ACTUS LOCALESENVIRONNEMENTJUSTICE Huit interpellations et 197 millions saisis pour des enfouissements illicites à la Punaru’u Nanihi Laroche 2026-01-21 21 Jan 2026 Nanihi Laroche La justice enquête depuis plus de deux ans sur des faits de traitement illicite de déchets et de pollution dans la vallée de Punaru’u. Deux personnes soupçonnées d’y avoir exploité des sites d’enfouissement sans autorisation ont été mis en examen en fin de semaine dernière, a annoncé le parquet, et l’un d’eux placé en détention provisoire. L’équivalent de 40 piscines olympiques de déchets auraient été illégalement enfouis, une activité chiffrée à 260 millions de francs minimum. La justice s’intéresse aussi aux clients, 684 au moins, principalement des entreprises du BTP. Les représentants de six d’entre elles ont été interpellés, placés en garde à vue, et les comptes bancaires de ces sociétés ont fait l’objet de saisies, en même temps que ceux des exploitants des sites, pour un total de 196,9 millions de francs. Dans le cadre d’une enquête, en cours depuis deux ans, pour « traitement illicite de déchets dans la vallée de la Punaru’u », huit personnes ont été interpellées pour « des atteintes graves à l’environnement », annonce la procureure de la République Solène Belaouar, dans un communiqué diffusé ce mercredi. Tout débute en octobre 2023, après « la réception de plaintes et signalements » : deux sites d’enfouissement seraient exploités sans aucune autorisation au fond de la vallée, et des particuliers et entreprises viendraient régulièrement y déposer des déchets. Le parquet ouvre alors une enquête judiciaire, confiée conjointement à l’antenne locale de l’Oclaeps- office centrale de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, dont l’antenne locale a été créé fin 2022 – et au Groupe d’intervention et de recherches de la gendarmerie. Les investigations mettent rapidement en cause deux personnes identifiées comme ayant exploité ces centres illégaux et « dans des conditions entraînant des pollutions significatives du milieu naturel ». « 684 clients et 101 413 mètres cubes de déchets enfouis » Elles seront placés en garde à vue en mars 2024, mais l’enquête continue. Mais ce n’est pas tout, l’enquête a aussi permis d’identifier 684 clients de cette décharge illicite, principalement des entreprises du BTP. Au total, ce sont « 101 413 mètres cubes de déchets enfouis de toutes catégories », soit l’équivalent de 40,5 piscines olympiques, ainsi que « 124 véhicules enfouis sans mesure de protection » relevés, toujours d’après le parquet. Le bénéfice tiré de cette activité est évalué « a minima à 260 millions de francs ». « Une seconde phase d’enquête a permis d’identifier les six entreprises clientes les plus impliquées, susceptibles d’avoir utilisé, en connaissance de cause, cette filière de traitement illicite, et de chiffrer de façon précise le bénéfice tiré de son utilisation au détriment des filières autorisées plus onéreuses », indique le communiqué. Les 14 et 15 janvier 2026, huit personnes sont donc interpellées et placées en garde à vue : « Les deux exploitants des sites litigieux et les six représentants légaux des entreprises du BTP les plus impliquées ». 196 907 000 de francs de saisie Vendredi 16 janvier, à l’issue des garde à vue, les deux exploitants ont été présentés devant le juge d’instruction, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet, et mis en examen. L’un d’eux a été placé sous contrôle judiciaire, l’autre « condamné par la justice notamment pour des faits similaires », en détention provisoire. Les six représentants d’entreprises ont, eux, vu leur garde à vue levée après avoir fait l’objet d’une prolongation. Ils attendent aujourd’hui une convocation devant le juge d’instruction et une éventuelle mise en examen, demandée par le parquet, puisque le réquisitoire les cite nommément. Dans le même temps, « le parquet de Papeete a ordonné la saisie sur les comptes bancaires de l’ensemble des mis en cause d’une somme globale de 196 907 000 de francs, outre des contrats d’assurance-vie souscrits à titre personnel ». Des saisies destinées à « garantir les éventuelles confiscations à venir », et qui a été validée par le juge des libertés et de la détention. Les infractions « tant environnementales que financières » dont est saisi le juge d’instruction, pour ces six entreprises, sont nombreuses et font encourir jusqu’à cinq années d’emprisonnement. Parmi elles figurent l’exploitation sans autorisation d’une installation classée, le déversement de substances nuisibles dans les eaux, l’abandon de déchets dangereux, mais aussi l’escroquerie, l’abus de confiance, l’abus de biens sociaux, le travail dissimulé ou encore le bris volontaire de scellés.
