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La décentralisation, « pas dans la culture » de l’administration, dit Édouard Fritch

Édouard Fritch estime que la décentralisation promise par le gouvernement est une « annonce extraordinaire » dont la logique ne saute pas aux yeux, qui ne pourra pas être réalisée sans résoudre les oppositions, y compris internes au Tavini, concernant la route, et qui va à l’encontre de la culture de l’administration et de l’exécutif.

Le tavana de Pirae, Édouard Fritch, est directement concerné par le projet de décentralisation puisque la Direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE) serait appelée à déménager à Mahina. Mais il n’a pas d’explication sur les raisons de ce choix, dit-il.

« Encore une fois, je crois qu’on a affaire ici à une grosse nébuleuse organisée par le gouvernement actuel. Parce qu’on fait des annonces, c’est une annonce extraordinaire, sur 12 ans, plusieurs milliards, mais en fait, les tenants et les aboutissants d’un tel projet ne sont pas au rendez-vous. Autant on peut trouver logique que l’agriculture aille à Papara, parce qu’effectivement, le monde rural est de ce côté là-bas, les recherches se font à Papara, les pépinières sont à Papara. Mais pourquoi aller jusqu’à déplacer la DGEE ? C’est les informations qui nous manquent un petit peu.’

« Pour le moment je ne fais pas encore de souci pour Pirae, parce que je ne sais pas ce qu’il va se passer, dit le maire de la commune, mais l’échéance de 2037 l’interroge.  Il est sûr de revenir ? Deux mandats de président, c’est 10 ans, alors 12 ans, je ne sais pas, mais il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. »

Le « réalisme », c’est la route, mais « ils ne sont pas d’accord entre eux »

De façon plus générale, la première chose qui vient à l’esprit d’Édouard Fritch, c’est la route. « La question c’est que si le Tavini Huiraatira veut faire le projet avec réalisme, il va falloir rediscuter de la route Te Ara nui. Or sur cette route Te Ara nui on trouve un gros obstacle, c’est Paea. Il (Tony Géros, ndr) a gagné les élections sur ce thème du ‘non, non, et non’ à Te Ara nui. Il faudra le convaincre qu’aujourd’hui ce sera ‘oui, oui et oui’ parce que sinon il met à mal le projet de son propre parti. »

« Ça va être l’essentiel de la question, martèle Édouard Fritch, cette route de désenclavement qui doit apparaitre au niveau des PGA de toutes ces communes concernées, Punaauia, Paea, Papara, Teva i Uta, qui doivent faire des réservations pour des infrastructures routières et qui permettent donc, demain, au Pays de pouvoir réaliser. Et ça, c’est compliqué, parce qu’ils ne sont pas d’accord entre eux. »

« L’institution gouvernementale n’est pas prête à déléguer »

Au-delà de cette considération pratique, Édouard Fritch, qui fut chargé de la déconcentration administrative dans les gouvernements Flosse, et qui avait lui aussi incité son administration à se réformer, pointe un autre blocage : « Les hommes du gouvernement, l’institution gouvernementale, en fin de compte, n’est pas prête à déléguer. Parce que si vous voulez vraiment décentraliser, vous allez donner délégation de façon à ce que ces gens puissent être autonomes. C’est-à-dire, non seulement prendre des décisions sur les gros chantiers à réaliser, sur les orientations à proposer au gouvernement, mais derrière, aller jusqu’au bout, jusqu’à la signature du mandat. Ce n’est pas dans la culture. Et on a toujours du mal, parce que derrière, il faut aussi faire des délégations de crédits, on touche à l’argent, et là c’est un autre problème. »

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