ACTUS LOCALES

Nouvelle Hinano et nouveaux enjeux pour la Brasserie de Tahiti

En visite officielle jeudi à la Brasserie de Tahiti, le président du Pays et plusieurs de ses ministres ont découvert les coulisses de la plus grande usine polynésienne. L’occasion pour la direction d’annoncer l’arrivée prochaine d’une nouvelle Hinano Super Dry et de rassurer sur les prix dans le cadre du transfert des droits de distribution de la marque Heineken, tout en évoquant les enjeux stratégiques du site, parmi lesquels l’approvisionnement en eau de la Punaruu, mis en danger par la pollution environnementale de la vallée.

Les amateurs de bières devraient prochainement avoir « de bonnes surprises », a déclaré le directeur général délégué de la Brasserie de Tahiti, Bruno Bellanger, en marge de la visite, ce jeudi, du président Brotherson et de quatre de ses ministres au sein de l’usine située dans la zone industrielle de la Punaruu. La délégation gouvernementale se rendait, pour la première fois, au cœur de cette usine, la plus grosse de Polynésie française avec une surface de 4,5 hectares où se relaient, 24 heures sur 24, 250 salariés, sur les 450 que totalise la Brasserie (qui gère également le site de l’Eau Royale à Arue). L’occasion pour Moetai Brotherson et ses ministres de l’Économie, du Travail, de la Santé et de l’Équipement de découvrir le fonctionnement de l’usine mais aussi d’échanger sur ses problématiques actuelles et ses enjeux futurs.

Au milieu des discussions a été évoquée la commercialisation, en mars, d’une nouvelle Hinano, la Super Dry. « Il s’agit d’une bière de riz très légère, à l’instar de la japonaise Asahi. Elle accompagne très bien les repas, en s’associant par exemple avec le poisson. On l’a déjà testé dans certains restaurants de Tahiti et sa mise en vente en bouteille de verre est prévue au mois de mars dans les grandes surfaces », détaille Thomas Widlund, directeur industriel de la Brasserie de Tahiti.

Quant à la question de savoir s’il fallait s’inquiéter d’une hausse éventuelle du prix des bières de la Brasserie, suite au transfert des droits de distribution de la marque Heineken depuis la société Kim Fa, Bruno Bellanger s’est voulu rassurant : « Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Ce n’est pas du tout dans cette optique-là que le groupe Heineken a pris cette décision. Au contraire, j’espère que les consommateurs auront de bonnes surprises. »

L’eau, une ressource essentielle au cœur des préoccupations

Parmi les autres points abordés lors de cette visite, le directeur général délégué de la Brasserie a alerté le gouvernement sur la nécessité de rénover les trois forages existants dans la Punaruu, qui alimentent l’usine en eau. Ces forages doivent pouvoir aller puiser de l’eau toujours plus profondément, pour s’en assurer la pureté face au risque de contamination en métaux lourds. Une annonce qui fait notamment écho à la mise au grand jour de sites d’enfouissement de déchets exploités sans autorisation au fond de la vallée, « dans des conditions entraînant des pollutions significatives du milieu naturel », selon la procureure de la République Solène. Un projet de nouveau forage à Mataiea serait également à l’étude.

L’heure n’était pourtant pas à l’inquiétude, jeudi, alors que la visite s’est conclue par une dégustation de l’emblématique Hinano autour d’un buffet, très apprécié des participants après cette balade de plus d’une heure au sein de cette usine historique et très sécurisée.

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