ACTUS LOCALESPOLITIQUE Le Tavini n’exclut plus une chute de l’exécutif Brotherson La rédaction 2026-04-22 22 Avr 2026 La rédaction Le Tavini Huiraatira a « mis fin à l’ambiguïté politique » ce mercredi matin en annonçant la radiation des 15 ex-représentants bleu ciel qui ont formé le groupe A fano Tià. Moetai Brotherson ne fait pas partie des élus poussés vers la porte, mais le parti ne semble plus exclure de faire élire un autre gouvernement pour finir la mandature. « Step by step » dit Tony Géros, « Wait and see », complète Oscar Temaru, très incisif sur la vision de l’avenir institutionnel de son gendre. L’économie avant la souveraineté, « c’est une voie sans issue », de la « démagogie », dit-il. « L’indépendance c’est pour quand ? Ils sont incapables de le dire ». Le Tavini a « assez attendu », assez « essayé de discuter », près d’un mois après l’annonce par Moetai Brotherson, lors d’une réunion au siège du parti, de la préparation d’un nouveau groupe à l’assemblée. Un groupe – A Fano tià – désormais formé, en pleine préparation de la constitution d’un mouvement politique dont le président du Pays devrait prendre les rênes. Et dont les 15 élus ne font désormais plus partie du Tavini : le bureau exécutif a acté leur radiation. Une décision « très rare, si ce n’est inédite », commente le vice-président du parti Tony Géros, mais pas une décision « de division » ou « d’arbitraire » mais de « cohérence avec les statuts du parti ». Les 15 représentants, menés à Tarahoi par Tematai Le Gayic, ont « rompu de façon évidente » avec la ligne du Tavini et avec « les engagements qu’ils ont pris ». Le président de l’assemblée, qui avait déjà brandi, à la tribune le 9 avril, l’acte d’engagement signé par tous les candidats de 2023 qui impliquait de rendre leur siège à Tarahoi en cas de rupture avec le parti ne veut « pas polémiquer ». « Le Tavini existe depuis 50 ans et continuera a exister » : « s’ils veulent inventer des modèles d’accession c’est leur problème mais nous on reste de marbre, et nous tenons notre ligne ». « Ils peuvent se revendiquer du fait qu’ils sont toujours indépendantistes ou souverainistes mais par rapport aux objectifs du parti nous ne nous rejoignons plus, complète le vice-président. L’accession de ce pays à sa souveraineté est un droit sacré, inaliénable, imprescriptible et universel, il appartient à tout le monde. On ne peut pas le limiter dans le temps, en l’accélérant ou le retardant, on ne pas non plus le conditionner à une quelconque accession du pays à une souveraineté économique. Ca n’est pas possible. On ne va pas quand même changer les objectifs du parti pour les errements d’une personne ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/TAVINI-MIDIU-2.wav Une personne très peu nommée lors de l’annonce de cette radiation, et qui n’est d’ailleurs pas exclue du Tavini : Moetai Brotherson, qui a pourtant lu lui-même le manifeste de création de A Fano tià, dont Tony Géros regrette qu’il ait été « jeté à la figure » de l’assemblée. Le mouvement bleu ciel dit pourtant vouloir « lever les ambiguïtés », et la « confusion » qui règne chez « les électeurs qui ne savent plus à quel saint se vouer ». Pourquoi ne pas avoir acté la radiation du président du Pays ? Tony Géros répond que Moetai Brotherson n’est pas encore sorti du groupe Tavini à l’assemblée, mais semble avoir changé de discours sur la relation entre le groupe d’élus fidèles au Tavini et l’exécutif. Chute de l’exécutif : « Wait and see » Le 9 avril, le président de l’assemblée assurait qu’il n’y aurait pas de motion de défiance à l’égard du gouvernement Brotherson « ni demain ni après demain, jusqu’à la fin, jusqu’en 2028 » expliquant que le président devait « assumer sa charge jusqu’au bout, quelles que soient les circonstances ». Des engagements qui n’existent plus aujourd’hui : le parti fait « chaque chose en son temps », « step by step », dit seulement Tony Géros qui renvoie encore une fois la balle du maintien au pouvoir au président du Pays lui-même en l’invitant à démissionner. « Il a plus de majorité, c’est assez problématique ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/TAVINI-MIDI-3.wav Une absence de majorité que le Tavini compte bien exposer au grand jour ce jeudi, pour la deuxième séance de la session administrative. En déposant, avant même l’entrée dans l’hémicycle, une proposition de loi commune avec les élus autonomistes pour abroger la réforme du RNS. Et en rappelant lors de l’étude des autres textes présentés ce jeudi, tous débattus en commission entre les tickets Tama Maitai, le bail réel et l’aide au paiement des loyers, que l’assemblée « n’est pas un comptoir d’enregistrement ». Le Tavini compte-t-il infliger des revers au gouvernement à Tarahoi pour pousser Moetai Brotherson à la démission ? « Wait and see » répond Oscar Temaru. L’économie avant la souveraineté, « c’est une voie sans issue », de la « démagogie » Aux côtés de Tony Géros, ce mercredi matin, Oscar Temaru est resté plus en retrait qu’à l’accoutumée. Au début du mois encore le président du parti plaidait pour une stratégie de réconciliation à l’égard de Moetai Brotherson et A Fano tià. Son vice-président avait, chose rare, montré publiquement son désaccord avec cette stratégie et prôné un discours plus ferme… Et des « actes », d’abord promis pour le 9 avril, qui ont tardé, mais qui sont désormais concrets. Oscar Temaru semble avoir désormais rejoint Tony Géros et, même s’il a économisé des mots dans cette conférence, s’est montré incisif envers la vision de l’avenir institutionnel prônée par A Fano Tià et son gendre. « La voie qu’il choisit, d’autres l’ont prise avant, explique-t-il, c’est « une voie sans issue », de la « démagogie ». « Ils veulent reprendre le chemin qu’a pris Gaston Flosse et Francis Sandford » avec « l’économie d’abord », « avant la souveraineté ». C’est en réaction à cette idée, et aux statuts d’autonomie successifs, que la ligne du Tavini s’est forgée, rappelle-t-il. « Et 50 ans après, Gaston Flosse le reconnait que son statut d’autonomie, ça vaut peau de balle ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/TAVINI-3-oscar.wav « C’est le politique qui doit guider l’économie et pas le contraire », insiste le président. Et c’est la souveraineté qui doit conduire à la prospérité. Comme souvent, le leader bleu ciel a pris comme exemple la santé, expliquant que les médecins cubains qui lui avait été « proposés » par La Havane, mais qui n’ont pas pu venir « à cause du statut », pourraient déjà avoir fait des miracles aux Tuamotu ou ailleurs. Il prend aussi en exemple le tourisme, estimant qu’avec une maitrise des visas, « on serait 3 millions de touristes », quand l’exécutif, lui baisse les objectifs de 600 000 à 400 000. « C’est quoi ce gouvernement ! », s’agace le président du Tavini, qui interroge le projet de A Fano tià : « l’indépendance c’est pour quand ? Ils sont incapables de le dire ». Il rappelle aussi avoir accepté le leadership de Moetai Brotherson pendant la campagne de 2023, « parce que c’était le seul capable de lutter contre la liste des tavana » du Tapura. Mais aujourd’hui, « il se trompe », « ils se trompent tous ».