ACTUS LOCALESJUSTICE Matricide de Taravao : sept heures de débats pour rien Pascal Bastianaggi 2025-04-16 16 Avr 2025 Pascal Bastianaggi Ce mercredi matin s’est ouvert le procès d’assises d’un quinquagénaire qui avait étranglé sa mère à Taravao en 2022. Sept heures d’auditions et de débat qui devront être oubliées de la procédure. L’audience a en effet été interrompue définitivement quand une juge assesseure s’est rendue compte, tardivement, qu’elle avait eu connaissance du dossier lors de son passage à la chambre de l’instruction. Elle ne pouvait donc pas siéger : l’affaire a été renvoyée et sera jugée à la prochaine session d’assises au mois d’octobre, par une cour recomposée. L’affaire concernait un matricide qui avait eu lieu en octobre 2022 à Taravao. Un quinquagénaire avait étranglé sa mère avec qui il vivait. Un crime relativement rare, pour que les bancs réservés à la presse soient pris d’assaut. L’audience a débuté par l’audition de l’accusé qui évoquait son enfance et sa carrière professionnelle, suivi par une visioconférence avec le psychiatre qui avait entendu l’accusé et qui rendait compte de cet entretien. La séance a été suspendue à midi pour reprendre à 13 heures : se sont alors succédés, à la barre, le directeur d’enquête et l’un des frères de l’accusé. Ce n’est qu’à 16h30, après une courte suspension de séance, que la présidente de la cour d’assises a annoncé l’interruption définitive de l’audience, à la surprise générale. La cause, elle est procédurale comme l’explique l’avocat général Jacques Louvier. « L’un des assesseurs est une magistrate qui avait eu connaissance du dossier lors de son passage à la chambre de l’instruction. Elle ne pouvait donc pas siéger dans la composition de la Cour d’Assises étant au courant du fond de l’affaire. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/04/ASSISES-1.wav Une bévue que l’avocat général explique. « Il n’y avait pas les mesures que l’on prend aujourd’hui de checking automatique avec le greffe du juge d’instruction qui va mettre les noms de tous les magistrats qui ont participé à l’instruction. Ce qui est fait aujourd’hui. Avant ce n’était pas le cas. » Une difficulté qui va donc disparaitre si l’on en croit le magistrat. Pour autant une question demeure, comment la juge assesseure ne s’est-elle pas rendu compte plus tôt qu’elle avait pris part au dossier lors de son instruction ? L’erreur est « tout à fait pardonnable », répond l’avocat général. « Des dossiers avec Félix il y en a beaucoup. C’est une famille bien connue (…) Et dans la grande quantité des dossiers que l’on traite, on peut ne plus se souvenir d’un dossier.» https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/04/ASSISES-2.wav L’affaire sera donc jugée à la prochaine session d’assises du mois d’octobre, avec cette fois une nouvelle composition.