ACTUS LOCALESJUSTICE JC. Bouissou et D. Auroy relaxés dans l’affaire “Taui FM-Écoparc” Vaitiare Pereyre 2025-06-24 24 Juin 2025 Vaitiare Pereyre Le tribunal correctionnel estime que l’association entre les deux hommes était « économiquement justifiée ». Jean-Christophe Bouissou et Dominique Auroy, poursuivis pour prise illégale d’intérêts et complicité dans l’affaire dite de Taui FM-Écoparc ont donc été relaxés. « Il n’y a pas de favoritisme. » Ce sont les mots de Jean-Christophe Bouissou lors de l’audience du 18 juin, dans le dossier dit de l’affaire Taui FM. Et c’est dans ce sens que le tribunal correctionnel de Papeete a pris sa décision, estimant que l’association entre l’ancien ministre et l’homme d’affaires Dominique Auroy était « économiquement justifiée ». Tous deux ont été relaxés des faits de prise illégale d’intérêts et de complicité. Pour rappel, les poursuites portaient sur une convention signée le 1er septembre 2014 entre la station de radio Taui FM, présidée à l’époque par Jean-Christophe Bouissou, et la Régie polynésienne de publicité (RPP), appartenant à Dominique Auroy. La RPP s’engageait à commercialiser les espaces publicitaires de la radio et à lui reverser l’équivalent du chiffre d’affaires antérieur de la radio. Ce partenariat a donné lieu à des versements mensuels d’environ 3 millions de francs, soit un total de 52 millions, avant sa résiliation en octobre 2015. Pour le parquet, ces versements constituaient une contrepartie au soutien de Jean-Christophe Bouissou au projet Écoparc, porté par Dominique Auroy dans la vallée de la Papeeno. Un projet d’infrastructures touristiques qui n’a d’ailleurs jamais vu le jour. La procureure avait requis 15 mois de prison avec sursis et 2 millions d’amende contre chacun des prévenus. Elle estimait que les « pots-de-vin transitent par le biais des régies publicitaires », et ce, « contrairement aux intérêts du groupe La Dépêche », alors propriétaire de Taui FM. Jean-Christophe Bouissou s’était défendu en rappelant qu’à la date de la signature de la convention, il n’était pas encore membre du gouvernement et ne savait pas qu’il allait être nommé ministre. Dominique Auroy avait lui dénoncé « une délation » fondée sur les propos de Pierre Marchesini, ancien directeur général du groupe La Dépêche, à l’origine de la révélation de l’affaire, qu’il accusait d’agir par « vengeance ». Dans un communiqué envoyé aux médias quelques heures après le rendu de la décision, Jean-Christophe Bouissou écrit : « Je reçois cette décision avec modestie et reconnaissance. Depuis le début, j’ai fait confiance à la justice de notre Pays. J’ai coopéré avec sérénité, convaincu que les faits finiraient par parler d’eux-mêmes. (…) Ce que cette affaire souligne, au-delà de ma personne, c’est combien notre époque rend parfois difficile l’exercice de responsabilités publiques. »