ACTUS LOCALESJUSTICE Le Pays a six mois pour remettre en état les berges de la rivière Afeu Waldemar de Laage 2025-02-11 11 Fév 2025 Waldemar de Laage Victimes de trois inondations en six ans, dont la dernière en 2023, une famille de Papeari attaquait le Pays pour faire réparer son préjudice chiffré à 4 millions de francs et pour lui faire entretenir les berges de la rivière Afeu. Le tribunal leur a octroyé 200 000 francs de dommages intérêts et a prononcé l’obligation au Pays de remettre en état les berges dans un délais de six mois. Lire aussi : Une famille de Papeari attaque le Pays pour n’avoir pas sécurisé les berges Après avoir obtenu son permis, puis fait construire sa maison à Papeari, une famille a subi des inondations à trois reprises, en 2017, 2021 et 2023. Des sinistres qu’elle attribue aux mauvais entretien des berges de la rivière Afeu, dont le Pays à la charge. Sans réponse à leur demande de réparation auprès de l’administration, les propriétaires ont donc saisi le tribunal administratif, pour demander 4 millions de francs et la remise en état des berges. Dans leur decision rendue ce mardi, les juges ont donné partiellement raison à la famille. L’instruction a révélé que le mur de protection bordant la berge présentait un « état de délabrement et d’abandon, un défaut manifeste d’entretien, qui l’a rendu inefficace face à la montée des eaux de la rivière Afeu ». L’ouvrage est décrit de manière générale comme « perméable » du fait de sa discontinuité, certains passages étant ouverts pour favoriser le passage des engins de curage. En l’absence de mesure de réfection ou de consolidation, « la Polynésie française a manqué à ses obligations en sa qualité de gestionnaire de cet ouvrage », souligne le jugement. Il précise que les inondations ne sont pas un phénomène climatique exceptionnel au fenua, excluant l’argument de force majeure invoqué par le Pays pour être exonéré de sa responsabilité. Le Pays est donc enjoint à remettre en état les berges, et particulièrement le mur de protection en question, dans un délais de six mois, sans prononcer d’astreinte. En revanche, les juges n’ont alloué que 200 000 francs aux demandeurs, au titre du préjudice moral, ceux-ci n’ayant pu justifier les dépenses engagées pour les réparations malgré la demande du tribunal. La Polynésie française devra aussi leur verser 150 000 francs au titre des frais de justice.