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« On n’est pas sorti de la crise, et ça va durer », dit Christophe Plée

Alors que les frontières de la Polynésie vont se refermer aux touristes extérieurs, Christophe Plée, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), remet sur la table sa proposition « Fenua Pass » faite en avril dernier pour tenter de sauver les entreprises locales.

« La CPME avait déjà émis des propositions au mois d’avril dernier, elles vont de nouveau devenir d’actualité, puisqu’on parle de tourisme endogène », dit son président Christophe Plée, interrogé après l’annonce des nouvelles restrictions. « 2021 ne sera certainement pas la sortie de crise, en tout cas pas pour tout de suite. »

Deux priorités, pour Christophe Plée : soutenir les entreprises « en ne les fiscalisant pas trop » et en gérant correctement les cas de covid en Polynésie. Il demande de nouvelles mesures « pour pouvoir tenir dans la durée, parce qu’on voit bien qu’on n’est pas sorti de cette affaire dans les 6 mois qui viennent. »

« On a déjà loupé le premier coche, pour avoir 25 chambres à Bora »

Même si le Fonds de solidarité de l’État, qui vient en aide aux petites entreprises, a été élargi, et si les sommes vont être augmentées, « les dossiers sont très compliqués, quand même », estime Christophe Plée, qui paraît d’autant plus dépité que, dit-il, « on a déjà loupé le premier coche (…) pour rouvrir vite, pour avoir 25 chambres à Bora. (…) Il ne faut absolument pas qu’on ait le variant qui débarque en Polynésie, parce qu’alors là, c’est une catastrophe ».

Christophe Plée propose d’appuyer une partie du sauvetage qu’il juge aujourd’hui urgent sur les propositions du plan « Fenua Pass » fait en avril dernier par la CPME. Une convention qui baisserait les prix des nuitées (par exemple à 13 000 Fcfp en hôtel de luxe ou 7 000 Fcfp en pension de famille), des vols et des excursions (à 8 000 Fcfp) pour stimuler le tourisme intérieur, « soit, d’un point de vue général, des remises entre 40 et 50% par rapport aux tarifs habituels. » Une sorte de Salon du Tourisme de longue haleine, où les entreprises signataires de la convention s’engageraient à ne pas licencier. Car il semble que ce soit bien la menace brandie devant le Pays et l’État par les grands groupes hôteliers de Polynésie. Autre mesure préconisée, faire du tourisme une sorte de « zone franche » avec des exonérations d’impôt et de taxes hôtelières, une détaxe sur la consommation énergétique, avec un soutien conséquent de l’État au financement de ce volet fiscal.

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