La justice enquête depuis plus de deux ans sur des faits de traitement illicite de déchets et de pollution dans la vallée de Punaru’u. Deux personnes soupçonnées d’y avoir exploité des sites d’enfouissement sans autorisation ont été mis en examen en fin de semaine dernière, a annoncé le parquet, et l’un d’eux placé en détention provisoire. L’équivalent de 40 piscines olympiques de déchets auraient été illégalement enfouis, une activité chiffrée à 260 millions de francs minimum. La justice s’intéresse aussi aux clients, 684 au moins, principalement des entreprises du BTP. Les représentants de six d’entre elles ont été interpellés, placés en garde à vue, et les comptes bancaires de ces sociétés ont fait l’objet de saisies, en même temps que ceux des exploitants des sites, pour un total de 196,9 millions de francs.
Dans le cadre d’une enquête, en cours depuis deux ans, pour « traitement illicite de déchets dans la vallée de la Punaru’u », huit personnes ont été interpellées pour « des atteintes graves à l’environnement », annonce la procureure de la République Solène Belaouar, dans un communiqué diffusé ce mercredi. Tout débute en octobre 2023, après « la réception de plaintes et signalements » : deux sites d’enfouissement seraient exploités sans aucune autorisation au fond de la vallée, et des particuliers et entreprises viendraient régulièrement y déposer des déchets. Le parquet ouvre alors une enquête judiciaire, confiée conjointement à l’antenne locale de l’Oclaeps- office centrale de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, dont l’antenne locale a été créé fin 2022 – et au Groupe d’intervention et de recherches de la gendarmerie. Les investigations mettent rapidement en cause deux personnes identifiées comme ayant exploité ces centres illégaux et « dans des conditions entraînant des pollutions significatives du milieu naturel ». « 684 clients et 101 413 mètres cubes de déchets enfouis » Elles seront placés en garde à vue en mars 2024, mais l’enquête continue. Mais ce n’est pas tout, l’enquête a aussi permis d’identifier 684 clients de cette décharge illicite, principalement des entreprises du BTP. Au total, ce sont « 101 413 mètres cubes de déchets enfouis de toutes catégories », soit l’équivalent de 40,5 piscines olympiques, ainsi que « 124 véhicules enfouis sans mesure de protection » relevés, toujours d’après le parquet. Le bénéfice tiré de cette activité est évalué « a minima à 260 millions de francs ». « Une seconde phase d’enquête a permis d’identifier les six entreprises clientes les plus impliquées, susceptibles d’avoir utilisé, en connaissance de cause, cette filière de traitement illicite, et de chiffrer de façon précise le bénéfice tiré de son utilisation au détriment des filières autorisées plus onéreuses », indique le communiqué. Les 14 et 15 janvier 2026, huit personnes sont donc interpellées et placées en garde à vue : « Les deux exploitants des sites litigieux et les six représentants légaux des entreprises du BTP les plus impliquées ». 196 907 000 de francs de saisie Vendredi 16 janvier, à l’issue des garde à vue, les deux exploitants ont été présentés devant le juge d’instruction, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet, et mis en examen. L’un d’eux a été placé sous contrôle judiciaire, l’autre « condamné par la justice notamment pour des faits similaires », en détention provisoire. Les six représentants d’entreprises ont, eux, vu leur garde à vue levée après avoir fait l’objet d’une prolongation. Ils attendent aujourd’hui une convocation devant le juge d’instruction et une éventuelle mise en examen, demandée par le parquet, puisque le réquisitoire les cite nommément. Dans le même temps, « le parquet de Papeete a ordonné la saisie sur les comptes bancaires de l’ensemble des mis en cause d’une somme globale de 196 907 000 de francs, outre des contrats d’assurance-vie souscrits à titre personnel ». Des saisies destinées à « garantir les éventuelles confiscations à venir », et qui a été validée par le juge des libertés et de la détention. Les infractions « tant environnementales que financières » dont est saisi le juge d’instruction, pour ces six entreprises, sont nombreuses et font encourir jusqu’à cinq années d’emprisonnement. Parmi elles figurent l’exploitation sans autorisation d’une installation classée, le déversement de substances nuisibles dans les eaux, l’abandon de déchets dangereux, mais aussi l’escroquerie, l’abus de confiance, l’abus de biens sociaux, le travail dissimulé ou encore le bris volontaire de scellés.