ACTUS LOCALESPOLITIQUE

Après l’appel à ses « fils », Oscar Temaru s’adresse aux autre partis

À l’approche des rendez-vous onusiens annuels, le leader indépendantiste, toujours convalescent, appelle à l’union politique autour de la souveraineté du pays. Un appel pas inédit mais d’après lui « historique » car « transpartisan ». Oscar Temaru veut voir la population « toutes origines confondues » et toutes « les grandes formations politiques » faire front commun devant l’Onu pour demander l’ouverture du dialogue de décolonisation, toujours refusé par l’État depuis la réinscription de la Polynésie sur la liste des territoires à décoloniser. Il compte sur Tony Géros pour mener ce mouvement et « briser l’offense faite au peuple de Ma’ohi Nui ».

Après un premier appel lancé à ses « fils » le  18 juin dernier, demandant à Moetai Brotherson et Tony Géros qu’ils fassent la paix, que l’un ne créé pas son nouveau parti et que l’autre « mène la barque » du mouvement indépendantiste tout en soutenant le président du Pays, Oscar Temaru a lancé un deuxième appel mercredi soir. Un appel plus large et « historique » écrit le leader indépendantiste car « transpartisan ».

Alors que son vieux rival Gaston Flosse, invité de TNTV pour ses 95 ans mercredi soir, a encore une fois affiché son choix de la souveraineté associée plutôt que l’autonomie, il demande à toutes « les grandes formations politiques représentées à l’assemblée », et même à la population « toutes origines confondues », de s’unir pour « faire front commun » et promouvoir « un réel processus de décolonisation sous l’égide de l’Onu, duquel nous sortirons tous grandis ». Oscar Temaru dit « faire entièrement confiance à Tony Géros, président de l’assemblée, pour coordonner ce mouvement ». Le leader indépendantiste rappelle que le Pays a été réinscrit sur la liste des territoires à décoloniser le 17 mai 2013 mais « l’État colonial se braque et ne reconnait pas la résolution de l’Onu sur l’autodétermination de la Polynésie française ». Une « inertie » qui dure « depuis 13 ans ». « Nous devons briser cette offense faite au peuple de Ma’ohi Nui et nous libérer de cette aberration néocoloniale », écrit-il.

Un texte qui ne dévie pas du discours habituel du leader du Tavini et qui est diffusé alors que commencent à être préparées les prises de parole et résolutions qu’on pourra entendre en octobre prochain lors de la réunion annuelle de la 4ème commission de l’Onu. Un rendez-vous pour lequel Oscar Temaru veut une « plateforme unifiée et représentative de tous les grands partis » soit créée pour parler d’une seule et même voix et demander à l’État d’ouvrir le dialogue de décolonisation. Il voit dans « les divers instruments financiers, les conventions État-Pays, et les manœuvres militaires » la preuve du « maintien d’un statu quo » par la France. « Cet activisme de l’État à notre égard et la configuration intrinsèque de toutes ces mesures ne sont avantageuses que pour l’État lui-même et ces mesures ne prennent pas en considération les aspirations profondes de notre population, l’avenir de Ma’ohi Nui et son droit de souveraineté sur ses richesses naturelles. »

Pour le président du Tavini, la région Pacifique est arrivée à « ce point de bascule stratégique où nous ne pouvons plus nous déterminer par rapport à une seule puissance administrante, qui plus est, géographiquement fort éloignée de nous ». Oscar Temaru assure que dans les années 80, il avait sollicité l’aide de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie après le passage du cyclone Veena, « ils étaient prêts à nous porter secours en quelques heures » mais, selon lui, l’État français avait décrété « que seule l’aide en provenance de Paris était recevable ». Une situation qui n’est plus acceptable aujourd’hui pour le leader du Tavini. « Il est primordial aujourd’hui d’intégrer le concert des Nations en tant que pays souverain, à égalité avec nos partenaires de la région et du reste du monde. »

Une idée de souveraineté sur laquelle Moetai Brotherson s’est aussi exprimé dans une interview accordée à la Revue internationale et stratégique et diffusée mercredi. Le président du Pays a dit « ne pas croire à l’autarcie en tant que projet politique mais croire à des interdépendances choisies, plus justes, et à une intégration régionale renforcée ».

Article précedent

Un appel à témoins pour retrouver Heirani Taruoura, disparu à Raiatea

Article suivant

La DSP d'Air Tahiti sera bien prolongée... à la veille de son terme

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Après l’appel à ses « fils », Oscar Temaru s’adresse aux autre partis