ACTUS LOCALESPOLITIQUESOCIÉTÉ Pour Viri Taimana, le CMA « mérite mieux que des accusations sans enquête » Charlie Réné 2025-04-27 27 Avr 2025 Charlie Réné Le directeur du Centre des métiers d’art a réagi, ce dimanche, aux accusations d’élèves et de collaborateurs qui dénoncent des « humiliations », « violences » ou des « pressions » au sein de l’établissement. Des accusations rendues publiques à Tarahoi par la députée Nicole Sanquer, et dont Moetai Brotherson a assuré qu’elles faisaient l’objet d’une « enquête administrative ». Viri Taimana se dit « profondément attristé » par ces « attaques » qui « salissent » le CMA et « blessent » sa communauté. Parlant de « calomnie » sur les réseaux sociaux, il assume, dans une lettre de réponse que « l’excellence demande rigueur » et regrette « que certaines personnes préfèrent nourrir la division au lieu de soutenir nos jeunes ». Lire aussi : Le Pays ouvre une enquête sur « l’envers du décor » du CMA Trois jours après l’échange, en séance plénière de l’assemblée, sur les suspicions de « dysfonctionnements graves » au sein du Centre des métiers d’art, le directeur de l’établissement Viri Taimana a pris la plume pour répondre aux « lourdes accusations » étalées à Tarahoi. Des accusations qui le visent notamment et qui ont été formulées auprès du ministère de la Culture et de la présidence voilà déjà plusieurs semaines. Sans nouvelle des autorités, les élèves et collaborateurs du CMA s’étaient ensuite tournés vers la députée et élue autonomiste Nicole Sanquer, qui avait donc fait état publiquement de leurs signalements lors de la dernière séance plénière de l’assemblée, jeudi. L’ancienne ministre avait alors parlé, sans citer de noms, « d’humiliations, de violences physiques, morales et psychologiques, de propos insultants et irrespectueux, de harcèlement, pendant et hors les cours, et de pressions multiples », interrogeant Moetai Brotherson sur son manque d’action. Le président du Pays avait en réponse assuré que « les mesures nécessaires, à savoir la mise à pied à titre conservatoire pour assurer une protection immédiate des agents et des élèves dans l’attente des résultats de l’enquête administrative et des sanctions idoines » avaient été « engagées ». Et regretté que ces accusations soient rendues publiques avant d’être étayées ou prouvées, à des fins d’instrumentalisation politique selon lui. « Certaines personnes préfèrent nourrir la division au lieu de soutenir nos jeunes » Ce dimanche, c’était donc au tour de Viri Taimana de répondre. D’abord dans une lettre adressée à Radio1, où il « exprime sa profonde tristesse » face à ces accusations. « Le Centre des Métiers d’Art, rappelle-t-il, œuvre depuis plus de quarante ans avec exigence pour former des artisans et artistes de haut niveau, reconnus bien au-delà de nos frontières ». Et il « mérite mieux que des accusations sans enquête ». « Nous assumons pleinement que l’excellence demande rigueur, assiduité et forte implication personnelle autant des agents du CMA que des élèves en formation qui, pour rappel bénéficient d’une indemnité financière chaque mois, écrit-il. Les principes : rigueur, engagement et travail, sont indispensables pour préparer nos élèves aux métiers d’art et leur offrir de véritables perspectives professionnelles ». Le directeur estime que « la majorité de notre équipe, pleinement engagée et très compétente, accompagne chaque étudiant vers la réussite, comme en témoignent les parcours remarquables de nos anciens élèves, et la reconnaissance du CMA au niveau régional et international ». Il regrette enfin que « certaines personnes préfèrent nourrir la division au lieu de soutenir nos jeunes dans leur parcours et insertion professionnelle ». Viri Taimana, qui, en fin de semaine dernières ne s’était pas vu notifier une « mise à pied conservatoire », comme évoqué par le président du Pays, se dit toujours « pleinement engagés pour faire grandir les talents de notre fenua ». Quant à l’enquête officielle qui n’a visiblement pas encore été officialisée au CMA, le centre « y participera avec transparence » : « la vérité ne peut s’écrire qu’avec rigueur et respect de chacun et des procédures ». Un message doublé, ce dimanche soir, d’une publication, elle aussi signée du directeur, sur la page Facebook de l’établissement. « L’art est difficile, la calomnie facile », écrit le responsable, qui regrette que ces « attaques » salissent « un lieu construit avec tant d’efforts, de passion et d’abnégation », et « blessent une communauté entière : nos enseignants, nos personnels, nos étudiants d’aujourd’hui et d’hier, et leurs familles ».