ACTUS LOCALESCOMMUNESÉDUCATION Ronny Teriipaia sommé de s’expliquer à Tarahoi sur le cas Willy Vaiho La rédaction 2025-11-12 12 Nov 2025 La rédaction ©commune Tubuai Du côté de la majorité Tavini comme de l’opposition Tapura, on compte interpeller le ministre de l’Éducation ce jeudi, en séance plénière de l’assemblée, sur la suspension à titre conservatoire du principal de collège de Tubuai. Maite Hauta-Ah Min, Tepuaraurii Teriitahi et Lana Tetuanui veulent des explications sur la nature des faits reprochés au principal, qui n’ont toujours pas été rendus publiques. Et sur la stratégie du ministère pour ramener la sérénité sur l’île des Australes, qui a connu deux manifestations et plusieurs pétitions ces derniers jours. Lire aussi : La mairie appelle à « reprendre l’école » à Tubuai malgré les crispations Après les interpellations à Tubuai ou sur les réseaux sociaux, c’est à l’assemblée que Ronny Teriipaia va être interpellé sur le cas Willy Vaiho. Le ministre de l’Éducation avait déjà diffusé un communiqué sur l’affaire, vendredi, à la veille d’une grande manifestation sur l’île des Australes. Mais seulement pour expliquer que la suspension à titre conservatoire du chef d’établissement, « décidée à Paris » mais bien proposée depuis Papeete par ses services et ceux du rectorat après une enquête administrative locale, n’était « pas une sanction ». C’est une « mesure conservatoire provisoire qui ne préjuge en rien du fond du dossier », précisait-il, disant « comprendre l’émotion exprimée localement » et appelant « chacun à la retenue ». Pas suffisant pour beaucoup, dont le tavana de l’île Fernand Tahiata qui reproche au ministère de n’avoir expliqué la procédure « à personne » avant la levée de bouclier. Pas suffisant non plus pour les élus de Tarahoi, visiblement. Deux questions orales, émanant de la majorité Tavini et de l’opposition Tapura, seront adressés au ministre lors de la séance plénière de jeudi. Les deux questions demandent à Ronny Teriipaia d’apporter enfin des précisions sur les faits reprochés au principal et sur la nature des signalements qui ont abouti à l’enquête administrative et cette suspension. Ni la DGEE, ni le vice-rectorat n’ont pour l’instant communiqué sur ce sujet, laissant le débat se perdre en conjectures. Lundi, l’avocat de Willy Vaiho Stanley Cross expliquait ne « rien savoir » des accusations formelles adressées à son client, qui devrait probablement s’en expliquer dans les semaines à venir devant une commission de discipline. Tout en posant l’hypothèse, et, peut-être, la ligne de défense, que les efforts de promotion de la « culture locale » du principal avaient « dérangé des profs popa’a ». À l’assemblée, la représentante Tavini Maite Hauta-Ah Min, qui était jusqu’à 2023 professeur des écoles à Tubuai, et qui une élue des Australes insiste en tout cas, dans sa question orale qui sera posée jeudi, sur la responsabilité du ministre dans une décision lourde de conséquences pour un chef d’établissement « dont le dévouement, la proximité humaine et l’autorité naturelle font l’unanimité ». La représentante insiste sur la « mobilisation massive » et la « réaction populaire rare dans le monde scolaire ». Une réaction qui « révèle un profond malaise face une administration plus prompte à sanctionner qu’à comprendre » et qui est pour elle « plus attachée à la règle qu’à la réalité du terrain ». L’autre question orale, cosignée par Tepuaraurii Teriitahi et Lana Tetuanui remarque que le ministre est resté « bien muet sur le fond du dossier ». Les deux élus Tapura demandent elles aussi un point sur la procédure mais surtout sur les actions envisagées par le ministre pour ramener la sérénité au collège de Tubuai. [MàJ 12h00 : précisions sur la communication de Ronny Teriipaia et la question de Maite Hauta-Ah Min]