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La clinique Paofai n’est pas encore tirée d’affaire

La clinique Paofai © Tamara SENTIS

La clinique Paofai © Tamara SENTIS

Un an et demi après la reprise de la clinique Paofai par un collectif de 18 médecins, le climat social est tendu au sein de l’établissement. Les finances sont dans le rouge et les salariés s’inquiètent de la remise en cause de leurs acquis sociaux. Les actionnaires assurent pourtant avoir la situation bien en main en donner la priorité à « l’aspect social ».

En février 2014, le tribunal de commerce avait accepté de livrer l’avenir de la clinique Paofai à un collectif de 18 médecins, leur confiant ainsi la lourde tâche de redresser la barre d’un établissement de santé en piteux état. Vingt mois plus tard, la clinique est loin d’être sortie d’affaire. Elle ne réalise pas de bénéfices et les comptes ne sont toujours pas équilibrés. Le renouvellement du matériel doit même être financé sur fonds propres par les actionnaires. Mais pour le taote, Cyrille Serra, président des actionnaires, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Le retour à l’équilibre financier n’était pas prévu avant 2016…

Des dépenses accrues

Un an après la reprise, les médecins s’enorgueillaient d’une augmentation de 16% de l’activité de la clinique. Une fausse bonne nouvelle, puisque l’établissement perçoit une dotation fixe de la CPS de l’ordre de 1,3 milliard de Fcfp quel que soit le nombre d’interventions pratiquées. Augmenter l’activité de la clinique signifie donc augmenter les frais de fonctionnement et, par conséquent, amaigrir les réserves financières. Pour le président des actionnaires, cette augmentation de l’activité n’est pas un choix de la part des gestionnaires : « C’est une réponse à la demande. »

Sur le plan financier, les salariés et représentants syndicaux dénoncent la baisse de la redevance pratiquée par les médecins. Il s’agit du pourcentage des honoraires que chaque médecin reverse à la clinique pour l’occupation des lieux. Or cette redevance est passée de 15 à 9% l’année dernière… Aujourd’hui, la redevance a retrouvé son niveau d’antan. Mais le taote, Cyrille Serra, assure que cette situation ne relevait pas d’une décision des médecins.

Des salariés inquiets

En juin dernier, une première réunion a eu lieu entre le commissaire aux comptes et les actionnaires de la clinique. Une seconde rencontre est prévue dans le courant du mois d’octobre. Au cours de cette entrevue, les taote défendront leur budget prévisionnel pour 2016. Le commissaire aux comptes devra ensuite vérifier la viabilité de ces prévisions. Cyrille Serra se réfugie d’ailleurs derrière cette validation par le commissaire aux comptes pour évoquer un éventuel « gel du 13e mois » des salariés…

Aujourd’hui, les 189 salariés de la clinique Paofai ne sont pas très sereins pour l’avenir. « Ils sont inquiets. Leur sort est suspendu aux décisions qui seront prises lors de cette réunion (d’octobre, NDLR) », affirme Gérard Coulon, le délégué syndical de A tia i mua, syndicat majoritaire au sein de la clinique. Selon lui, la première des préoccupations reste le paiement du 13e mois. Un sujet sensible qui était déjà à l’origine du dépôt de bilan de 2014. Le représentant du personnel affirme qu’il n’hésitera pas à « prendre les mesures qui s’imposent » si le personnel de la clinique perdait ses avantages sociaux ou si des postes venaient à être supprimés.

Des investissements en suspend

A la reprise de la clinique, les 18 actionnaires ont entrepris des travaux de remise aux normes de l’ordre de plus de 200 millions de Fcfp sur fond propres. Selon Cyrille Serra : « il s’agissait de pallier une urgence ». Mais au-delà de cette urgence, le plan de reprise des médecins prévoyait des investissements de l’ordre de 800 millions de Fcfp étalés sur trois ans. Seulement le futur schéma d’organisation sanitaire 2015-2020 de la Polynésie (SOS) est venu chambouler cette décision puisque le document suggère la création d’un pôle unique de santé privée. Les médecins attendent donc d’avoir la certitude d’occuper les locaux de la clinique dans les années à venir pour démarrer des travaux.

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