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Nouvelle-Calédonie : le FNLKS demande le report du référendum, l’État envoie des renforts

Déjà annoncé par l’État, le plan de renfort massif en personnel de forces de l’ordre se précise en vue du troisième et dernier référendum, le 12 décembre prochain, malgré les demandes de report du scrutin faites par les indépendantistes au ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu. Près de 2 000 personnels supplémentaires sont prévus. Nom de code : DS3R, pour dispositif de sécurité du 3e référendum. 

Des renforts impressionnants, déjà évoqués la semaine dernière par Sébastien Lecornu qui prévoyait “montée en puissance importante”, avec l’arrivée d’environ 2 000 personnels, dont les premiers effectifs ont posé le pied sur le Caillou la semaine dernière. Vendredi, les responsables des différentes composantes des forces de l’ordre ont précisé les moyens humains et matériels mis en œuvre, d’une rare ampleur, en vue d’un scrutin qui pourrait être susceptible de susciter de nombreux mouvements sociaux. Trois nouveaux escadrons, soit 242 gendarmes, sont arrivés samedi à Nouméa.

Pour la gendarmerie nationale, qui aura pour objectif principal la sécurisation des lieux de vote, des ramassages, ainsi que le suivi des procurations, ce sont plus de 1 400 gendarmes qui seront affectés en Nouvelle-Calédonie, ainsi que 130 véhicules, portant le total de véhicules de gendarmerie à 600, dont une trentaine d’engins blindés. Pour la police nationale, qui aura pour objectif de prévenir les troubles à l’ordre public autour des bureaux de vote et la surveillance de “sites sensibles”, plus de 100 policiers sont attendus, ainsi que 30 véhicules et du matériel de communication et de protection.

Le Bougainville repositionné de Tahiti en Nouvelle-Calédonie

Pour les Forces Armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) dont la mission sera le soutien et l’appui aux forces de sécurité intérieures, en parallèle de leur vocation première, la souveraineté et l’appui à la population, 250 militaires supplémentaires sont attendus, appuyés par 2 hélicoptères Puma, et 1 avion de cargo tactique militaire C-295 Casa, le bâtiment de soutien et d’appui Le Bougainville qui arrivera de son port d’attache à Tahiti, et plusieurs véhicules de transport et de logistique.

Enfin, il est à noter qu’une soixantaine d’officiers de police judiciaire seront également présents afin de renforcer la capacité de traitement judiciaire, et qu’une cellule dédiée à la surveillance des réseaux sociaux sera déployée afin d’identifier rapidement les auteurs d’appel à la haine ou à la violence. À titre d’indication, avec un total de plus de 2 000 gendarmes déployés le jour du scrutin, les effectifs seront doublés, comparé au premier référendum, avant, pendant, et après l’échéance, dans un souci de garantir le maintien de l’ordre quel que soit le résultat du scrutin.

Le FNLKS appelle à la « non participation » au référendum

Le bureau politique du FLNKS a appelé jeudi à la « non-participation » au référendum sur l’indépendance du 12 décembre, demandant son report en 2022 à cause de l’épidémie de Covid-19. Les indépendantistes kanak du FLNKS ont reproché à l’État de vouloir « maintenir coûte que coûte la troisième et ultime consultation référendaire ». « Le gouvernement s’entête à vouloir faire primer la campagne présidentielle dans le seul but de solder l’Accord de Nouméa sous son quinquennat », a affirmé le bureau politique de la coalition indépendantiste.

Cette prise de position intervient au lendemain de la visite en Nouvelle-Calédonie du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, au cours de laquelle les leaders indépendantistes avaient demandé le report du vote, au regard de la virulente épidémie de Covid-19, qui a fait 245 morts depuis début septembre et nécessite des mesures de confinement. « La campagne ne sera pas équitable. Les débats se focalisent sur le soutien de la France dans cette crise Covid et nous on ne pourra pas faire campagne parce que nos populations sont en deuil », a justifié auprès de l’AFP Jean Creugnet, porte-parole du FLNKS.

Les loyalistes ont riposté en annonçant une reprise de leur campagne. Favorable au maintien de la date du 12 décembre, « pour libérer l’horizon des Calédoniens », le groupe « Les voix du NON », qui agrège les principaux partis loyalistes, a accusé le FLNKS « d’instrumentaliser la situation (sanitaire) ».

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