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La démission de Gaston Flosse vue par le reste du monde

©Cédric VALAX/Radio1

©Cédric VALAX/Radio1

A l’annonce de la démission d’office de Gaston Flosse, l’une des premières réactions du leader de l’opposition Oscar Temaru a été de déplorer la mauvaise image que cela véhiculait pour la Polynésie. Ternir l’image du pays, il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais une chose est certaine, cette annonce a fait grand bruit hors des frontières du pays, en métropole bien sur, mais aussi à l’étranger.

Lire aussi: Pas de grâce pour Gaston Flosse

Les médias métropolitains, locaux ou nationaux, ont quasiment tous repris l’information. Les surnoms de « vieux lion » ou d’ »insubmersible » pour qualifier notre ancien président sont loin d’être inconnus. Très peu d’entre eux se donnent la peine de rappeler le parcours de Gaston Flosse et ses casseroles, ils et se contentent majoritairement de relater le déroulement de la journée de vendredi.

Pour la presse nationale, l’élection d’Édouard Fritch à la Présidence et celle de Marcel Tuihani à l’Assemblée ne laissent pas de place au doute. Il semble que l’on ne doute pas non plus donc, de l’influence toujours très forte de Gaston Flosse, même après son évincement.

L’article le plus agressif de tous est sans nul doute celui du Courrier Picard
qui affirme en titre le retour de Flosse en 2017. « Prince du népotisme, empereur des réseaux (…) en redoutable animal, il écarte tous ceux qui, dans ce petit bout de France, lui portent ombrage. En 55 ans, il est devenu le père spirituel de tous. Les mauvaises langues ajoutent qu’il est aussi le père naturel de beaucoup. »

Dans le reste de l’Europe, la nouvelle s’est également répandue. Le media belge DH consacre un long article au sujet. Selon eux, Gaston Flosse doit son succès à ses qualités de tribun et de stratège, à son humour, à sa mémoire et a son énergie. Ils le décrivent quand même comme un homme à femmes, amateur de luxe et de clinquant, « un politicien affairiste, qui a mis en place un système clientéliste. »

Le site internet revient également sur le lourd bagage judiciaire de l’ex-président et de finir sur cette phrase « En politique comme en matière de justice, Gaston Flosse sait s’entourer. »

Les médias francophones ne sont pas les seuls à évoquer la démission d’office de Gaston Flosse et chez nos voisins du Pacifique, pourtant peu habitués à évoquer l’actualité polynésienne, la nouvelle suscite de nombreuses questions.

Radio New Zealand consacre une chronique de près de dix minutes à l’explication des faits. Chronique dans laquelle le journaliste Jeremy Rose revient sur les antécédents de Gaston Flosse, expliquant qu’il n’en est pas à sa première condamnation et qu’il les accumule même depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État.

Il apporte des éléments de réponses au peuple kiwi, pour qui, par exemple, il semble incroyable qu’une instruction puisse durer plus de dix ans dans le système judiciaire français.

On s’interroge aussi sur le procédé de recours en grâce présidentielle et le journaliste rappelle que c’est un fait rarissime. Et puis surtout on se demande au pays du long nuage blanc, comment la population polynésienne peut soutenir et élire un président dont la culpabilité n’est plus à prouver.

Là, le journaliste parle d’une sorte de « culte » que voueraient à Flosse son parti politique et une partie de la population, et qui supplante de loin toute les accusations dont il peut être reconnu coupable.

On évoque également un peuple polynésien assez peu regardant des écarts de ses politiciens et l’on rappelle que Flosse n’est pas le seul homme politique du pays à avoir été condamné par la justice et remporter tout de même une majorité de suffrages.

Ce dernier point est aussi détaillé chez Radio Australia, qui rappelle que certains hommes politiques accusés ou même reconnus coupable de débordements sont très largement soutenus par la population polynésienne et ce, pas uniquement au sein du Tahoeraa Huiraatira.

On s’étonne encore chez nos confrères australiens de pouvoir d’ores et déjà affirmer, avant même l’élection, que l’ex gendre de Gaston Flosse sera le futur président du Pays. Mêler relations familiales et politique semble inconcevables pour les australiens. On parle alors de « Flosse system » en se demandant si l’arrivée d’une nouvelle ère politique est vraiment possible dans notre pays.

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4 Commentaires

  1. Robert
    8 septembre 2014 à 7h23 — Répondre

    Pour moi, et pour beaucoup d’autres il ne restera qu’un G.I.P. (Gredin Intrépide Pharaon). Il a eu la chance que le pauvre Boris « disparaisse », sinon il ne serait jamais redevenu président pour le bien de la Polynésie!

  2. Robert
    8 septembre 2014 à 8h46 — Répondre

    L’Histoire objective ne retiendra de ce personnage qu’un G.I.P. (Gredin Incontournable Pharaon) qui aura plus ruiné la Polynésie qu’il ne l’aura fait progresser… Qu’a-t-il fait des milliards déversés par la France pendant 30 ans, si ce ne sont que des projets surdimensionnés (nouvel Hôpital, Gare Maritime…) au lieu d’investir dans l’autonomie énergétique (éolien, solaire…) de la Polynésie par exemple?

  3. Iritahua
    8 septembre 2014 à 12h51 — Répondre

    Édouard, Tuihani ce ne sont que des pions, ce sera toujours Flosse le grand manipulateur

  4. tupai
    8 septembre 2014 à 13h50 — Répondre

    corrompu, corrupteur, il a fait des dégâts et ce n’est pas fini. Il y aura
    élections pour la présidence du Pays et celle de l’Assemblée, mais Flosse a déjà fait ses choix : son ex gendre et le jeune et très ambitieux Tuihani.
    Inéligible, Flosse continuera de diriger la Polynésie à travers ses pions et qui paiera cette folie mégalo nommée Mahana Beach ? (combien de milliards pour commencer ? ) ce ne sera pas Gaston, mais nos jeunes sur de longues années ! Avec un Smig au rabais ?

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