ACTUS LOCALESENVIRONNEMENT L’association Manu cherche 450 000 francs pour finaliser son refuge d’oiseaux marins Vaitiare Pereyre 2025-06-23 23 Juin 2025 Vaitiare Pereyre Chaque année entre 300 et 500 pétrels de Tahiti – ces oiseaux marins appelé noha en tahitien – sont désorientés par la pollution lumineuse et s’échouent au sol. Incapables de reprendre leur envol, beaucoup finissent attaqués par des animaux ou écrasés sur les routes. Pour leur venir en aide, l’association Manu-SOP souhaite ouvrir à Toahotu un centre de soins entièrement dédié aux oiseaux marins en détresse. Une « pièce inutilisée » , au sein même du siège de son association, a été identifiée pour les accueillir, mais il leur manque encore près de 500 000 francs. Une somme qui servira à acheter le matériel pour finaliser ce projet … Une levée de fonds est en cours sur la plateforme Anavai. Le tout premier centre de soins pour oiseaux marins du fenua est sur le point d’ouvrir. Prévu initialement pour le mois de juin, ce projet porté par l’association Manu-SOP accuse du retard, faute de financement suffisant. Et pourtant, son ouverture est très attendue : car ce nouveau refuge est pensé spécialement pour les pétrels de Tahiti. Une espèce endémique « beaucoup plus menacée qu’on ne le pense », selon les spécialistes, qui parlent de 300 à 500 individus « désorientés » et qui « s’échouent au sol » chaque saison. « Il est noir, il a le ventre blanc, des pattes palmées » Mais pour pouvoir les sauver il faut d’abord pouvoir les identifier, et ce type d’oiseau est facilement reconnaissable. « Le noha, c’est un oiseau marin. Il est noir, il a le ventre blanc, des pattes palmées. Une fois au sol, il ne peut pas décoller. Il peut marcher un peu maladroitement, mais s’il bat des ailes au sol, il se tape le bec par terre et c’est tout, décrit Samantha Renaud, spécialiste en soin aviaire. Il a une narine proéminente sur le bec, un crochet au bout. On le reconnaît assez bien : ce n’est pas un oiseau très commun, on ne le voit pas souvent. Et généralement, on le trouve plutôt le soir, ou la nuit, quand il est tombé au sol. « https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/MANU-SOP-2.wav L’objectif pour l’association c’est donc de pouvoir identifier l’animal, de le soigner avant d’organiser son relâcher. Et c’est donc à Toahotu, au sein même du siège de Manu-SOP, que l’association veut pouvoir organiser ça, directement dans son futur centre. Il ne s’agit pas d’un grand centre médicalisé, mais d’un refuge fonctionnel : une salle de soins, une petite cuisine, quelques cages adaptées… Juste de quoi accueillir simultanément une dizaine d’oiseaux nécessitant des soins. Une ouverture avant le » pic d’envol « « Le pétrel de Tahiti s’échoue un peu toute l’année, mais il y a un pic d’envol à partir de juillet jusqu’à septembre, octobre. Là, il s’agit en fait des jeunes oiseaux qui prennent leur envol et qui sont induits en erreur par la pollution lumineuse , explique encore la spécialiste. Normalement, ils s’orientent grâce à la lune et aux étoiles, mais plus on construit, plus on éclaire, plus il y a de lumière artificielle, et du coup plus ces oiseaux vont s’échouer. Une fois au sol, ils ne peuvent pas redécoller. Ils sont alors à la merci des prédateurs comme les chats, les chiens, les rats, ou bien ils se font écraser par les voitures. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/MANU-SOP-1.wav Coût de ce projet : 7,5 millions de francs pour la première année. Un budget presque bouclé mais que l’association doit encore compléter pour aménager et équiper le site. Une cagnotte a été lancée sur la plateforme Anavai, avec un objectif de 448 463 francs. « Il va nous falloir des paillasses en inox qu’on peut décontaminer pour faire les soins. Il nous faut des frigos, des congélateurs, une armoire, un ordinateur pour traiter les données et faire les bilans à chaque fin d’année. Une clim aussi, parce qu’il fait super chaud et que les oiseaux ne tiendront pas. Il faut aussi installer des volières extérieures avec des bassins pour réhabituer les oiseaux », détaille la soigneuse. L’association voudrait ouvrir son refuge au plus tard en juillet, pour pouvoir accueillir les jeunes oiseaux désorientés qui commenceront bientôt à quitter leur nid.