettes vertes à l’étoile rouge produites localement par la Brasserie de Tahiti. La multinationale néerlandaise, qui préfère désormais un « modèle entièrement intégré combinant production et distribution » a annoncé ce vendredi mettre fin à ce partenariat. Et transfert ses droits de distribution en Polynésie au groupe Brasserie, qui espère en profiter pour rapatrier localement certaines productions. Six décennies de collaboration, et un divorce entre Heineken et Kim Fa. La société polynésienne représente le géant néérlandais au fenua depuis les années 60. Si la Brasserie de Tahiti, depuis 1975, produit, aux côtés de sa Hinano, des bières Heineken sous licence, c’est bien Kim Fa qui en est le distributeur exclusif. Elle importe d’ailleurs d’autres produits de la multinationale à l’étoile rouge, propriétaire de 250 marques, dont Desperados, Affligem ou Adelscott, elles aussi bien installées dans les rayons polynésiens. Ce partenariat, le siège régional Asie-Pacifique de la multinationale a annoncé y mettre fin, dans un communiqué publié vendredi, actant le transfert de ses droits de distribution vers la Brasserie de Tahiti. « Cette décision stratégique reflète l’engagement de longue date de rester au plus près des consommateurs polynésiens, en leur garantissant un accès continu à la bière la plus emblématique au monde, tout en offrant une plus grande valeur ajoutée grâce à un modèle entièrement intégré combinant production et distribution locale », écrit Heineken, assurant vouloir conduire la transition « de manière responsable et transparente ». Une transition « synonyme de continuité et de progrès » assure Paul Hulsbosch, en charge du marché polynésien depuis le siège régional de Singapour. Il s’agirait de « maintenir Heineken accessible et compétitive pour les consommateurs ». Ce transfert a bien sûr de quoi renforcer la domination de la Brasserie de Tahiti sur un marché de la bière, où elle pèse 80 à 90 % de ventes, d’après les dernières données de l’Autorité de la concurrence. Le groupe estime de son côté que la décision de Heineken, fruit d’une nouvelle politique internationale du groupe, pourrait permettre de renforcer la production locale, particulièrement protégée par la TDL sur ce marché. Si les canettes et bouteilles de 33 cL de la marque à l’étiquette verte sont produites localement, d’autres produits Heineken, dont les bouteilles de 65 cL, sont aujourd’hui importées d’Europe.