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Nouvelle-Calédonie : Tesla et Elon Musk partenaires de la reprise de l’Usine du Sud

La province Sud, le FLNKS, et les militants et coutumiers mobilisés depuis plusieurs mois ont signé un accord « historique », ce jeudi, sur la reprise de l’usine de Vale, dans le sud calédonien. Les collectivités locales devraient être majoritaire et Tesla fait son entrée en tant que « partenaire technique ». Épilogue de plusieurs mois de vives tensions, comme l’explique notre partenaire Outremer 360°.

La photo est parlante. On retrouve côtes à côtes la présidente de la province Sud, Sonia Backès, et Roch Wamytan, le président du Congrès, chef d’orchestre des discussions de ces dernières semaines. On remarque également les chefs de file des opposants à la vente de l’usine du sud (des représentants du FLNKS, de l’ICAN, du collectif « Usine du sud : usine pays ») et des représentants non indépendantistes de la province.

Tous ont signé un protocole et donc, entamé une nouvelle étape dans la reprise de l’usine de Vale, au cœur de vives tensions. Selon Les Nouvelles Calédonienne, « l’accord prévoit que l’usine du Sud sera reprise par la SPSMC, qui porte les intérêts des trois provinces, à hauteur de 30 %, les salariés et des investisseurs locaux, à hauteur de 21 %, la Compagnie financière de Prony (émanation de la province Sud), à hauteur de 30 %, et Trafigura à hauteur de 19 % (donc en baisse, ndlr) ». Selon l’accord, « les 51% des intérêts calédoniens sont non diluables ».

Nouveauté dans cet accord, Tesla, géant de l’automobile électrique fondé par l’emblématique Elon Musk, devrait être un partenaire technique pour le futur de cette usine. En outre, Vale devrait céder ses titres miniers, valant 420 millions d’euros, à la province Sud qui devraient ensuite les louer au futur exploitant. « C’est un des éléments fondamentaux de notre accord » a commenté la présidente de la province Sud, qui explique que « le fait que ces titres miniers soient loués va permettre de tirer du profit, un avantage de ces titres miniers ». « Ça va être la première fois que les collectivités vont toucher de l’argent pour construire quelque chose pour les générations futures », a-t-elle encore salué.

Tesla pourrait aider à « améliorer le procédé industriel »

Dans son discours, le président du Congrès, « pacificateur » de ces négociations, est revenu sur le partenariat avec Tesla. Le géant des batteries et véhicules électriques « pourra jouer un rôle de conseiller technique dans le développement et l’amélioration du procédé industriel, dans le cadre d’un accord d’approvisionnement de long terme de sa chaîne de production ». « Son engagement mettra la priorité sur le développement durable, qui est au coeur de sa mission d’entreprise » a ajouté Roch Wamytan. Tesla explorera également les opportunités de de génération et de stockage d’énergies renouvelables.

Toujours selon Roch Wamytan, « ces discussions ont permis d’aller au-delà des clivages et d’entrevoir une stabilité durable en élaborant un nouveau modèle minier sud-calédonien, construit avec la participation des populations les plus concernées et qui pourrait permettre, dans les tous prochains jours, la reprise de l’activité de l’usine et la finalisation du processus de reprise de Vale NC ». Un nouveau modèle qui « s’articule autour de trois volets : la maîtrise de la ressource, la valorisation de la richesse et la préservation de l’environnement ».

La signature au Congrès, ce jeudi. ©Outremer 360°

Trafigura toujours là

Roch Wamytan a également évoqué le projet Lucy qui « démarrera dès la réouverture du site et devra être réalisé en 2024″. Le chantier « devra être confiée prioritairement aux entreprises locales ». « L’objectif a été atteint puisqu’aujourd’hui nous avons signé un projet qui nous place dans un processus de reconstruction de l’usine du Sud avec nous comme acteur », a souligné Raphaël Mapou, tête de file du collectif « Usine du Sud : Usine Pays », interrogé par Caledonia. « Il y a une vision pays derrière cette démarche ».

Si le géant suisse Trafigura, qui avait catalysé toutes les tensions autour du rachat de l’usine, reste au capital, Raphael Mapou explique que l’accord « contourne le problème » en obligeant Trafigura à des résultats (notamment environnementaux) d’ici 2024 au plus tard, date à laquelle « il sera possible de faire évoluer tant l’actionnariat que le partenariat industriel ».

Eline Ulysse pour Outremer 360°

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