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Les objectifs prudents du tourisme polynésien en 2021

Conseil d’administration de Tahiti tourisme, ce lundi. ©GouvPF

Tahiti tourisme a tenu aujourd’hui sa conférence annuelle. Alors que le budget du GIE a été raboté de 15%, et que certaines communications sont revues à la baisse, l’objectif est tout de même de doubler le nombre de touristes de 2020 dans l’année à venir. Ce qui voudrait dire que la fréquentation 2021 serait toujours en baisse de 40% par rapport à 2019.

Tahiti Tourisme a tenu ce mardi sa conférence annuelle, bien entendu organisée entièrement « @ distance » vu le contexte sanitaire. Une conférence à l’occasion de laquelle les représentants du tourisme polynésien ont jonglé entre les très bons chiffres de 2019, ceux de l’annus horribilis 2020, et ont tenté autant que possible de se tourner vers une reprise aux contours encore flous. « Il nous faut tenir, il nous faut encore quelques temps faire le dos rond », a ainsi insisté Nicole Bouteau. Dans une allocution diffusée pendant la conférence, la ministre du Tourisme se dit « résolument optimiste », « même si rien n’est encore gagné » et si « comme le reste du monde, nous mettons beaucoup d’espoir dans l’arrivée du vaccin ». Alors que la fin de l’année et le début de l’année 2021 s’annoncent « particulièrement difficiles » pour les professionnels, elle appelle à « préparer la haute saison », notamment en contribuant aux travaux de la stratégie touristique Fari’ira’a Manihini 2025.

Parlant d’une « crise conjoncturelle », la responsable reconnait que la visibilité est très limitée pour l’année à venir. Le marché américain tourne actuellement au ralenti, les marchés asiatiques sont fermés et ne devraient pas rouvrir avant le 1er trimestre 2021, et les vols de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Calédonie attendront encore « la fin du 1er semestre 2021″.

Moins de bureaux, moins de communication « physique » pour Tahiti Tourisme

Si l’accent est mis sur la relance, Tahiti Tourisme, principal acteur de la promotion internationale de la Polynésie, devra tout de même se serrer la ceinture. Le budget 2021, voté hier en conseil d’administration est marqué par une baisse de 15%, qui sera répercutée « sur le budget des actions déployées à l’international et sur les opérations marketing et de communication globale ». Les économies devraient notamment être dégagées par la suppression de certaines représentations internationales : l’équipe basée aux États-Unis prendra en charge le marché canadien, Tahiti Tourisme s’occupera de la Belgique et du Luxembourg et la représentation allemande aura dans son portefeuille le marché suisse. Côté marketing, le GIP lance un haro sur les trop coûteux dépliants, brochures et guides papier… « l’objectif est rapidement de ne s’appuyer que des supports numériques », relate le gouvernement dans un communiqué. Des supports sur lesquels les autorités veulent, « capitaliser l’éloignement de la destination », longtemps resté un handicap pour la promotion du fenua. Isolement, préservation, absence de « tourisme de masse » et donc possibilité de distanciation… Des arguments censés faire mouche alors que la pandémie devrait rester longtemps dans les esprits.

Objectif : « a minima » 140 000 touristes en 2021

En dépit de cette chute de ses capacités d’investissement, Tahiti Tourisme entend « reconquérir et capitaliser sur les marchés prioritaires ».  Objectif : « à minima doubler la fréquentation touristique de 2020 ». Un objectif somme toute assez prudent. D’après Nicole Bouteau, la Polynésie devrait accueillir, sur l’année 2020, environ 70 000 touristes, soit une chute de 70% par rapport à 2019. Doubler cette fréquentation équivaudrait à attirer quelques 140 000 touristes entre janvier et décembre prochains, soit toujours une baisse de 40% par rapport à 2019. Une fréquentation qui serait moindre qu’en 2010, qui avec 154 000 arrivées restait, jusqu’à présent, comme la pire année pour la filière polynésienne.

Des prévisions peu rassurantes et qui impliquent, pour le secteur de s’appuyer plus que jamais sur le tourisme intérieur. Les Polynésiens seront une fois de plus « appelés à voyager local avec le maintien des salons et opérations de coopération avec Air Tahiti et les hébergeurs mais aussi la recherche de nouveaux moyens de promotion et d’incitation aux voyages dans les îles« , explique le gouvernement.

Pour Nicole Bouteau, le protocole sanitaire « fonctionne parfaitement » 

La ministre du Tourisme a insisté, dans son intervention à la conférence annuelle de Tahiti Tourisme, sur « l’efficacité » du protocole sanitaire aux arrivants mis en place avec la réouverture des vols le 15 juillet. Un protocole qui devait, d’après le gouvernement, éviter l’importation du virus au fenua. Ou du moins la limiter suffisamment pour que les contaminations locales qui seraient issues de ces importations puissent être rapidement contrôlées par les autorités sanitaires. La circulation active du virus dès la mi-août puis l’explosion des cas début octobre, a montré que ces prévisions étaient trop optimistes.  Pourtant Nicole Bouteau, qui salue l’esprit « d’innovation et de courage » du Pays dans cette réouverture, assure que « le secteur touristique n’est pas à l’origine de la diffusion de la pandémie en Polynésie française ». Le protocole aux voyageurs et son double test Covid, toujours en vigueur « fonctionne parfaitement » pour la ministre. Il n’est pas, il est vrai, seulement destinés aux touristes, mais aussi aux résidents de retour au pays ou aux fonctionnaires et militaires arrivant au fenua, ces derniers ayant été eux-mêmes pointés du doigt dans la réimportation du Covid. Nicole Bouteau ne pointe pas du doigt, mais tient à innocenter les touristes. Entre le 15 juillet et le 25 novembre, plus de 41 000 voyageurs ont normalement transmis un auto-prélèvement 4 jours après leur arrivée. Parmi eux « 132 touristes se sont déclarés positifs, représentant 0,3% du total des voyageurs », précise-t-elle.

Nicole Bouteau lors de son intervention vidéo à la conférence annuelle de Tahiti Tourisme, ce matin.

 

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