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L’aéroport de Bora Bora reconnait avoir tiré sur un chien, « danger immédiat » pour le trafic aérien

Un chien « grièvement blessé par balle » sur le motu de l’aéroport, et confié par ses pompiers à Bora Bora Animara. La nouvelle date de la fin de semaine dernière mais a fait grand bruit sur les réseaux sociaux ce lundi, quand le collectif ScaTahiti a dénoncé un nouvel « acte de cruauté ». Le gestionnaire de la plateforme, Fenua Airports, a fini par « clarifier les faits », à demi-mots : ce sont bien ses équipes qui sont intervenues pour « prélever » ce chien qui errait aux abords de la piste depuis des semaines et représentait alors un « danger immédiat pour la sécurité des opérations aériennes ». L’animal n’est plus en danger, mais il pourrait, d’après l’association, être amputé. 

C’est, comme souvent ces derniers mois, l’association ScaTahiti qui a mobilisé sur les réseaux sociaux, sur ce nouveau cas de « cruauté envers les animaux ». Un cas plutôt inédit : un chien « grièvement blessé par balle » avait été confié le 14 août dernier à une autre association, Bora Bora Animara. Ses responsables, qui avaient déjà été invités par le passé à intervenir pour des animaux errants abandonnés sur le motu de l’aéroport – mais « jamais dans un cas comme ça », précisent-ils – expliquent que ce sont des pompiers de la plateforme qui ont déposé l’animal. Rapidement emmené chez un vétérinaire, il a été mis hors de danger, mais pourrait devoir subir une amputation de la jambe, d’après le collectif local. Si Bora Bora Animara attend plus de précisions pour s’exprimer sur cette affaire, ScaTahiti a lancé ce lundi un appel à témoins, et interpelle avec force les autorités : « Qui avait une arme à feu ce soir-là à l’aéroport de Bora Bora ? Qui a donné l’autorisation de tirer ? Comment est-il possible qu’un tel acte barbare ait pu se produire ? »

« Prélèvement » suivant la « règlementation en vigueur »

Les regards sont bien sûr tournés vers l’aéroport, dont les gestionnaires, sollicités notamment par Tahiti Infos, ont fini par apporter une « clarification » par communiqué. Fenua Airports, société créée par Egis et la CCISM pour reprendre à ADT, en début d’année, la gestion des aéroports de Bora Bora, Rangiroa et Raiatea, y explique que cet « animal errant » a été régulièrement observé, ces derniers mois « aux abords et à l’intérieur de l’aire de manœuvre de l’aéroport ». Une présence qui soulève des questions de sécurité aérienne, et qui déclenche des protocoles d’intervention réglementaires et un « suivi rigoureux », précise la société. Plusieurs tentatives de capture de l’animal ont ainsi eu lieu sans succès avant ce 13 août, quand le chien a été de nouveau repéré aux abords du tarmac, « alors que des aéronefs étaient en activité ». Aucun doute, il « représente un danger immédiat pour la sécurité des opérations aériennes », d’où l’intervention du Service de prévention du risque animalier, « composé d’agents formés, assermentés et équipés pour intervenir » dans ce genre de situation. Notamment des pompiers.

Une plainte pas exclue

C’est à ce moment que le communiqué se fait plus évasif. Fenua Airports parle d’un « prélèvement », terme désignant en l’occurrence une « action de neutralisation », et qui a abouti à l’immobilisation du chien, ensuite pris en charge par les pompiers qualifiés de l’aéroport, membres du SPRA, qui lui ont prodigué les premiers soins d’urgence ». Pas de mention directe du tir « par balle », mais ScaTahiti et l’association locale assurent que c’est bien cette technique qui a été utilisée. Fenua Airports garantit que « cette opération s’est déroulée dans le respect des protocoles de sécurité aéroportuaire et des obligations réglementaires en vigueur », et explique que le chien sera transféré « dans les deux prochains jours au chenil de Bora Bora ». Les associations, elles, ont encore beaucoup de questions. Et n’excluent pas une plainte. Bora Bora Animara attend un retour de l’aéroport « pour savoir précisément ce qu’il s’est passé ».

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