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La volte-face des tavana sur le rachat des Taporo

Les membres du SPC et maires de Tumaraa et Maupiti, Cyril Tetuanui et Woullingson Raufauore © SPC

Opposés il y a cinq mois au rachat des navires Taporo par le groupe Emar, les tavana des Raromatai ont aujourd’hui totalement changé d’avis et s’attaquent même à une décision de l’autorité polynésienne de la concurrence qu’ils ont contribué à orienter. Un revirement que les élus ont quelques difficultés à expliquer…

En mars dernier, l’autorité polynésienne de la concurrence (APC) avait autorisé le rachat des Taporo par le groupe Emar, « sous condition » drastique de la cession de deux navires pour éviter toute situation de monopole aux îles Sous-le-vent et aux Tuamotu Est et Gambier. Le groupe Emar étant déjà propriétaires des navires concurrents des Taporo sur ces lignes.

Mais les conditions de l’APC étant trop contraignantes, le groupe Emar avait renoncé à cette opération. A l’époque, les tavana des îles concernées avaient été interrogés par l’APC et s’étaient élevés contre ce rachat : « Les élus réunis au sein du Syndicat pour la promotion des communes de la Polynésie française, ceux des Gambier en particulier, ont fait part de craintes face à la création d’un monopole (…). ‘S’il y a monopole, les élus estiment qu’ils sont foutus, sauf si une vraie délégation de service public est mise en place’.« 

Pourtant cette semaine, à l’occasion du congrès des communes, le maire de Maupiti et membre du bureau du SPC, Woullingson Raufauore, et le maire de Tumaraa à Raiatea et président du SPC, Cyril Tetuanui, ont fait savoir leur complet désaccord avec la décision de l’APC. Changement de position soudain ? « Non », assure le tavana de Maupiti. Il explique à la fois « craindre » le monopole, mais être prêt à l’accepter pour le développement de son île.

Une position toute aussi ambiguë du président du SPC, Cyril Tetuanui, qui affirme sans ciller que ses craintes du monopole il y a cinq mois, et sa demande d’autoriser ce même monopole aujourd’hui ne sont « pas deux versions différentes ».

Contacté mercredi, le président de l’APC, Jacques Mérot, confirme que les mêmes tavana qui souhaitent aujourd’hui le rachat des Taporo par Emar sont ceux qui le craignaient il y a cinq mois. Il affirme par ailleurs que l’autorité n’a jamais été saisie sur la création d’une liaison vers Maupiti, qui n’est pas desservie par les Taporo. En effet, en l’absence de liaison vers Maupiti à l’heure actuelle, il n’y a aucune concurrence sur ce marché et l’APC n’est donc pas compétente pour refuser la moindre création de ligne.

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2 Commentaires

  1. Teina
    2 août 2017 à 21h19 — Répondre

    Les tavanas sont des politiques de proximité à l’ecoûte quotidienne de leurs administrés et ne sont pas des techniciens pointus, non experts de la desserte administrative. Leur changement d’avis peut se comprendre devant l’intransigeance de cette inutile autorité de la concurence, dirigée par des anciens juges trop bien payés et qui ne voit la Polynésie que par le bout des lorgnettes.

  2. TITIOUI
    3 août 2017 à 7h48 — Répondre

    La mallette a du être très persuasive!

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