ACTUS LOCALESENVIRONNEMENT

Léopard des mers : « Ne pas intervenir directement ne signifie pas abandonner », dit le Pays

Plusieurs jours maintenant que le léopard des mers semble avoir disparu de Rikitea mais la présidence souhaite visiblement défendre une nouvelle fois sa décision de « laisser faire la nature ». « Ne pas intervenir ne signifie pas abandonner », dit le ministre de l’Environnement, Taivini Teai, qui précise que le Pays s’est appuyé sur les conseils d’une spécialiste des léopards des mers, travaillant à l’université de Rhode Island. Il a tout de même décidé d’envoyer un vétérinaire spécialisé sur place mardi 28 octobre, mais prévient qu’il n’existe pas d’exemple de léopard des mers qui ait survécu dans une zone aussi septentrionale que les Gambier.

Après les précisions du Réseau des gardiens de l’océan et de la Diren sur leur décision de « laisser faire la nature », c’est le ministre de l’Environnement qui défend sa position. Dans un communiqué, il revient sur la visite inattendue du léopard des mers à Rikitea. C’est le 16 octobre qu’un navigateur partage une vidéo de l’animal nageant autour de son voilier puis quelques jours plus tard, il est à terre, suscitant la curiosité mais aussi beaucoup d’inquiétudes des défenseurs de la nature. Et un débat a animé les réseaux sociaux : faut-il agir ou non ? L’association Mata Tohora a notamment dit haut et fort qu’il fallait agir, appelant le Pays à « mandater un vétérinaire et un biologiste pour s’en occuper ». Le Réseau des gardiens de l’océan et la Diren avaient répondu : « Pas si simple », avant d’annoncer que des experts seraient finalement bien envoyés sur l’île. Le Pays confirme qu’un vétérinaire sera sur place le mardi 28 octobre. Mais depuis cette annonce, le léopard des mers semble avoir disparu de Rikitea. Il n’y a pas eu de nouvelles observations depuis plusieurs jours.

Taivini Teai explique que la présence de ce léopard des mers à Rikitea serait « l’un des signalements les plus nordiques jamais enregistrés ». L’animal a déjà été trouvé dans d’autres zones comme l’île Picard, Rapa Nui ou dans l’archipel de Juan Fernandez en Uruguay mais jamais aussi haut au Nord, et « lesdits individus sont malheureusement systématiquement décédés. »

Sur sa décision de « laisser faire la nature », la présidence explique que le réseau des gardiens des océans était en contact avec un docteur en écophysiologie des mammifères marins de l’université de Rhode Island, Emily Sperou, spécialiste des léopards des mers. Et celle-ci a pu déterminer que l’animal était une femelle, jeune, et en « mauvais état corporel » avec des « proéminences osseuses visibles dans les cinq principales régions du corps ». Elle a également pu déterminer que les morsures sur la face ventrale du léopard des mers « provenaient de requins cookiecutter (le squalelet féroce est un petit requin vivant dans les eaux océaniques tropicales et tempérées et il prélève des rondelles de chair sur les grands animaux marins, d’où son surnom de requin emporte-pièce, ndlr). Et que la plaie sur le dessus de la tête semblait provenir d’un choc avec un bateau ou une hélice ». Selon cette experte, « il n’existe aucun cas documenté de léopard des mers ayant survécu à des latitudes aussi élevées ». C’est elle qui a conseillé au Pays de délimiter un périmètre pour éviter tout dérangement de l’animal, de limiter les contacts pour ne pas modifier son comportement et d’assurer un suivi de son état et de son comportement.

Le ministre de l’Environnement Taivini Teai dit « comprendre les émotions et les inquiétudes » mais « ne pas intervenir directement ne signifie pas abandonner ». Il assure que le Pays était « dans une démarche de respect, de prudence et de responsabilité ».

Avec communiqué

Article précedent

Le groupe Bel Canto au festival Off d'Avignon en 2026

Article suivant

Journal de 12h, le 23/10/2025

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Léopard des mers : « Ne pas intervenir directement ne signifie pas abandonner », dit le Pays