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Pas d’envol avant la fin de l’année pour Fly CoralWay

La « start-up aérienne », qui voulait lancer dès le mois de juin une ligne régionale reliant Tahiti à Nouméa, en passant par Wallis, Fidji ou les Samoa, a annoncé le report de son lancement au « 4e trimestre 2021″. La situation sanitaire pèse sur le projet, mais aussi sur la recherche de financements.

Les premiers vols étaient programmés le 14 juin, ils devront attendre au moins quelques mois de plus. Fly CoralWay a annoncé au site spécialisé TourMag le report de ses opérations au « quatrième trimestre 2021 ». Une décision liée aux restrictions de voyage mises en place dans la plupart des pays de la région. « À Tahiti ou ailleurs, nous n’avons aucune visibilité quant à la période de réouverture des frontières, de même, les passagers n’ont aucune possibilité d’envisager des réservations dans ce contexte », précise à Radio1 le président de cette « start-up aérienne », Olivier Moana Bôle. Dès lors, « juin 2021 est désormais une échéance impossible à considérer pour un lancement raisonnable d’une exploitation aérienne ».

Une licence, mais encore beaucoup de chemin

La compagnie avait commencé à prendre forme il y a deux ans, sous l’impulsion de l’entrepreneur wallisien Louis Alphonse. Ce dernier avait lancé une réflexion autour du désenclavement de Wallis-et-Futuna, sous la bannière de « WF Aviation ». C’est finalement un projet régional qui est lancé en 2020, brièvement sous le nom d’Air Corail, puis de Fly CoralWay. Tahiti, Samoa, Wallis, Nandi, Nouméa… L’idée est de de « renforcer la connectivité régionale », dans l’esprit de l’ancienne « Route du Corail » suivant laquelle les hydravions de la Teal (ancêtre d’Air New Zealand) reliaient, dans les années 50, Auckland à Papeete. Du côté du Pays, et en pleine période de développement touristique, cette idée d’intégration régionale séduit : le 10 novembre dernier, la compagnie obtient une licence de transporteur en Polynésie. Un précieux sésame administratif même si en matière d’aérien, ce sont les certifications techniques délivrées par l’aviation civile ainsi que les droits de trafic accordés par chaque pays traversé, qui sont les plus difficiles à obtenir.

L’objectif de décollage est alors fixé à juin 2021 et, malgré les affres de la crise sanitaire, les promoteurs du projet affichent leur confiance. En novembre dernier, Fly CoralWay avait même commencé à vendre des billets : entre 90 et 100 000 francs pour un aller-retour vers Nandi (Fidji) ou Wallis, un peu plus de 60 000 francs pour Samoa, toujours au départ de Faa’a. Cet empressement à commercialiser, pour une compagnie encore sans équipage, sans avion et en recherche de financements – le site de la compagnie en appelle toujours aux donations des « communautés convaincues » par le projet – avait suscité un certain scepticisme dans le secteur. « L’ensemble des réservations effectuées sur notre site ont fait l’objet de remboursements, comme nous nous y étions engagés », précise aujourd’hui Olivier Bôle.

Un contexte qui « effraie »

La date de décollage est repoussée, mais le projet, lui, serait toujours en piste. « Les premiers collaborateurs m’ont rejoint pour m’accompagner dans la structuration de Fly CoralWay, disposant chacun des expériences « aéro » sectorielles pour donner naissance à notre start-up, reprend le président de la compagnie, qui évoquait en fin d’année le recrutement progressif de 95 collaborateurs. Nous donnerons la priorité aux Polynésiens, à Tahiti, à Wallis et ailleurs ». La flotte reste elle aussi à constituer. Après avoir un temps évoqué la piste d’un E192 du constructeur brésilien Embraer, la compagnie envisage de se doter de moyen-courriers d’Airbus de 130 à 150 sièges chacun. « Les discussions avec les sociétés de leasing ont été réactivées pour adapter l’entrée en flotte des deux A320 conformément à un agenda opérationnel modifié » précise Olivier Bôle, consultant et professionnel de l’aéronautique depuis plus de 20 ans . Reste à boucler le financement du projet.

Et là encore, la crise Covid n’aide pas. « L’environnement sanitaire qui impacte les économies, dont l’activité aérienne, effraie quelques partenaires régionaux qui s’intéressent à une participation capitalistique dans Fly CoralWay, reprend le responsable,  qui parlait fin décembre à Tahiti Infos d’un besoin total de capital de 1,4 milliards de francs. Néanmoins, les ‘vrais’ investisseurs savent pertinemment que les engagements pris en période de crise, dans des conditions économiques avantageuses, sont valorisés dès retournement des tendances ». Aucun doute affiché, il faut aller de l’avant : l’aérien reprendra et « le régional probablement plus rapidement que le long-courrier », complète le président de la start-up. « Il nous appartient de l’organiser au mieux avec des partenaires qui ont des visions saines et sensées de l’avenir ».

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