ACTUS LOCALESINFO PRATIQUE L’IEOM lance sa campagne « Stop aux arnaques » Caroline Perdrix 2025-06-24 24 Juin 2025 Caroline Perdrix Les Instituts d’émission d’Outre-mer lancent une campagne de prévention des fraudes, pour alerter les moins vigilants sur les risques qu’ils courent en utilisant divers moyens de paiement : virements, cartes bancaires et chèques. En Polynésie, les montants des arnaques ont augmenté de 90% en 2024. Une loi est en préparation pour permettre aux opérateurs téléphoniques de bloquer les numéros de téléphone suspects. « Quand on aime son argent, on le retient » – cette parodie d’une campagne nationale contre l’alcool au volant est le mot d’ordre de l’effort de l’Institut d’émission d’Outre-mer, la banque centrale des collectivités ultramarines, contre les fraudeurs qui « ne cessent d’innover en imaginant de nouvelles techniques pour vous voler votre argent ». En 2024 L’IEOM observe une augmentation des fraudes de 90% sur la Polynésie française, même si la majorité des tentatives de fraude n’a pas abouti. De nombreuses transactions frauduleuses sont signalées sur des opérations d’achat sur internet, sur des sites localisés dans des pays où l’authentification forte (à « deux facteurs ») n’est pas mise en œuvre. 55% des montants fraudés l’ont été à partir de cartes de crédit, 33% sous forme de virement. Enfin, bien que l’usage des chèques tombe en désuétude, les montant des arnaques sur ce moyen de paiement sont en augmentation de 20%, indique Franck Bounik, le directeur adjoint de l’IEOM en Polynésie française. La nouvelle campagne de l’IEOM cible en particulier trois types de fraude, avec des visuels simples et directs que vous verrez fleurir sur les réseaux sociaux des banques, de la police nationale, de la gendarmerie, du Haut-commissariat, de la Direction des finances publiques et de la DGAE. Une version en reo tahiti est également en préparation. Trois types de fraude sont ciblés : arnaque au chèque d’abord, avec le conseil de ne jamais laisser quelqu’un d’autre remplir un de vos chèques ; arnaque au faux conseiller bancaire, qui vous demande vos codes de banque en ligne ou de carte de crédit, et enfin arnaque au crédit sans conditions dans laquelle un bon samaritain vous fait payer des frais de dossier avant de s’évaporer. Faux jeux et faux colis… attention aux réseaux sociaux Franck Bounik alerte aussi sur les arnaques qui commencent avec de faux jeux sur Facebook ou des SMS comme celui qui circulait récemment, prétendant venir de Fare Rata pour prévenir de l’arrivée d’un colis : toutes les interactions qui vous demandent de renseigner vos coordonnées bancaires ou votre numéro de carte de crédit sont suspectes. « Il est souvent difficile de récupérer ses fonds une fois que le virement est exécuté », prévient Franck Bounik. Les banques polynésiennes, dit-il aussi, progressent dans la protection des victimes d’arnaques et préfèrent même bloquer certains virements tant qu’ils n’ont pas vérifié directement avec leur client que les transferts sont bien intentionnels. Bon à savoir : lorsqu’une transaction frauduleuse est effectuée alors qu’il faut deux facteurs d’authentification, par exemple un code permanent et un code à usage unique envoyé par SMS ou par mail, le coupable est le plus souvent membre de l’entourage proche. La Polynésie, encouragée par l’IEOM, prépare un projet de loi similaire à la loi Naegalen en métropole pour lutter contre les appels frauduleux, en obligeant notamment les opérateurs de téléphonie à blacklister très vite les numéros suspects, explique Franck Bounik. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/IEOM-ARNAQUES-01-FRANCK-BOUNIK.wav